CABON Roger

Roger Cabon suit une scolarité à l’École du Pilier-Rouge jusqu’au début des années 40. Il réside avec sa famille au Dourjacq en Lambézellec. Avec l’arrivée des allemands à Brest, Roger Cabon et sa sœur cadette Simone regardent le ciel les nuits de bombardement. Pleins d’insouciance, ils observent le ballet des projecteurs, fusées éclairantes et balles traçantes qui percent le ciel à la recherche d’avions anglais de la R.A.F. Après avoir obtenu son Certificat d’études primaires le 26 mai 1941, Roger Cabon intègre une école professionnelle qui ne tarde pas à fermer à cause des bombardements sur Brest. Réfugié au Tréhou dans la ferme de ses grands-parents, il retrouve une vie plus paisible en campagne. Après avoir suivi des cours complémentaires à Sizun, il retrouve Brest courant 1942 et débute un apprentissage comme mécanicien chez Le Boulch Moto. Par ses relations, il intègre une bande de jeunes amis, composée de Marcel Abasque, Guy Hennebaut, Jean Kerjean, René et Jean Morvan. Ce petit groupe se fait appeler le Double-Trio (D.T).

En relation avec Georges Dauriac, il est probable que ce groupe ait travaillé pour lui quelques temps de manière officieuse avant d’être recruté dans la résistance en juillet 1943. Ils intègrent alors ce qui va devenir le groupe Action Directe, corps-franc du mouvement Défense de la France (D.F). Roger Cabon participe, outre la diffusion du journal clandestin du mouvement, à de la collecte d’informations et probablement à divers petits sabotages sur les fumigènes de la D.C.A allemande. Le 20 novembre 1943 vers 20h30, Yves Hall, Francis Beauvais, René Le Grill, Jean Kerjean et Roger Cabon se rendent à la mairie de Guilers pour y dérober les tickets d’alimentation au profit de la Résistance.

Dans les premiers jours de l’année 1944, Roger Cabon effectue grâce à sa moto et son permis (par dispense spéciale due à son métier), des liaisons pour le mouvement D.F entre Brest, le gendarme Jean Derrien de Lannilis et Jean Broc’h à Guissény. Le 19 janvier 1944, avec Guy Le Goff et l’aide de Pierre Plouët puis de Jean Sanquer, Roger Cabon participe au vol de tickets d’alimentation à la mairie de Plouguin. L’équipe enchaîne dans la foulée avec la mairie de Saint-Pabu, où le secrétaire François Jaouen, les aide bien volontiers. Ils passent la nuit chez Pierre Plouët à Ker-Eol et le lendemain matin regagnent Brest.

Ce même 19 janvier, Jean Kerjean et Jean Morvan, à qui l’on avait vraisemblablement confié la même mission mais pour une autre commune, sont arrêtés à Plabennec avec la moto de Roger Cabon. Ce qui vaut à l’intéressé d’être convoqué, le 23 janvier 1944, pour s’expliquer sur la détention d’une moto anglaise. Jean Morvan est également convoqué ce jour là et se voit malmener. La procédure suit son cours et le 19 février 1944, nouvelle convocation pour Roger Cabon qui se voit signifier que pour cette possession de matériel militaire ennemi, il devra prochainement purger une peine de 6 semaines de prison à Carhaix.

Pas du tout décidé à obéir à ces injonctions, Roger Cabon demande de l’aide à Georges Dauriac qui lui indique de se mettre alors au vert chez Marguerite Grigeol. Il reste quatre jours avant de partir le 24 mars 1944 à Keruzas en Plougonvelin. Il est alors hébergé durant trois mois chez Prosper Gouachet, dont le beau-fils, Jean Coatanéa, fait partie du mouvement. Avec ce dernier, Yves Caradec et Pierre Leaustic, tous membres de la résistance locale, Roger Cabon ne reste pas inactif et participe à la diffusion du journal clandestin ainsi qu’à la prise de renseignements sur les fortifications côtières.

Le 17 juin 1944, sans que l’on puisse déterminer la raison, Roger est prévenu par un gendarme du Conquet qu’il vaut mieux quitter les lieux. Le jeune brestois ne cherche pas à comprendre et se rend chez ses parents au Dourjacq dans la journée. Il y passe la nuit, la fenêtre de se chambre ouverte, en cas de descente de la sûreté allemande. Au petit matin, il prend la direction de Landerneau et trouve refuge chez son oncle Joseph Cabon. Ce dernier fait partie de la Résistance, il le met en contact avec le groupe de Sizun, qui lui trouve un refuge dans une ferme à Saint-Cadou. De la fin juin au début août 1944, Roger Cabon reste sur place et entretient quelques contacts avec la Résistance locale. Il effectue pour eux quelques missions de liaison. Du 7 au 10 août 1944, ils participent au convoyage de prisonniers allemands vers Brasparts. Le lendemain son groupe est transporté par camion à Landerneau et le 12 août 1944, Roger Cabon intègre le Bataillon F.F.I de Landerneau. Jusqu’au 21 août, il participe aux opérations militaires de reconquête du secteur de Landerneau. Il se bat à Sizun, au Tréhou, La Forêt-Landerneau, Plougastel, au Menez-Hom et dans la presqu’île de Crozon jusqu’à la reddition complète des allemands, le 19 septembre 1944.

À la dissolution des unités F.F.I en fin septembre 1944, Roger Cabon souscrit un engagement volontaire de trois ans dans l’Armée française en reconstruction. Il suit une formation de mécanicien pour l’aviation à Surenes en 1945 puis à Rochefort-sur-Mer en 1946. Il renouvèle son engagement et après une affectation en Tunisie, il part en Indochine d’où il revient au début des années 50. Roger Cabon épouse Paule Guerenneur (1920-2010), le 29 mai 1951 à Brest, avec qui il aura trois garçons. Il ouvre et gère avec son épouse un magasin de Cycles pour la marque Peugeot au Dourjacq, qui l’occupe jusqu’à sa retraite en 1987. Au niveau Mémoire, Roger Cabon sera un membre actif de l’A.N.A.C.R du Finistère jusqu’à son décès.

La sépulture de Roger Cabon se trouve dans le cimetière de Lambézellec à Brest [Carré 06 Rang 14 Tombe 32]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Copains de Résistance (7 janvier 1945)
De gauche à droite : Jérôme Stang, Roger Cabon, inconnu.
Crédit photo : Jean-Marc Le Gall
Nous cherchons à identifier les autres personnes présentes sur le cliché.
Crédit photo : Famille Cabon - Tous droits réservés
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Crédit photo : Famille Cabon - Tous droits réservés
Roger Cabon à Landerneau en août 1944
Photo prise devant l’Hôtel de Bretagne, face à la gare de Landerneau. Le véhicule blindé sur lequel pose Roger Cabon avec sa cousine Odette Cabon est une M8 du 86th Recoon Squadron de la 6th Armored.
Crédit photo : Famille Cabon - Tous droits réservés

Sources - Liens

  • Famille Cabon, documents et iconographie.
  • Archives Municipales de Brest, registre d’état civil (1E/L128), fonds Défense de la France (51 S) et fonds Raphaël Guillou (100 S).
  • Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest, état nominatif du Bataillon F.F.I Castel de Landerneau.
  • Brest Métropole, service des cimetières, sépulture de Roger Cabon.