JACOPIN Paul

Paul Jacopin est le fils d’un ébéniste établi à Lesneven. Il a deux grandes sœurs, Marguerite et Françoise ainsi qu’un petit frère, Fernand. Durant la Première Guerre mondiale son père est fait prisonnier en décembre 1914 par les Allemands et ne sera libéré qu’après l’armistice quatre ans plus tard, en décembre 1918. Paul Jacopin suit les traces de son père et devient à son tour ébéniste avant de faire son service militaire dans l’infanterie coloniale au début des années 1930. De retour à la vie civile, Paul Jacopin épouse Jeanne Roudaut à Lesneven le 8 janvier 1933 et de cette union naîtra leur fille Marie-Paule.

Ayant trouvé du travail à la pyrotechnie de Saint-Nicolas au Relecq-Kerhuon, la famille s’y installe. Paul Jacopin pratique régulièrement le football, notamment avec l’équipe des Artificiers de St Nicolas. Quand la Seconde Guerre mondiale est déclarée, Paul Jacopin est mobilisé sous le statut d’affecté spécial. Il reste alors en poste à la pyrotechnie avant d’être affecté sur Guingamp en mai 1940. Nous ignorons son parcours durant la débâcle mais il ne semble pas avoir été fait prisonnier par l’armée allemande.

Sous l’occupation, la pyrotechnie semble le mettre à disposition des chemins de fer départementaux, sans doute pour combler un manque de personnel. Paul Jacopin devient alors le chef de gare à Lesneven à compter de décembre 1940. Son épouse décède en janvier 1941 à seulement 28 ans, au domicile de sa mère - 5 rue du Folgoët à Lesneven.

Malgré la perte de son épouse et la responsabilité parentale qui lui incombe, il entre en résistance en mai 1942. Paul avait été repéré à Brest, avec ses amis Adolphe Golhen et Gilbert Garbe, par l’agent Raymond Vaurette du réseau Confrérie Notre-Dame (C.N.D). Paul Jacopin fournit dès lors des renseignements au réseau sur les mouvements de navires allemands au port de Brest. Le même mois que son entrée dans l’action clandestine, il est nommé agent technique chargé du personnel cédé par l’artillerie navale de l’arsenal de Brest aux chemins de fer économique pour le réseau Nord-armoricain.

Avec le temps, des liens se tissent avec les autres structures clandestines qui évoluent dans la région de Lesneven. Paul Jacopin sera en relation avec d’autres résistants, comme par exemple Ernest Cabon du mouvement Défense de la France (D.F), l’agent Rose du réseau Jade Fitzeroy ou Alice Coudol du réseau Alliance, tandis qu’avec Georges Saliou, de la mairie de Lesneven, il obtient de faux papiers d’identité.

Paul Jacopin devient pour les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I), le responsable de la résistance du canton de Lesneven après l’arrestation dans la nuit du 2 au 3 juin 1944 d’Aimé Talec à Ploudaniel. Il organise dès lors l’insurrection des F.F.I suivant les consignes du chef d’arrondissement Joseph Garion et du chef départemental Mathieu Donnart, en prévision de l’arrivée des alliés. L’arrestation de Mathieu Donnart fin juin 1944 pousse Paul Jacopin à organiser une réunion à Lesneven où sont présents le Commandant Garion, François Broc’h, Francis Nédélec, Pierre Nicolas, Augustin Salou, Jean Larvor et Yves Quéré. Il est décidé lors de cette réunion clandestine que Pierre Nicolas devient le responsable cantonal de la Résistance du canton de Lesneven et qu’il mènera la Compagnie F.F.I de Lesneven au combat. La Compagnie F.F.I de Ploudaniel revient à Augustin Salou.

À la création des unités combattantes, Paul Jacopin devient chef de section de la Compagnie Antibes de Lesneven. Il se charge tout particulièrement du groupe du Stade Lesnevien qu’il connaît bien et dont le chef est Jean Abautret. Fin juillet 1944, les volontaires sont encore trop peu nombreux dans le secteur pour obtenir un parachutage d’armes. Paul Jacopin prévient Jean Larvor de la situation, ce dernier se rend alors du côté du Folgoët et parvient à constituer une section autour de Pierre Salaün. L’effectif est désormais correct, le secteur de Lesneven reçoit alors ses armes par les Stirling du 196e Squadron de la R.A.F qui livrent 27 contenairs dans la nuit du 2 au 3 août 1944 dans la lande de Kervillon sur le terrain de Pont-Pol à Ploudaniel.

Paul Jacopin participe aux combats de la libération du secteur de Lesneven. Puis le bataillon de Lesneven déploie ses deux compagnies à l’ouest de Brest à partir du 24 août 1944. Ils participent à la réduction de la poche du Conquet et à la neutralisation de la batterie de Kéringar aux côtés des troupes américaines.

À la dissolution des unités F.F.I en fin septembre 1944, il contracte un engagement volontaire pour la durée des combats dans l’armée française en reconstitution. Son parcours jusqu’à la fin de la guerre nous est inconnu, il est cependant démobilisé en août 1945. Il reprend alors son poste d’agent technique de la Marine à l’arsenal de Brest et se remarie en 1946, puis en 1975.

Pour son action dans la clandestinité, Paul Jacopin est cité à l’ordre du Corps d’Armée en 1945 et à l’ordre de la Division en 1946, lui conférant la Croix de Guerre 1939-1945. Il est également décoré de la médaille de la Résistance française en 1946 et nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1953.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

F.F.I de Lesneven
Paul Jacopin, premier rang tout à gauche.
Musée de la Résistance bretonne

Sources - Liens

  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Paul Jacopin (1622 W).
  • Ordre de la Libération, registre des médaillés de la Résistance française (J.O du 05/12/1946).
  • Amicale de C.N.D Castille, notice biographique de Paul Jacopin.
  • VULLIEZ Albert, Brest au Combat, éditions Ozanne, Paris, 1950, page 153.
  • BOHN Roland, Chronique d’hier - Tome 1, la vie du Léon 1939-1945, auto-édition, 1993.
  • LE BRAS Joël, C.N.D. La Résistance au sein de la Défense Passive durant le siège de Brest, non publié, 2007.
  • La Dépêche de Brest, éditions du 19 janvier 1941 et 10 février 1941.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossiers individuels de résistant de Paul Jacopin (GR 16 P 303359 et GR 28 P 4 42 460) - Non consultés à ce jour.

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture.