LAVANANT Alphonse

Alphonse Joseph Marie Lavanant est le sixième enfant d’une ménagère et d’un cocher de fiacre. La famille réside au 193 rue de la Vierge avant de déménager rue Marceau, toujours à Lambézellec. Relieur de profession, Alphonse Lavanant travaille à l’arsenal de Brest à l’atelier du livre et de ronéotypie de la Direction des armes navales (D.A.N). Il épouse Élisa Larreur (1911-2008), fille de typographe, le 22 avril 1933 à la mairie annexe de Recouvrance à Brest et de cette union naîtront trois enfants. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Alphonse Lavanant est mobilisé comme matelot de 1ère classe dans la Marine nationale. Affecté à l’artillerie côtière, le lambézellécois est évacué par voie maritime à la débâcle en juin 1940. Il se retrouve en Angleterre, puis en Afrique du Nord avant d’être rapatrié en métropole pour être démobilisé à Toulon le 20 septembre 1940. Alphonse Lavanant revient alors à Brest où il retrouve sa famille et reprend son poste de relieur à l’arsenal, désormais sous le contrôle de l’armée allemande.

Dans le second semestre de l’année 1941, il est approché par Yves Le Faou pour participer à des collectes de fonds pour venir en aide aux familles des ouvriers-militants arrêtés. Sa contribution est positivement remarquée par le Parti communiste français clandestin (P.C.F), qui ne tarde pas à lui demander d’autres services. Sans forcément avoir conscience d’intégrer le Front national (F.N), Alphonse Lavanant et son collègue Marcel Henry vont prélever, quand ils le peuvent, différents matériels d’imprimerie (stencils, papiers calques, papiers Ozalid, etc...) pour les remettre aux militants pour leur propagande clandestine. Il semble également que les deux ouvriers aient, à certains moments, ronéotypé des tracts pour le F.N. Ces activités ne peuvent être qu’occasionnelles de par la présence d’allemands dans leur service. En octobre 1942, après la vague d’arrestations dans le milieu de la Résistance communiste, Alphonse Lavanant est de nouveau sollicité, cette fois pour établir des fausses pièces d’identité. Pour cette tâche, il est une nouvelle fois aidé par Marcel Henry.

L’activité clandestine d’Alphonse Lavanant semble se poursuivre en 1943 et 1944, sans plus de précisions. Il ne semble pas prendre part à des actions armées et n’intègre pas d’unité combattante au moment de la Libération.

Après guerre, Alphonse Lavanant retrouve son emploi à l’arsenal de Brest et réside avec sa famille au 25 rue des Remparts à Recouvrance. Pour son action clandestine patriotique, Marcel Henry reçoit une lettre de remerciement par le Secrétaire d’état aux Forces armées en 1948.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registres d’état civil (5E/L2 et 6E140).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la Résistance d’Alphonse Lavanant (1622 W).
  • La Dépêche de Brest, éditions du 23 avril 1933, 16 novembre 1934 et 18 novembre 1942.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant d’Alphonse Lavanant (GR 16 P 343879) - Non consulté à ce jour.