LE BRIS Charles

Charles Nicolas Joseph Le Bris réside à Brest avec sa mère, au 22 rue d’Aboville. Il travaille comme facteur des Postes, télégraphes et téléphones (P.T.T) et compte parmi ses fréquentations Vincent Guiavarch. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé au sein du 24ème Régiment d’infanterie (24e R.I). Son activité personnelle est inconnue durant la drôle de guerre et la débâcle de 1940. Il est cependant cité à l’ordre de son régiment le 2 juin 1940, lui conférant la Croix de Guerre 1939-1940, avec étoile de bronze. Vraisemblablement non capturé durant la débâcle, il est démobilisé, pouvant ainsi regagner Brest et reprendre son poste de facteur. Sa sœur, Renée Le Bris (1914-2011), aura pour sa part la douleur de perdre son époux Pierre Le Goyat (1913-1940), fauché le 16 juin 1940 dans la Meuse.

Sympathisant du Parti communiste français (P.C.F), vers août-septembre 1942, il distribue des tracts sur demande de son ami Vincent Guiavarch. Cette propagande évoque l’attentat contre le brigadier Jules Guivarch, accusé de faux témoignage. La distribution se fait en même temps que ses tournées de facteur, glissant les tracts dans les boîtes aux lettres.

Lors de la vague d’arrestations visant la résistance communiste en Bretagne, Charles Le Bris est arrêté le 1er octobre 1942 à son domicile par la police française. Interné dans un premier temps à Pontaniou, les prisonniers d’obédience communiste sont regroupés au château de Brest. Transféré à Fontevraud-l’Abbaye dans le Maine-et-Loire en novembre 1942, il y séjourne jusqu’à son nouveau transfert à Fresnes en juillet 1943. Jugé par un tribunal de guerre allemand en août 1943, il est condamné à la réclusion. La durée de sa peine déclenche sa déportation en Allemagne.

Résistants brestois présents dans le convoi du 21 octobre 1943 :
- DROGOU Théodore (Karlsruhe, Francfort-sur-le-Main, Sonnenburg et Heinkel)
- HÉLOU François (Karlsruhe, Saarbrücken et Francfort-sur-le-Main)
- LE BERRE Yvon (Karlsruhe, Sonnenburg et Sachsenhausen)
- LE BRIS Charles
- LE GÔF Mathurin (Karlsruhe, Saarbrücken et Francfort-sur-le-Main)
- VADAINE André (Karlsruhe et Saarbrücken)

De son côté, Charles Le Bris est assigné au camp de Francfort-sur-le-Main après son passage comme les autres par Karlsruhe. Il passe également par les camps de Sonnenburg et de Sachsenhausen. Dans ce dernier, il est affecté au camp annexe d’Heinkel. Le 21 avril 1945, les déportés sont évacués du camp devant l’avance des Alliés. Il semble avoir été exécuté ce jour là par des soldats allemands.

À titre posthume, il est décoré de la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent en 1947 puis de la médaille Militaire, de la Croix de Guerre 1939-1945, avec palme et de la médaille de la Résistance française en 1955.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Ordre de la Libération, registre des médaillés de la Résistance française (J.O du 01/07/1955).
  • Archives départementales du Finistère, rapport de police du 24 novembre 1942.
  • Archives municipales de Brest, fonds F.N.D.I.R.P (87S).
  • Fondation pour la mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.147).
  • Le Maitron, notice biographique de Charles Le Bris.
  • La Dépêche de Brest, édition du 29 août 1940.
  • KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1985.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant de Charles Le Bris (GR 16 P 347993) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossiers d’interné-déporté et d’attribution de la mention Mort pour la France de Charles Le Bris (AC 21 P 473 991 et AC 21 P 70967) - Non consultés à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossiers d’attribution de la mention Mort pour la France de Pierre Le Goyat (son beau-frère) (AC 21 P 77088) - Non consulté à ce jour.