S.A.S - 3e R.C.P / 2e Cie

2ème Compagnie du 3ème Régiment de chasseurs parachutistes (S.A.S)

[Août 1944 - Opération Derry]

Début août, alors que les troupes américaines laissent enfin derrière elles le bocage normand et percent le front à Avranches, l’état-major allié déclenche l’insurrection générale de la Résistance en Bretagne par ce message diffusé à la B.B.C : Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec ? Contrairement aux sabotages effectués en juin destinés à ralentir l’envoi de renforts allemands vers les plages normandes, le but est cette fois de préserver les ponts, viaducs et voies ferrées. Ceci afin de faciliter l’avance des colonnes blindées américaines vers les villes et les ports. Il est décidé de larguer des parachutistes dans la moitié nord du Finistère pour aider à dégager la route vers Brest, l’objectif principal. Ces hommes sont les 88 Français de la 2ème Compagnie du 3ème R.C.P, commandée par le capitaine Pierre Sicaud. Parachutés en huit sticks dans la nuit du 4 au 5 août, ils n’auront que quelques jours pour mener à bien leurs missions avant l’arrivée de la 6e division blindée américaine.

Composition de la 2ème Compagnie :
- Stick de commandement - Capitaine Pierre Sicaud
- Stick 1 - Lieutenant Edgard Tupët-Thomé
- Stick 2 - Sous-lieutenant Gustave Puidupin
- Stick 3 - Sous-lieutenant Gilles Anspach
- Stick 4 - Sous-lieutenant Maurice Gourkow
- Stick 5 - Lieutenant Paul Quelen (Secteur Morlaix, non évoqué sur ce site )
- Stick 6 - Sous-lieutenant Maurice Duno
- Stick 7 - Sous-lieutenant Pierre Rosset

À leurs côtés, les FFI et FTP bien sûr, mais aussi des équipes Jedburgh arrivées sur place en juillet, et un Operational Group de l’OSS parachuté près de Landivisiau, l’OG Donald. Opérant dans un secteur allant du nord de Brest à l’est de Morlaix, l’opération baptisée Derry est articulée en trois volets :

Derry 1 est composé de six sticks, aux ordres des aspirants Duno, Rosset-Cournand et Puidupin, du sous-lieutenant Gourkow et du capitaine Sicaud. Les hommes sont largués dans le secteur de Gouesnou-Lesneven-Lanhouarneau. Aux côtés des FFI, ils harcèlent les Allemands, détruisant notamment deux blindés. Grâce à leurs renseignements, ils permettent la destruction d’un convoi d’artillerie et un bombardement précis de la base de sous-marins de Brest. Les paras sont ensuite mis à disposition des unités de reconnaissance américaines pendant quelques jours.

Derry 2 n’est formé que d’un seul stick, habituellement commandé par l’aspirant André Pasquier, mais qui est pour l’occasion sous les ordres du lieutenant Paul Quélen, chef de la 2e Troop de la 2e compagnie. Celui-ci, originaire de Morlaix, saute avec ses hommes dans la campagne de Saint-Jean-du-Doigt et est guidé par des maquisards jusqu’au maquis de Saint-Laurent à Plouégat-Guérand. Le viaduc de Morlaix qu’ils devaient protéger n’étant pas miné, les SAS montent une embuscade infructueuse au Ponthou,entrent dans Morlaix le 8 août puis reçoivent la reddition de la garnison de Carantec le lendemain.

Derry 3 n’est formé que d’un seul stick également. Celui de l’aspirant Anspach saute en blind sur la côte près de Plounevez-Lochrist alors que leur Stirling se dirige vers l’Angleterre, le pilote de la RAF n’ayant pas trouvé la drop zone en raison de la Flak rencontrée sur le trajet. Le lieutenant Tupët-Thomé (chef de la Troop 1) touche le sol avec ses paras à Saint-Urbain. Ayant pris contact avec FFI et FTP locaux, il attaque la Kommandantur de Daoulas afin d’y récupérer des armes pour les résistants qui en manquent cruellement. Le stick se livre ensuite à plusieurs embuscades avant de rejoindre Landerneau le 10 août.

En sept jours d’opérations, la compagnie déplore 4 tués. Le rapport du capitaine Sicaud évalue à une centaine de tués et 200 prisonniers les pertes allemandes. De nombreux véhicules et matériels ont été détruits ou capturés, et cinq villes ont été libérées par les SAS. À la mi-août, ceux-ci rentrent en Angleterre pour une courte permission avant de sauter à nouveau dans le Doubs pour l’opération Abel.

Présentation rédigée par Pierre Le Don et Gildas Priol, le 18 mars 2021.