KERAUTRET Jean

Jean Émile François Kerautret réside à Brest rue Louis-Pasteur. Tapissier de profession, il adhère à la Jeunesse Communiste en fin 1935 après le décès de son père. Il s’investit dans le militantisme jusqu’à son service militaire en 1937. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Jean Kerautret est toujours à l’armée. Son parcours durant la Guerre 1939-1940 est inconnu à ce jour. Il sert néanmoins sous les drapeaux et n’est pas fait prisonnier à la débâcle.

Démobilisé au printemps 1941, il regagne Brest et renoue contact avec le P.C.F. En août 1941, il reforme un groupe clandestin de la Jeunesse Communiste à Brest. Parmi les militants qui le rejoignent citons Jean Ansquer, André Berger, Marcel Boucher, Guy Drogou, Ernest Mazé, Yves Prigent ainsi que la fiancée (non identifiée) de Jean Kerautret. Le groupe passe sous la responsabilité départementale de Simone Bastien à partir de novembre 1941 et forme désormais un groupe de l’Organisation Spéciale (O.S) à part entière.

Sur un plan personnel, Jean Kerautret participe à la diffusion de la propagande du parti et du Front National (F.N). Il est également crédité de nombreuses actions à l’encontre de l’ennemi mais seules trois nous sont connues. Avec Yves Prigent, ils seraient parvenus à assommer un officier allemand à Brest pour lui dérober son arme de poing durant l’été 1941. En octobre 1941, Jean Kerautret confie une mallette, renfermant des explosifs, à son oncle Albert Cadiou afin qu’il la dissimule à l’imprimerie où il travaille, rue Kléber. Enfin, le 4 mai 1942, alors que les groupes O.S de Brest basculent sous l’intitulé Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P), un groupe emmené par Jean Kerautret dépose une bombe devant le siège brestois du Mouvement social révolutionnaire (M.S.R) du 69 rue Jean-Jaurès. L’engin explosif est cependant repéré par des civils qui éteignent le cordon enflammé et avertissent la police.

Le 31 août 1942, Jean Kerautret et Vincent Guivarc’h descendent la rue de la Fontaine à Recouvrance. Ils tombent sur un groupe de soldats allemands, des heurts éclatent et dans la foulée des coups de feu sont échangés. Les deux résistants touchés sont capturés et internés quelques jours au siège de l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest en l’École Bonne-Nouvelle. Les résistants semblent y avoir été torturés avant d’être emprisonnés à Pontaniou en attendant leur jugement. Durant l’instruction, des perquisitions sont menées à leurs domiciles. D’après Eugène Kerbaul, un petit arsenal est découvert chez Jean Kerautret. Son oncle Albert Cadiou est également convoqué par l’occupant, qui lui demande la nature de ses relations avec son neveu.

Les deux résistants communistes sont jugés par un tribunal militaire et condamnés à mort pour intelligence avec l’ennemi et voies de fait. Jean Kerautret et Vincent Guivarc’h sont fusillés à Morlaix le 14 octobre 1942. Les corps sont inhumés en toute discrétion dans le cimetière de Morlaix. Le concierge du cimetière, curieux, déterre le 16 octobre 1942 les deux corps et trouve sur eux leurs des papiers d’identité. Jean Kerautret était inscrit sous la fausse identité de François Kerautret, monteur des P.T.T.

À titre posthume, il reçoit la médaille de la Résistance française en 1970.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives municipales de Brest, registre d’état civil (1E257) et fonds F.N.D.I.R.P (87S).
  2. Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  3. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1985.
  4. KERBAUL Eugène, Cahier de mise à jour - 1485 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1986.
  5. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), à compte d’auteur, Paris, 1992.
  6. Le Maitron, notice biographique de Jean Kerautret.
  7. Service historique de la Défense de Vincennes, dossier de Résistant de Jean Kerautret (GR 16 P 318156) - Non consulté à ce jour.