ROPARS Joseph

Joseph Ropars est très jeune quand son père est tué lors de la Première Guerre mondiale en 1914. À 14 ans, il entre aux Pupilles de la Marine puis deux ans plus tard, il poursuit au sein de la Marine nationale en contractant un engagement volontaire. Quand il est à terre, il réside avec sa mère Anne et sa petite sœur Yvonne au 28 rue Richelieu chez sa mère. Sous l’uniforme, il obtient le grade de quartier maître électricien au sein de la 4ème Escadrille de sous-marins. Joseph Ropars épouse Marie Louise Bréhus (1912-2008), le 20 juillet 1935 à Saint-Marc. Quelques temps plus tard, alors qu’il est affecté sur le sous-marin Pascal, il fait la connaissance d’un communiste qui lui inculque une part de ses idées. Rendu à la vie civile vers 1936, l’ancien marin se fait embaucher à l’arsenal de Brest où il fréquente des communistes tout en distribuant le journal Paix et Liberté.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Joseph Ropars est rappelé en service. Son parcours durant cette période n’est pas connu, il est cependant démobilisé à Toulon en juin 1940 selon son dossier d’homologation dans la Résistance ou septembre 1941 selon Eugène Kerbaul. Son état des services serait à consulter pour répondre précisément à la question.

Il réintègre alors son poste à l’arsenal et de fait, renoue des contacts avec des membres du Parti communiste français (P.C.F). Lors de la préparation de l’attentat de masse contre les sous-stations électriques de l’arsenal, l’Organisation spéciale (O.S) de l’arsenal propose à Joseph Ropars d’en être. Volontaire, il accepte d’y participer et le 26 mars 1942, il donne un coup de mains à Albert Rolland et Paul Monot pour pulvériser le transformateur de la sous station n°13. Convaincu par cette action, il donne son adhésion au P.C.F clandestin. Dès son entrée officielle dans le mouvement, il accepte de dissimuler des explosifs dans les caves de son domicile du 28 rue Richelieu.

Joseph Ropars participe aussi à la diffusion de la propagande du mouvement et à celle du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (F.N). En mai, les groupes O.S de Brest disparaissent et se diluent dans les Francs-tireurs et partisans (F.T.P). Avec cette nouvelle organisation, il participe le 1er mai 1942 avec l’aide d’Albert Rolland, au sabotage d’un central téléphonique allemand rue de Verdun à Saint-Marc. Joseph Ropars sabote également la ligne haute tension du Guelmeur.

Le 14 juillet 1942, il contribue à la série de sabotages patriotiques à l’arsenal. Le 21 août 1942, on retrouve Joseph Ropars et son camarade Albert Rolland couvrant les arrières de Jean-Louis Primas lors de la tentative d’assassinat du policier français Guivarc’h après que celui-ci ait refusé de se rétracter dans l’affaire concernant Carlo De Bortoli. Le 28 août 1942, il fait partie de l’équipe de protection des résistantes communistes Marie Salou et Raymonde Vadaine lors du saccage de la vitrine de la Légion des Volontaires Français (L.V.F) de la rue de Siam.

Au mois de septembre 1942, Albert Rannou, Joseph Ropars et Albert Rolland tentent de faire sauter le 17 rue Jean-Jaurès ; dont la vitrine se compose de grandes affiches de dignitaires nazis. L’opération échoue cependant, l’explosif ne fonctionne pas. Le 19 septembre 1942, une bombe est confectionnée chez Adolphe Le Roux par Albert Rolland sous le regard de Joseph Ropars. L’engin est ensuite déposé contre le Gasthaus du 93 rue Jean-Jaurès par cette même équipe, accompagnée de Jean Pierre Reste. L’explosif détonne à 00h30 le 20 septembre 1942.

Le 1er octobre 1942, Joseph Ropars est arrêté dans sa planque de la rue de Verdun à Saint-Marc par la police française. C’est le début d’une vaste opération policière à Brest et en Bretagne. Elle permettra de démanteler une grande partie de la Résistance communiste locale, sans pour autant parvenir à l’éradiquer. Durant ses interrogatoires, Joseph Ropars semble avoir été torturé. D’abord interné sur Brest à Pontaniou puis au château d’où il tente de s’évader, il est ensuite transféré à Rennes en janvier 1943. Jugé par un tribunal spécial avant que la procédure soit ajournée pour être traitée par Paris. Il alors transféré à Fresnes puis jugé par un tribunal militaire allemand. Pour soulager les charges retenues contre des camarades, plusieurs prisonniers communistes prennent à leur compte des sabotages. C’est le cas de Joseph Ropars qui déleste Jean Le Nédellec des soupçons qui pèsent sur lui concernant le sabotage d’une sous-station électrique le 26 mars 1942 à l’arsenal.

Condamné à mort à l’issue du procès, Joseph Ropars voit une dernière fois sa femme la veille de recevoir la notification du refus de son recours en grâce. Le jour même, il est fusillé à la forteresse du Mont-Valérien, le 17 septembre 1943, aux côtés de 18 autres résistants communistes brestois. Leurs dépouilles sont transférées le jour même pour inhumation au cimetière d’Ivry-sur-Seine.

À titre posthume, il est homologué au grade fictif de Sergent-chef et reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile de bronze en 1954 ainsi que la médaille de la Résistance française en 1955. En son souvenir, une rue du quartier de l’Europe à Brest porte son nom depuis 1978. Son nom figure également sur la cloche des victimes du Mont-Valérien ainsi que sur la stèle de Saint-Marc à Brest (voir portfolio).

La sépulture de Joseph Ropars se trouve dans le cimetière de Kerfautras à Brest [Carré 8, Rang 1, Tombe 3]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Avis d’exécution des 19 F.T.P brestois
Stèle F.T.P du square Yves Giloux à Saint-Marc (Brest)
Dernière lettre de Joseph Ropars
Crédit photo : Famille Cabiten

Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (2E/M44).
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Joseph Ropars (GR 16 P 519757), aimablement transmis par Edi Sizun.
  • Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  • Le Maitron, notice biographique de Joseph Ropars.
  • KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1985.
  • KERBAUL Eugène, Cahier de mise à jour - 1485 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1986.
  • KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), à compte d’auteur, Paris, 1992.
  • CISSÉ Gérard, Rues de Brest - de 1670 à 2000, éditions Ar Feuntelin, 2012.
  • Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de Joseph Ropars.