DAVEAU André

André Daveau épouse Elise Rabedot à Brest en janvier 1932. Après avoir travaillé un temps aux Travaux Maritime dans la Marine en 1936, il est désormais conducteur de travaux à l’entreprise Renvoisé. Il réside au 93 rue de Siam à Brest. En mars 1942, il est impliqué dans une affaire de vol de fuit d’huile sur le port de commerce.

La date de son entrée en résistance n’est pas clairement définie, il aurait intégré les Francs-tireurs et Partisans avant de basculer au mouvement Défense de la France et son corps-franc, le groupe Action Directe en décembre 1943 ou mars 1944 selon les sources [1]. Dès lors, il quitte définitivement son travail pour se consacrer à la résistance.

En mars 1944, il est jugé pour avoir volé les quatre roues de l’auto du directeur de la coopérative de Landerneau. Ces vols étaient commis afin d’équiper son véhicule pour les besoins de la résistance. Après la blessure de Georges Dauriac le 24 avril 1944, c’est André Daveau qui le remplace à la tête du corps-franc.

Fin mai 1944, une vague d’arrestations touche la résistance de l’arrondissement de Brest. Le chef de l’arrondissement FFI de Brest, Joseph Garion, rencontre le 1er juin 1944 Jean Broc’h qui revient de Paris après avoir rétabli les contacts suite à d’autres arrestations sur Rennes. André Daveau est également présent et se voit confié par Garion la mission, avec Jean Broc’h, de tenter de renouer les contacts avec tous les groupes de résistants du pays de Brest. Cette même journée, André Daveau conduit en voiture Joseph Garion et Marcel Pirou, dit Deumars, en sécurité à Pont-de-Buis.

Le 2 juin, avec Jean Broc’h, André rétablie le contact à Gouesnou, notamment au café Ty-Korn de Mme Menez. Le 4 ils tentent de renouer les liens avec le canton de Ploudalmézeau en trouvant Joseph Grannec et Gaston Boursier mais en vain. Ils trouvent cependant Jaouen et Coum que Daveau mets au vert le lendemain à Pont-de-Buis. Le 7 juin 1944, André exfiltre Joseph Grannec, gendarme et nouveau chef cantonal de la résistance après l’arrestation de Provostic.

Le 17 juin, il participe à l’opération menée contre un usurpateur se faisant passer pour un résistant. Ce dernier est amené à Guipavas pour interrogatoire et menaces. Le 21 juin, c’est un membre de la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF) de Saint-Marc qui est enlevé par Daveau et conduit à Guipavas pour interrogatoire.

Le 6 juillet, il revient à Brest en moto avec Jean Broc’h, les poches pleines de documents compromettants. Deux feldgendarmes les arrêtent car la moto est anglaise et bien que les papiers soient en règle, ils veulent les emmener rue Victor Hugo, au siège de la feldgendarmerie. André parvient à embobiner les deux allemands et fait croire que Jean n’a rien à voir avec la moto, qu’il l’a rencontré sur la route. Il profite de ce moment de flottement pour donner également à Jean les papiers qu’il porte sur lui et se met à la disposition des deux allemands. Ils est conduit, sans crainte, pour interrogatoire.

Arrivé à la feldgendarmerie, un français, qui rend souvent visite aux allemands, enfonce André Daveau, le traitant de terroriste. Plus rusé et ne se laissant pas abattre, Daveau demande un traducteur qu’il connaît. Ce dernier, vraisemblablement Edmond Borczykowski, apporte avec lui une bouteille de Cognac qui permet de corrompre aisément les fonctionnaires. André Daveau est ainsi libre de repartir au guidon de sa B.S.A.

Trop exposé et déjà lourdement touché, le groupe Action Directe doit quitter Brest à la mi-juillet 1944, trouvant refuge dans le centre Finistère auprès d’un maquis. Le 20 juillet, André Daveau est repéré à Chateauneuf-du-Faou par le collaborateur Jean Corre, auquel il échappe de peu.

Le 24 juillet 1944, avec Victor Corre, André Daveau se rend à Quimper pour y récupérer des papiers et tampons de la résistance. Ils remontent ensuite dans la région de Chateauneuf-du-Faou le 25 au matin pour prendre en charge les trois agents de la Mission Jedburgh - Team Horace qui étaient attendu depuis le 17 juillet au soir à Saint-Frégant [2]. Les trois parachutistes sont cachés dans des fûts de vin et convoyé jusqu’à Guipavas où ils passent la nuit. Le 26 la route reprend vers le manoir de Penmarc’h à Saint-Frégant ; base arrière des F.F.I de l’arrondissement de Brest. Jusqu’au 2 août, André Daveau reste affecté comme chauffeur des parachutistes alliés.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, il participe à la réception des armes et munitions par largage des anglais près du moulin de Pont Ours à Plouguin. Il effectue ensuite plusieurs missions de liaisons pour l’état-major F.F.I de l’arrondissement de Brest, jusqu’à la libération du secteur en septembre 1944. Il est nommé Chef du service du ravitaillement et matériel F.F.I de l’arrondissement.

La sépulture d’André Daveau se trouve dans le cimetière de Saint-Martin à Brest [Carré 6, Rang 1, Tombe 1bis-2bis]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. HALL Yves, Rapport d’activité du groupe Action Directe, notes tapuscrits non publiées
  2. BROC’H François, J’avais des camarades, éditions Le Télégramme, 1949
  3. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, Dossier individuel de Résistant - cote GR 16 P 160104 (Aimablement fourni par Fabrice Bourrée de la Fondation de la Résistance)
  4. Archives Nationales, OSS Aid to the French Resistance in World War II, Fascicules 1 à 6 (72AJ/83 Dossier n° 2), Rapport de la team Horace de la mission Jedburgh.
  5. Brest Métropole, Service des cimetières
  6. Archives municipales de Lorient, Registre d’état-civil numérisé en ligne
  7. Journal La Dépêche de Brest, Extraits des éditions du 30/03/1942 et du 17/03/1944

Notes

[1Le fonds Défense de la France des Archives de Brest donne la première datation, son fichier individuel conservé au SHD de Vincennes la seconde.

[2Un orage avait rendu complexe leur condition de sauts.

Télécharger au format PDF