LE FAOU Yves

Yves Le Faou est tourneur à l’atelier de l’Artillerie navale de l’Arsenal de Brest et délégué syndical à la C.G.T. En mai 1939, il fait un passage dans la presse locale après un accident de travail lui ayant valu un séjour à l’Hôpital maritime. Lors de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est classé parmi les affectés spéciaux et reste à son poste. Compte tenu de la débâcle, il n’est pas surpris de voir les allemands à Brest. En réaction et sans l’accord de l’ingénieur des travaux Le Bris, Yves Le Faou et ses collègues camouflent des matières premières pour qu’elles ne tombent pas aux mains de l’ennemi.

Ne voulant pas travailler pour l’Occupant, il quitte l’Arsenal en juillet 1940, pour rejoindre sa famille réfugiée dans le Sud Finistère. Il est néanmoins sommés de retourner à son poste sous peine de lourdes sanctions. Au troisième rappel des autorités, il se résigne à reprendre le travail. Cet incident lui vaut tout de même une sanction, il est affecté au service auto, sous les ordres d’Émile Devic et de l’ingénieur Hippolyte Foulon. Après l’exécution le 10 décembre 1941 au Mont Valérien de René Gourvennec et Joseph Prigent, collègues ouvriers de l’atelier, Yves Le Faou décide de créer une caisse de solidarité aux veuves. C’est lors de cette collecte clandestine qu’il s’associe avec Jean Le Nédellec.

L’engagement d’Yves Le Faou pris une nouvelle tournure lorsque les allemands jetèrent leur dévolu sur le tour anglais sur lequel il travaille. Avant que ceci viennent récupérer la machine, il démonte la roue dentée principale et la jette discrètement dans la Penfeld. Il verse ensuite de la poudre d’émeri dans les paliers.

Dans les premiers mois de l’année 1942, il adhère au combat du Parti Communiste Français (P.C.F) clandestin. Il diffuse alors la propagande du Front National (F.N) et rejoint le groupe de l’Organisation Spéciale (O.S) de l’Arsenal. En avril 1942, il obtient des responsabilité dans la gestion du Secours Populaire clandestin. Il devient un Franc-Tireur et Partisan (F.T.P) lors de la mutation des groupes de l’O.S.

Après la vague d’arrestations entre octobre 1942 et le début de l’année 1943, Yves Le Faou semble obtenir des responsabilités chez les F.T.P. Pour être plus discret, il se déplace de nuit grâce à un ausweis obtenu en intégrant la Défense Passive (D.P) de Kerbonne où il réside. Une nuit, lors d’une alerte près de la mairie annexe (des Quatre-Moulins ?), il en profite pour pénétrer dans les bureaux et subtiliser des tampons et la signature du maire. Dès lors, il peut falsifier des papiers, ce qu’il ne se prive pas de faire.

Le 26 août 1943, un jeune garçon qui bénéficie de faux papiers est arrêté. Alerté de cet incident, Yves Le Faou quitte Brest par précaution le samedi 28 août 1943. Il passe le weekend à Châteaulin. Il tente un retour le lundi 30 août, mais il est intercepté en gare de Landerneau par Jean Cabiten et Jean Reste qui l’avertissent qu’il est bien recherché et qu’il doit se mettre au vert. Yves Le Faou a néanmoins laissé trop de papiers importants et compromettant chez lui, il prend la route et se dirige vers Brest. Parvenu à Brest, il est de nouveau mis en garde par son chef d’atelier Émile Devic que des services de sûreté le recherche, que l’atelier et la gare de Brest sont surveillés. Il se terre jusqu’au lendemain, il est conduit à Châteaulin par ses collègues avec une voiture mise à disposition par Hippolyte Foulon.

Désormais fiché, Yves Le Faou entre dans la clandestinité totale et pars pour Douarnenez où il est de nouveau repéré quelques jours seulement après son arrivée. Il se rend alors à Rennes où le parti l’accueil et le loge. Il prend la nouvelle identité de Gérard Le Hir et se voit confier l’Interrégional technique des huit départements de l’Ouest de la France, sous les ordres de André Duromea. Son rôle est de faire la liaison dans les départements et de gérer massivement les impressions de la propagande. Sa tâche le conduira à effectuer des voyages à Paris. Plusieurs membre de son comité de l’Inter seront arrêtés courant 1944, mais Yves Le Faou parviendra encore à esquiver l’ennemi dans sa traque contre lui. Après la Libération, Yves Le Faou poursuit un temps dans l’Armée française dans l’Infanterie.