F.F.I Lannilis

Bataillon F.F.I du canton de Lannilis

En avril 1943, le réseau Alliance souhaite développer une organisation clandestine à des fins militaires. Vraisemblablement poussé par l’idée persistante d’un débarquement en France, l’objectif est de recruter des volontaires prêts à en découdre quand le moment viendra. Pour le canton de Lannilis, la tâche revient à Alice Coudol de former le premier noyau qui se compose d’Amédée Rolland et du gendarme Jean François Derrien à Lannilis, ainsi que Théophile Jaouen et Joseph Mouden à Tréglonou. L’équipe se met au travail et recherche prioritairement des hommes ayant une expérience militaire sur les communes de Lannilis, Plouguerneau, Landéda, Kernilis, Tréglonou et Coat-Méal. Après le démantèlement du réseau en octobre 1943, des contacts sont établis avec le mouvement Défense de la France (D.F). Dans une logique d’unification, le rattachement à l’Armée Secrète (A.S) se fait fin 1943 puis l’organisation se peaufine avec la transformation en Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I) dans les premiers mois de 1944.

Les armes récupérées en mars 1944, permettent d’instruire les jeunes recrues composées majoritairement de réfractaires au S.T.O, n’ayant pas fait leur service militaire. En juin 1944, le Débarquement de Normandie apporte un espoir concret, apportant à l’unité de nouvelles recrues. Il faut cependant attendre le début d’août 1944, pour obtenir un parachutage d’armes près de la ferme de Keryel en Tréglonou, pour équiper correctement ce qui devient le Bataillon F.F.I de Lannilis.

Organisation du Bataillon du canton de Lannilis
- État-Major du Bataillon - Commandé par le gendarme Jean François Derrien
- Compagnie n°1 (Lannilis) - Commandée par l’Aspirant Marcel Thomas
- Compagnie n°2 (Plouguerneau) - Commandée par l’Adjudant Jean Calvez
- Compagnie n°3 (Landéda) - Commandée par le Premier Maître Joseph Caraés

Dans la nuit du 5 au 6 août 1944, sur ordre de l’État-major F.F.I de Brest, l’unité engage les hostilités à Lannilis, Tréglonou et Plouguerneau. Le 8 août la jonction est faite avec les premiers éléments américains. Le secteur de Lannilis est libéré le 11 tandis que les 13 et 14, l’unité se déploie dans la région Coat-Méal et Plouguin. Les quinze jours suivant, le Bataillon tient ses positions et grappille du terrain vers Milizac puis Saint-Renan. De ce chef-lieu de canton, les compagnies obliquent au Sud pour encercler Brest entre Locmaria-Plouzané et Plouzané. La pression est ensuite portée vers l’Ouest pour les F.F.I de Lannilis afin de réduire la poche allemande du Conquet et faire taire la puissante batterie de Kéringar. Après un affrontement violent face au bois du Cosquer en Plougonvelin dans les premiers jours de septembre, le Battaillon parvient à entrer dans cette commune. Le 10 septembre 1944, la poche du Conquet est défaite. Quatre jours de repos sont alloués aux combattants avant de les engager le 15 septembre sur le front de Guilers-Penfeld, pour participer à la fin des opérations du Siège de Brest. Après la Libération complète de l’arrondissement, le bataillon est dissous fin septembre 1944. Au cours de ses engagements, l’unité revendique avoir tué 45 soldats allemands et fait près de 300 prisonniers. Elle déplore en revanche 27 blessés et la perte de 17 résistants et F.F.I dans ses rangs, sur un effectif maximal de 500 hommes.

Présentation rédigée par Gildas Priol, le 6 décembre 2020.