SANQUER Jean

Jean Sanquer est le fils d’une femme au foyer et d’un agent voyer. Il épouse Marie Quillien (1912-2004), le 20 avril 1935 à Romainville et de cette union naissent deux enfants. Ingénieur des travaux publics de l’État (Ponts et chaussées) avant guerre, Jean Sanquer est mobilisé à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Il sert en tant que sergent-chef au 6ème Régiment du Génie. Lors de la débâcle, Jean Sanquer est fait prisonnier le 22 juin 1940 et interné au Stalag XII-A à Limbourg-sur-la-Lahn en Allemagne. À partir de février 1941, il aurait débuté la falsification de documents pour les prisonniers français, devant leur permettre de bénéficier de rapatriements (sanitaires ?). En mars 1942, c’est au tour de Jean Sanquer de bénéficier d’un faux rapatriement sanitaire en France. Il retrouve alors sa famille à Ploudalmézeau ainsi qu’un emploi aux Ponts et chaussées.

En 1947, Jean Sanquer indique avoir été contacté dès son retour à Ploudalmézeau en mars 1942 par Gaston Boursier, Henri Provostic et Pierre Plouet pour entrer en résistance contre l’occupant dans les réseaux Défense de la France (D.F) et Libération Nord (L.N). Si les identités de ses recruteurs sont très plausibles, il y a cependant anticipation sur la datation de son entrée en Résistance. La première des deux structures citées n’est pas active dans le secteur avant le second semestre de l’année 1943 tandis qu’il n’a pas bénéficié d’une homologation de la seconde structure, alors que le responsable départemental, Aldéric Lecomte était lui aussi des Ponts et chaussées. Ses déclarations datant d’après-guerre et émises dans le cadre d’un dossier d’homologation des faits de Résistance, il est probable que Jean Sanquer ait cherché à établir une continuité entre sa libération du stalag et son entrée en Résistance, dans le but d’une prise en compte comme service actif pour son dossier militaire. Le recrutement de Jean Sanquer se situerait donc plus raisonnablement au premier semestre de l’année 1943 (en mars ?), lors de la formation d’un groupe communal de la Résistance à Ploudalmézeau, impulsé par des membres du réseau Alliance.

Quoi qu’il en soit, l’ingénieur participe aux réunions clandestines, à la propagande et à la collecte de renseignements. Il relève les emplacements d’ouvrages fortifiés, des lignes téléphoniques allemandes et des champs de mines. Il semble participer une nouvelle fois à la falsifications de documents avec de faux cachets tout en procurant des emplois localement à des ouvriers requis pour partir travailler en Allemagne. Le 19 janvier 1944, avec son camarade Pierre Plouet, ils assistent les deux jeunes brestois - Roger Cabon et Guy Le Goff du groupe Groupe Action directe - pour récupérer des tickets d’alimentation à destination de la Résistance.

À l’instauration des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) dans l’arrondissement de Brest, Jean Sanquer intègre naturellement le groupement cantonal de Ploudalmézeau. Fin mai, début juin 1944, une vague d’arrestations ébranle l’organisation cantonale, Jean Sanquer indique s’être mis au vert à cette période. À la mise en place du Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, il est affecté au 2ème Groupe de la 1ère Section de la 1ère Compagnie.

Composition du groupe :
- CHEVALIER Raymond
- JAOUEN François
- KERBÉRÉNÈS Victor
- KERBOUL François
- KERBOUL Paul
- KERLEROUX Ildut
- KERMORGANT Louis (1er chef de groupe)
- L’HER Joseph
- LE MEUR Jean
- LE VEN François
- MAREC Louis
- SANQUER Jean (2ème chef de groupe)
- SIZUN Julien

Rapidement accaparé par ses fonctions de commandant de compagnie, chef de section et chef de groupe, Louis Kermorgant place le 2ème Groupe sous les ordres de Jean Sanquer. À la tête de son groupe, l’ingénieur participe aux opérations de Libération du canton de Ploudalmézeau avant d’être engagé dans la réduction de la poche du Conquet jusqu’au 10 septembre 1944. Après cette date, il participe aux opérations de sécurité et de nettoyage des zones de combats jusqu’à la dissolution de son unité F.F.I, fin septembre 1944.

Pour sa tenue au front, Jean Sanquer est promu Adjudant F.F.I en octobre 1944 et cité à l’ordre du régiment en 1945, lui octroyant la Croix de Guerre 1939-1945. Après guerre, il poursuit son travail aux Ponts et chaussées tout en résidant route de Plouguin à Ploudalmézeau.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Jean Sanquer (1964)
Crédit photo : Famille Sanquer

Sources - Liens

  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la Résistance de Jean Sanquer (1622 W).
  • Bibliothèque nationale de France, bibliothèque numérique Gallica, liste officielle (n°24) de prisonniers français, octobre 1940 (4-LH4-4448).
  • Geneanet, notice généalogique de Jean Sanquer.
  • ANDRÉ Jacques, Le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, édition à compte d’auteur, Brest, 2003.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant de Jean Sanquer (GR 16 P 534665) - Non consulté à ce jour.