KERBRAT François

François Kerbrat et ses deux sœurs ainées, Jeanne (1920-1988) et Yvonne (1921-1999), sont les enfants de cultivateurs établis à Coatquelven en Landivisiau. Trop jeune pour être mobilisé à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, François Kerbrat travaille comme cultivateur sous l’occupation Allemande. En novembre 1941, le Landivisien est condamné à une peine de huit mois de prison, peine qu’il purge jusqu’au printemps 1942, car en détention depuis septembre 1941.

La suite de son parcours sous l’occupation est plus nébuleuse. Sans que l’on sache pourquoi, François Kerbrat se trouve au début 1944 dans le canton de Lesneven. Il aurait donné son adhésion à la résistance locale en mars 1944. Après les arrestations de juin dans le canton, il semble se mettre au vert au maquis de Kérougon en Saint-Méen.

Avec l’aide d’Henriette Berder, un groupe de résistants brestois, réfugiés dans le secteur de Lesneven, rejoint Saint-Méen entre le 20 et 21 juin 1944. Une partie s’installe dans le bois Morizur tandis que les autres sont amenés à la ferme de Kérougon de Louis Thépaut. Ce dernier a déjà hébergé madame Berder lors des arrestations au début du mois de juin. Les F.F.I de Brest s’installent dans une vieille grange désaffectée attenante au corps de ferme. Ce groupe comprend Jean Berlivet, Louis Berthou, Jean Gouriou, Pierre Hagnéré, Roger Henry, Jean Le Bris, Robert Le Page, Georges Midrouillet et Joseph Nicolas. Aux brestois, s’ajoutent François Kerbrat et Jean Lamandé. Ces réfugiés forment finalement un embryon de maquis et agissent au moins une fois, en sabotant la voie ferrée Landerneau-Lesneven à hauteur de la gare du Folgoët.

Le kommando de chasse allemand I.C 343 de Landerneau est mis sur la piste du maquis de Kérougon suite à un rendez-vous à Saint-Divy avec Jean-Marie Cavalloc, entrepreneur originaire de Sizun. Comment celui-ci a t-il obtenu l’information ? Cela reste un mystère mais les Allemands décident en tout cas de mener l’enquête le 13 juillet 1944. Herbert Schaad, le sergent Friedrich Horch et le supplétif français Jean Corre se rendent dans les fermes des environs pour obtenir des précisions. La collecte est semble t-il suffisante pour qu’une fois rentrés à Landerneau, une expédition soit décidée pour le lendemain de bonne heure.

Le 14 juillet 1944 au petit matin, les Allemands investissent les abords de la ferme qui sert de maquis. Il y a bien une sentinelle en arme mais celle-ci sommeille, elle est rapidement désarmée et faite prisonnière. L’alerte est cependant donnée rapidement et une fusillade éclate entre maquisards et allemands. Les trois supplétifs français présents ce jour là du côté allemand firent également le coup de feu.

Le combat se révèle cependant inégal, notamment à cause de grenades lancées dans la ferme. Seuls Pierre Hagnéré, Georges Midrouillet et Roger Henry parviennent à s’échapper à travers champs. Un quatrième malheureux parvenu à s’extraire de la ferme tente également de fuir mais il n’a pas fait vingt mètres qu’un tir le fauche mortellement.

Parmi les victimes tuées lors de l’attaque ou abattues sommairement sur place dans la foulée, figure François Kerbrat et ses compagnons Jean Berlivet, Louis Berthou, Jean Gouriou, Jean-Pierre Lamandé, Jean Le Bris, Robert Le Page et Joseph Nicolas. Le fermier hébergeur, Louis Thépaut, est abattu à quelques centaines de mètres de là par les allemands pour l’aide apportée aux maquisards. D’autres fermiers des environs sont faits prisonniers et envoyés à Landerneau et relâchés rapidement sans répercussion après interrogatoire.

Après guerre, un monument commémoratif est érigé non loin du lieu des combats, le nom de François Kerbrat y est gravé. À titre posthume, le jeune landivisien est décoré de la médaille de la Résistance française en 1960.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Stèle du maquis de Kérougon
Photo Gildas Priol - 2018

Sources - Liens

  • Centre généalogique du Finistère (CGF29), registres d’état civil et iconographie.
  • Archives départementales du Finistère, dossier de combattant volontaire de la résistance (1622 W 68).
  • Ordre de la Libération, registre des médaillés de la Résistance française (J.O du 07/02/1960).
  • Archives municipales de Brest, fonds Joël Le Bras, copies des dépositions d’Herbert Schaad, Jean Corre et Gabriel Poquet en septembre 1944 (153S12).
  • Service historique de la Défense, dépositions de Friedrich Horch et Jean Corre, aimablement transmises par Edi Sizun.
  • BOHN Roland, Chronique d’hier -Tome 1 - La vie du Léon 1939-1945, à compte d’auteur, 1993.
  • LE BRAS Joël, textes L’affaire Jean-Pierre Lamandé, De l’affaire BDG à l’affaire du maquis de Kérougon et Résistance de Brest-Est (2007).
  • La Dépêche de Brest, édition du 22 juillet 1944.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier d’homologation des faits de résistance (GR 16 P 318234) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossier d’attribution de la mention Mort pour la France à François Kerbrat (AC 21 P 579517 et AC 21 P 63943) - Non consultés à ce jour.

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture.