GARBE Gilbert

Gilbert Garbe travaille dans l’arsenal de Brest comme ouvrier de l’artillerie navale.

Sous l’occupation, Gilbert enregistre les entrées et sorties des sous-marins, note leurs caractéristiques, leur armement et les avaries subies au cours de leurs croisières. Il conserve les informations qu’il a amassé dans l’attente de pouvoir les transmettre. Il ne fait parti d’aucune structure clandestine et agit par pure patriotisme.

Albert Vulliez évoque l’entrée en résistance de Gilbert Garbe

Un jour qu’il buvait un bock de simili bière avec deux de ses camarades dans un bar de la rue Pasteur. C’étaient deux ouvriers d’artillerie navale, l’un s’appelait Golhen et l’autre Jacopin. Les trois amis avisèrent à côté d’eux un soldat allemand ivre mort qui s’endormait dans son assiette. Les plaisanteries commencèrent, d’autant plus vives que l’Allemand s’avérait plus abruti. Un Français qui se trouvait là, suivait complaisamment la scène et quand les jeunes gens sortirent il les rejoignit dans la rue. La conversation s’amorça sur le thème classique de la misère des temps. Puis l’inconnu interrompit son bavardage et changeant brusquement de ton : Je vois que vous n’aimez pas les boches, voulez-vous travailler avec moi ?

Ce recruteur n’est autre que Raymond Vaurette du réseau Confrérie Notre-Dame. Il vient spécialement de Saint-Brieuc pour recruter dans la région brestoise des ouvriers de l’arsenal capables de lui fournir des renseignements sur l’activité de la marine de guerre allemande. Les trois amis brestois donnent leur accord de principe. Gilbert Garbe intègre rapidement le réseau le 2 avril 1942 en tant qu’agent P2 et opte pour les pseudonymes Hussard et Artilleur. En mai, Gilbert relance son collègue Paul Jacopin puis développe l’implantation et la structure du réseau à Brest en recrutant notamment Emile Devic en mai, le couple Yvette & Raymond Hébert, Eugène Gourvès et Hippolyte Foulon en septembre, Armand Baron en octobre, Maurice & Julien Pinaquy et Augusta Burel en novembre, Paul Priser en janvier 1943. Entre temps son ami Adolphe Golhen a lui aussi officialisé son entrée en résistance en juillet 1942.

Le réseau continue de s’agrandir au fil des mois et parvient à fournir régulièrement des informations au réseau Confrérie Notre-Dame. L’activité n’est pas sans risque, plusieurs arrestations toucheront le groupe et Gilbert Garbe est obligé de trouver refuge durant 3 mois au domicile d’Yvette et Raymond Hébert.

Au déclenchement du siège de Brest en août 1944, Gilbert Garbe quitte Brest et se met en rapport avec les troupes américaines. Il sert d’agent de liaison et conseille l’état-major allié sur le déroulement des opérations, il authentifie pour eux les informations que des résistants leur apportent. Son réseau sera l’un des derniers à fonctionner à Brest durant le siège, transmettant régulièrement des informations fraîches sur l’évolution de la situation à Brest.

Pour son action dans la clandestinité, il reçoit la Médaille de la Résistance en 1946.

Le Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes conserve deux dossiers administratif sur le parcours de résistant de Gilbert Garbe, sous les cotes : GR 16 P 242306 et GR 28 P 4 38 286.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Ordre de la Libération = Fichier des médaillés de la Résistance
  2. Livre Brest au Combat, du Capitaine de Frégate Albert Vulliez, éditions Ozanne, Paris, 1950, page 153
  3. Texte C.N.D. La Résistance au sein de la Défense Passive durant le siège de Brest, par Joël Le Bras, 2007
  4. Site de l’amicale de CND Castille = Fiche de Gilbert Garbe

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