PAULI Pierre

Pierre Pauli est originaire des Ardennes. De par le métier de son père, fonctionnaire des douanes, il se trouve à Alger durant la Seconde Guerre mondiale. Il y suit des études avant de rallier les Forces françaises libres (F.F.L) en juin 1943. L’ardennais est alors versé au 3ème Bataillon d’Infanterie de l’Air (3e B.I.A) à Rouïba. En prévision de leur embarquement vers l’Angleterre, son unité rejoint Tripoli puis Le Caire. Ils embarquent le 26 octobre 1943 sur le paquebot R.M.S Samaria à destination de l’Angleterre.

Pierre Pauli foule les docks de Liverpool le 6 novembre 1943 et ne tarde pas à débuter son entraînement de parachutiste. Il est d’abord affecté à la Compagnie de Commandement avant d’être muté à la 2ème Compagnie du 3e B.I.A en janvier 1944. Il réalise huit sauts et prouve qu’il est apte au combat durant diverses épreuves, lui permettant ainsi d’être breveté parachutiste à Ringway (n°3150) le 20 janvier 1944. Il suit l’entrainement intensif avant d’être projeté sur le théâtre d’opération européen. C’est au sein du Stick n°4 de son unité, devenue 3ème Régiment de chasseurs parachutistes (3e R.C.P), qu’il est parachuté dans la nuit du 4 au 5 août 1944 au Nord de Brest dans le cadre de l’opération Derry.

Composition du stick n°4 :
- BATTARD-ROSSET André
- CHETCUTI Pierre
- DURAND Paul
- FOUILLET Paul
- GOURKOW Maurice (Chef du stick)
- PAULI Pierre
- ROGER Georges
- ROTENSTEIN Lucien
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Comportant trois volets, l’opération consiste au harcèlement des troupes allemandes au Nord de Brest (Derry I ), à la sécurisation du viaduc du Morlaix (Derry II ) et à la sécurisation du pont Albert-Louppe à Plougastel-Daoulas (Derry III ). Ceci afin de faciliter la progression de la 6th Armored Division américaine vers Brest. André Battard-Rosset, avec les S.A.S de son stick et très probablement en liaison avec le Stick n°7 du Sous-lieutenant Pierre Rosset, participent à diverses actions entre Plabennec et Gouesnou. Le contact est également noué avec les Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) de Gouesnou, notamment avec Philippe Prédour.

Pierre Pauli raconte les évènements du 7 août 1944 et sa fin de combat en Bretagne :

« Ce fut assez bizarre. J’ai su par la suite que « l’officier » de notre groupe avait eu connaissance, par un membre de la résistance, de l’arrivée des Américains. Il était préférable que ce soit des Français qui libèrent Gouesnou. Nous nous sommes dirigés vers l’église, mais les Allemands avaient pris position dans le clocher et ils nous voyaient en bas ! Nous avons essayé de monter mais ils nous ont jeté des grenades. Je me suis disputé avec mon officier sur la tactique à employer. Les Allemands avaient un téléphone et des renforts sont arrivés. Cette mission était impossible !
Nous nous sommes retrouvés encerclés. Les Allemands étaient rue de la Gare et possédaient une mitrailleuse. Nous étions en bas de l’église, il fallait traverser la rue, passer dans des potagers. Le curé nous a aidés en nous faisant signe de passer. Hélas deux d’entre nous ont été tués près du presbytère (le foyer Jean Monnet actuel) à l’endroit où se trouve la stèle commémorative (ndr : Lucien Rotenstein et Georges Roger).
Je voudrais dire quelque chose que j’ai sur le coeur : Les Américains, informés de notre situation, ont été contactés à plusieurs reprises. Ils ne sont pas venus, ce jour là. Ils sont restés sur Plabennec ! Plus tard, les Américains ont voulu nous envoyer sur Brest mais notre état-major anglais nous a demandé de rejoindre Quimper, puis Lorient avant de rejoindre un autre régiment à Vannes, puis nous sommes repartis dans notre brigade à Avranches, Saint-Lô avant d’embarquer à Arromanches.
 »

À peine revenus de mission en Bretagne, Pierre Pauli et ses camarades S.A.S sont parachutés dans le Doubs, dans le cadre de l’opération Abel, pour renforcer les F.F.I locaux. Fin septembre, les S.A.S sont mis au repos dans la région d’Épernay durant plusieurs mois. Renvoyé au combat, le jeune ardennais saute une troisième fois, cette fois en Hollande durant l’opération Amherst, en avril 1945. Blessé le 8 avril 1945, Pierre Pauli est capturé par l’ennemi près de Haulerwijk le jour même. Il manque d’être fusillé avant de recevoir les soins d’un chirurgien allemand dans un hôpital de campagne. L’armée canadienne parvient à le délivrer le 15 avril 1945. Le français est évacué à l’arrière des combats et transporté à Nimègue d’où il est transporté à Manchester en Angleterre, suite à un début de gangrène. Il est soigné magnifiquement par les anglais avant d’être pris en charge par le service de santé de l’armée française.

Pour son engagement, il est nommé Chevalier de la Légion d’honneur et reçoit la médaille Militaire, la Croix de Guerre 1939-1945, la médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre et la Bronzen Kruis (Hollande).

Après guerre, Pierre Pauli s’établit à Arles-sur-Le-Tech et devient commercial dans l’automobile. Il avait pour habitude de revenir à Gouesnou tous les ans pour participer aux commémorations pour ses deux camarades ainsi que pour rendre hommage aux victimes civiles du massacre de Penguerec.