LE GÔF Mathurin

Mathurin Le Gôf est soudeur à l’arsenal de Brest. Il épouse Marie Le Bihan le 21 avril 1922 à Brest. Militant syndical, il adhère au Parti Communiste Français (P.C.F) en 1936. Il bascule dans le militantisme clandestin après l’interdiction du parti en France suite au pacte Germano-Soviétique en 1939.

Juin 1940, lors de la débâcle, il participe aux sabotages du matériel de l’arsenal avant l’arrivée des allemands. Au lendemain de la prise de Brest, le P.C.F organise des réunions pour sonder ses militants. Faut-il continuer le militantisme ? Les adhérents clandestins présents pour le groupe de l’arsenal ; Mathurin Le Gôf, Yves Labous, Pierre Corre et Henri Bénard y sont favorables. Il poursuit alors la diffusion de la presse clandestine du parti et participe à des inscriptions murales dans l’arsenal et en ville.

L’instauration de l’Organisation Spéciale (O.S) à Brest se déroule dans les premiers jours de janvier 1941 sous l’impulsion de Robert Ballanger. Ce dernier rencontre entre autres, Jules Lesven et officialise la création de cette structure para-militaire dont les buts premiers sont la protection des membres du P.C.F, les représailles (attentats et sabotages) envers les troupes d’occupation. A la tête de la branche Arsenal de l’O.S on retrouve Mathurin Le Gôf, Pierre Corre, Lucien Kerouanton et Jules Lesven. Ils organisent les premiers sabotages de ce mouvement en janvier 1941 à l’arsenal, notamment celui d’un tour Somua très moderne qui restera inopérant jusqu’à la fin de la guerre. Avec d’autres camarades, il réalise plusieurs sabotages dans l’arsenal, notamment sur les wagons

La section locale du parti lui confie, en plus de ses responsabilités à l’arsenal, celle de la propagande résistante du P.C.F dans le secteur Brest-Centre. En mai 1941, avec Yves Prigent, il fabrique des affichettes "Aller en Allemagne, c’est trahir". En octobre et décembre 1941, il participe à l’organisation des grèves patriotiques à l’arsenal. Le même mois, il devient l’un des trois responsables du P.C.F de Brest après l’arrestation de Roger Chaigneau et d’Eugène Kerbaul. En mars 1942, il fait partie des organisateurs de l’O.S de Brest qui préparent le vaste sabotage des sous-stations électriques de l’arsenal.

Alors qu’il se rend chez Henri Moreau avec Yves Prigent, Charles Cadiou et Carlo De Bortoli, Mathurin Le Gof est arrêté le 28 avril 1942 dans la rue par deux policiers brestois, dont Jean Blaize [1]. Interné en France plusieurs mois, notamment à Fontevrault, Mathurin Le Gôf est condamné à 3 ou 5 ans de travaux forcés et déporté depuis Paris en Allemagne le 23 octobre 1943. Dans ce convoi, se trouve également le résistant communiste brestois Théodore Drogou.

Il est interné dans les prisons et camps de Karlsruhe, Saarbrücken et Frankfurt. Le 27 ou 29 avril 1945, alors qu’il se trouve dans une colonne de déportés rejoignant à pieds Dachau, il parvient à s’évader.

Rentré en France le 14 juin 1945, il découvre que son logement a été détruit durant le siège de la ville. Il loge un temps en baraque rue Paul Doumer. Pour son engagement clandestin, il est cité à l’ordre du Régiment et reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile de bronze en 1947.

La sépulture de Mathurin Le Gôf se trouve dans le cimetière de Saint-Martin à Brest [Carré 26, Rang 1, Tombe 38]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Dévoilement de la plaque commémorative au château de Brest (1975)
Cérémonie du 27 avril 1975, au château de Brest. Une plaque est inaugurée en mémoire des résistants et otages arrêtés et incarcérés en ce lieu avant d’être déportés ou fusillés. De gauche à droite : Yvette L’Hériénat, Marie Salou, Charles Cadiou, Angèle Le Nédelec et Mathurin Le Gôf.
Crédit photo : Archives de Brest (1NUM1515)

Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil (5E108) et fonds F.N.D.I.R.P (87S).
  2. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Mathurin Le Gôf (1622 W).
  3. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, liste des déportés d’octobre 1943 (I.147).
  4. Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de Mathurin Le Gôf.
  5. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1985.
  6. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  7. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Mathurin Le Gôf (GR 16 P 355807) - Non consulté à ce jour.
  8. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier individuel de déporté de Mathurin Le Gôf (AC 21 P 590275) - Non consulté à ce jour.

Notes

[1Qui sera abattu par Georges Mélou en 1944.