Groupe Élie

[1940 - 1941]

Groupe de résistance local, fondé au début de l’occupation allemande en 1940 sous l’impulsion du transporteur Louis Élie. Principalement issus du quartier de Saint-Martin à Brest, les membres sont recrutés pour leur refus de la capitulation française et dans l’optique d’être opérationnels pour la reprise des combats. A cette époque, une rumeur persistante circule sur le fait que l’armistice n’ait été signé qu’afin de gagner du temps pour préparer une contre attaque qui serait lancée grâce aux troupes des colonies françaises. Dans les premiers mois, c’est ainsi que se constitue la liste de ces patriotes. Très vite s’ajoutent des actions de récupérations d’armes, munitions et matériels militaires. Il s’agit bien souvent de matériels anglais abandonnés à la débâcle ou français sorti de l’arsenal et de la pyrotechnie voir directement volé à l’occupant allemand.

D’obédience Gaulliste, le groupe est assez néophyte dans la lutte clandestine. Un semblant d’organisation para-militaire est cependant mis en place, mais le compartimentage reste insuffisant. En novembre 1940, René Drouin et sa femme Jeannette, par une connaissance, rencontrent Gilbert Renault, alias Rémy, du réseau Confrérie Notre-Dame. C’est l’occasion pour le groupe de diversifier ses activités clandestines. Dans une perspective d’échanges entre Londres et Brest, le groupe va agir et offrir au réseau une carte de la cité du Ponant avec les positions des troupes allemandes minutieusement renseignées. Au début 1941, le groupe prend de l’ampleur et se lance dans des actions armés contre l’occupant. Il mène également une tentative de sauvetage d’internés retenus à la prison de Pontaniou. Le groupe cherche également à sauver des aviateurs alliés, tombés dans la région de Brest. Son service de renseignement se met également progressivement en place. A son apogée, le groupe se compose de près de 70 résistant.e.s et de plusieurs dizaine de sympathisants, non actifs.

Hélas, en mai 1941, le démantèlement du groupe commence par une vague d’arrestations qui se poursuit jusqu’en juillet. Les principaux responsables et chefs de groupes tombent. Ils sont incarcérés à la prison du Bouguen. Les prisonniers sont ensuite transférés à Rennes puis à Fresnes avant d’être jugés à l’hôtel Continental de Paris, par un tribunal militaire allemand. Onze résistants sont condamnés à mort et seront fusillés le 10 décembre 1941. Quelques uns sont acquittés, les autres, sont condamnés à des peines de prison et à la déportation. De la vingtaine de résistant.e.s déporté.e.s, sept en succomberont. Plusieurs résistants poursuivront la lutte contre l’occupant mais la majorité préférera se mettre au vert ou stopper toute activité après la chute du groupe. Au total, le groupe Élie déplore la perte de 21 de ses membres. Après guerre, pour les besoins administratifs d’homologations, l’ensemble du groupe Élie est rattaché au réseau Confrérie-Notre-Dame - Castille.

Présentation rédigée par Gildas Priol, le 29 avril 2020.