Brèves de Résistance - Juillet 1941

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Description

Il y a 80 ans, en ce mois de juillet 1941, les bombardements anglais se poursuivent avec régularité, provoquant de nombreuses victimes civiles et rendant la vie des brestois et de l’occupant, particulièrement complexe. Parmi les destructions notables, celle du monument américain du cours Dajot ainsi que la prison civile du Bouguen.

Suite à cette dernière destruction, les membres du Groupe Élie, en détention depuis mai pour certains, sont transférés vers une autre prison. Ce groupe fini d’ailleurs d’être démantelé le 3 juillet 1941 avec l’arrestation de René Hamonic à Bourg-Blanc. À la fin du mois, Félicie Riou et Marie Miossec son jugées et condamnées à 3 mois de prison le 31 juillet 1941, pour avoir aidé Roger Ogor du Groupe Élie à tenter de rejoindre l’Angleterre.

Des arrestations touchent également le milieu communiste, notamment à Landerneau où Lucien Kerouanton et Louis Chitre sont appréhendés respectivement les 3 et 4 juillet 1941. À Brest c’est au tour d’Henri Bénard et Eugène Kerbaul d’être arrêtés. Le franc-maçon Jules Le Gall est également victime d’une arrestation alors qu’il se trouve dans son commerce. Après deux jours d’interrogatoires, il persiste dans son refus de communiquer la liste de francs-maçons brestois. Celui lui vaudra d’être déporté et de mourir à Buchenwald. Citons le secrétaire de mairie de Plougastel-Daoulas, François Kéromnès, arrêté début juillet 1941 pour avoir aidé des militaires français à se soustraire aux recherches des allemands. Le radio Bernard Anquetil du réseau Confrérie Notre-Dame est lui aussi victime d’une arrestation en juillet 1941, forçant Gilbert Renault à chercher un nouvel émetteur pour les informations provenant de la cité du Ponant (mais pas que).

Avec plus de chance, François Quéméner est libéré de la prison du Bouguen à Brest, le 5 juillet 1941. Son camarade Louis Cloarec est cependant déporté le 21 juillet en Allemagne. Mettant à profit sa bonne connaissance de la gare du Mans, le résistant communiste Roger Chaigneau parvient pour sa part à fausser compagnie à ses gardiens. Il parvient à s’évader le 27 juillet 1941 et revient rapidement sur Brest pour renouer les liens entre le P.C.F et le Groupe O.S de la S.N.C.F.

En ville à l’approche du 14 juillet, la police relève les inscriptions suivantes : 14 Juillet 1789 – Vive la Liberté – 1789/1941 – 14 Juillet de la Liberté. Le jour de la fête nationale, malgré que ce soit formellement interdit, des drapeaux français pavoisent certains ateliers à l’arsenal. Devant la recrudescence des inscriptions murales à caractères gaullistes, les allemands répliquent en peignant sur leurs véhicules ou certains murs de la ville, des V soulignés par une demi-couronne de feuilles de laurier. À la fin du mois, par un arrêté préfectoral, les bals publics et les thés dansants sont interdits sur l’ensemble du département.

Malgré les interdictions et la répression, des initiatives sont prises pour renforcer la propagande contre l’occupant. Le P.C.F par l’intermédiaire d’Ernest Miry, contact le 24 juillet 1941 l’imprimeur François Prigent, tout juste rentré à Brest. Ce dernier est d’accord pour relancer les rotatives, épaulé par son typographe Albert Cadiou. le Groupe Trotskiste (P.O.I) de Brest donne lui aussi dans l’imprimerie, avec cependant moins de moyen, en publiant le bulletin Bretagne Rouge, à partir de juillet 1941.

Terminons par l’entrée en résistance de Pierre Brélivet au réseau F2 et de Marius Di Scala au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (F.N). De son côté, le garagiste Claude Thévenet héberge quelques jours l’aviateur John S. Patton, dont l’avion a été abattu le 24 juillet 1941.

Publié le dimanche 4 juillet 2021, par Gildas Priol.