LUCAS Jean

Jean François Lucas épouse Célestine Hamon, le 11 avril 1936 à Saint-Brieuc et de cette union naitront trois enfants. La famille est établie au 24 rue Jules Guesde à Brest, où Jean Lucas travaille comme inspecteur départemental d’assurances pour le groupe alsacien La Séquanaise. Mobilisé à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Jean Lucas sert au 8ème Régiment du génie. Parvenu à se replier dans ce qui va devenir la Zone libre lors de la débâcle en juin 1940, le breton est démobilisé en août 1940 après la dissolution de son unité. Jean Lucas peut alors revenir à Brest, désormais sous le contrôle de l’armée allemande, et reprendre ses activités commerciales.

L’inspecteur en assurances indique avoir été contacté en janvier 1941 par un ancien camarade de régiment ; Félix Jond du réseau Félix I & II. Il y a visiblement anticipation sur la date d’entrée en Résistance de Jean Lucas, le réseau ne prenant véritablement vie qu’à partir de mars 1941 après le parachutage d’Alfred Schneidau en France. Quoi qu’il en soit, Jean Lucas participe dès lors à la collecte de renseignements sur l’activité de la Kriegsmarine à Brest. La teneur, la fréquence, le mode d’obtention et les modalités de communications à son réseau des informations, restent inconnus à ce jour.

Parallèlement à cette nouvelle activité clandestine et pour se prémunir des bombardements sur la ville de Brest, Jean Lucas s’installe (avec sa famille ?) à partir d’avril 1941 à Kroaz Kenan en Plouguerneau. Il poursuit néanmoins ses activités commerciales.

L’activité clandestine de Jean Lucas est stoppée au début de l’année 1942, sur ordre de Félix Jond après l’arrestation du radio du réseau le 12 janvier 1942. Quelques mois plus tard, Jean Lucas est à nouveau contacté pour participer à la collecte de renseignements pour les anglais. C’est le biscuitier Georges Lacroix, lui aussi actif au sein de Félix I & II et désormais membre du réseau Alliance, qui recrute Jean Lucas. L’inspecteur en assurances reprend alors une activité clandestine et livre des renseignements au biscuitier. C’est semble t-il par ce même intermédiaire qu’il est mis en relation avec François Broc’h à Guissény.

Jean Lucas est également contacté fin septembre 1943 par le gendarme Jean-François Derrien qui organise (depuis le mois précédent) un groupe de Résistance communal à Plouguerneau. L’ancien soldat du génie donne son adhésion mais quelques jours plus tard, le réseau Alliance est démantelé. Par mesure de sauvegarde, Jean Lucas prend la fuite et part se mettre au vert dans les Côtes du Nord d’où il est originaire.

Plusieurs mois s’écoulent et il est nullement inquiété. Jean Lucas rentre à Plouguerneau en mars 1944. Il renoue contact avec la Résistance locale qui s’est organisée, devenant alors les Forces françaises de l’intérieur (F.F.I). Il participe à l’organisation de la section locale des F.F.I de Plouguerneau, notamment comme recruteur et prend part aux premières opérations d’insurrection dans la première quinzaine d’août 1944. Alors que les combats de la Libération aux côtés des troupes américaines permettent de libérer le secteur cantonal de Lannilis, Jean Lucas quitte les F.F.I pour raison de santé le 15 août 1944.

Après guerre, Jean Lucas s’établit à Morlaix tout en continuant son métier d’inspecteur départemental pour La Séquanaise.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant de Jean Lucas (GR 16 P 379524), aimablement transmis par Guy Caraes (2022).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Lucas (1622 W).
  • La Dépêche de Brest, édition du 9 août 1941.
  • BROC’H François, J’avais des camarades, éditions Le Télégramme, 1949, pages 93 & 94.

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.