ABARNOU Alice

Alice Abarnou travaille avec son frère Joseph dans l’entreprise de Louis Élie, comme conductrice de cars et camions. Célibataire, elle réside au 2 rue Lazare Carnot dans le quartier Saint-Martin de Brest.

En septembre 1940, Alice et Joseph Abarnou mettent leur garage de la rue Carnot à disposition du Groupe Élie, qui y stock des armes et munitions subtilisées aux allemands dès l’hiver 1940-1941. Alice prend aussi de gros risques en transportant les armes dans ses véhicules. Elle aide des prisonniers militaires marocains en les hébergeant. Le 28 février 1941, elle participe à l’attaque contre la D.C.A allemande de la rue Carnot. Le 18 mars 1941, elle participe à la tentative d’évasion de 9 personnes de la prison de Pontaniou vers 21 heures. Le 28 avril 1941, en compagnie de Roger Ogor et Joseph Dubowski, elle tente de venir en aide à un aviateur allié tombé dans le secteur de Saint-Renan mais ils ne le trouvent pas. Sur le trajet du retour leur voiture croise une patrouille allemande sur laquelle ils ouvrent le feu.

En mai 1941, l’étau se resserre sur le Groupe Élie. Alice Abarnou est questionnée durant six heures à l’Aussenkommando du S.D. de Brest, situé dans les locaux de l’école Bonne-Nouvelle à Kerinou. Cela fait suite à la découverte d’une cache d’armes au garage le 15 Mai 1941. Libérée, elle assiste à l’arrestation de son frère le lendemain. Le 20 Mai 1941, les agents du S.D reviennent pour l’arrêter, elle est alors emprisonnée au Bouguen puis transférée à la prison du Cherche-Midi et enfin à la Santé à Paris.

Son procès débute en novembre 1941, elle est la seule femme du groupe à être condamnée et écope d’une peine de réclusion de 3 ans et 3 mois. Toute peine longue entraînant automatiquement la déportation, elle est transférée en Allemagne le 22 ou 26 janvier 1942. Alice Abarnou passe dans les camps de Kassel, Anrath, Schwelm, Ziegenhain et Fuhlsbüttel. Libérée avec la fin de la guerre, elle est rapatriée le 21 mai 1945 et arrive en France le 24.

Ses actions dans la résistance lui valent d’être nommée Chevalier (1958) puis Officier de la Légion d’honneur et de recevoir la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent.

Après guerre, Alice Abarnou continue son métier de conductrice de camions et d’autocars. Elle eu un enfant prénommé Andrée et résida au 18 rue Bugeaud dans son quartier de Saint-Martin.

Par décision unanime du conseil municipal de Brest, en date du 17 mars 2022, l’école maternelle publique de la rue Bugeaud est dénommée École Alice Abarnou.

La sépulture d’Alice Abarnou se trouve dans le cimetière de Saint-Marc [Carré 8, Rang 1, Tombe 3] à Brest.