(E.M) AS/FFI Finistère

État-Major de l’Armée Secrète (A.S) puis des Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I) du Finistère

[1943 - 1944]

L’Armée Secrète (A.S) naît dans l’année 1942 en zone libre par le regroupement de différents mouvements de résistance d’obédience gaulliste. L’objectif est de former le noyau de la future armée française qui devra participer à la libération du territoire national. Les cadres de cette armée de l’ombre ont pour mission d’implanter la structure dans les différentes régions et de tenter de fédérer les autres mouvements. En Bretagne, c’est principalement le mouvement Libération Nord, qui développe cette structure au cours de l’année 1943. Pour le Finistère, la responsabilité de l’A.S échoit au brestois Mathieu Donnart. Pour l’aider, on lui adjoint pour le sud Finistère, Ferdinand Le Floch de Quimper. Ces deux résistants seront les grands artisans de l’unification des mouvements de résistance dans le département. La réunion qui se déroule à Brest le 22 décembre 1943 entre les mouvements Libération Nord et Défense de la France donne une réelle impulsion à l’A.S. Cette alliance voit l’arrivée de Paul Fonferrier au poste de Chef d’État-major pour le Finistère.

En février 1944, au niveau national, les principaux groupements militaires de la Résistance française fusionnent et deviennent les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I). Cela fait suite à un rapprochement de l’Armée Secrète (Gaulliste), de l’Organisation de Résistance de l’Armée (Giraudiste) et des Francs-Tireurs et Partisans (Communistes). L’idée principale est d’unifier toutes les forces sous une même égide afin de permettre une structuration hiérarchique de cette armée de l’ombre et de lui donner une plus grande puissance d’action. L’organisation prévoit pour structurer les troupes F.F.I, un Délégué Militaire Régional (D.M.R) par région. Parmi les douze régions, la M est la plus grande avec 14 départements. Elle est aussi la plus sensible du fait des opérations du débarquement en Normandie. Le D.M.R de la région se nomme Valentin Abeille, et gère les quatre subdivisions de sa région :

- Région M1 - Orne, Mayenne, Sarthe et Indre-et-Loire.
- Région M2 - Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Vendée.
- Région M3 - Ille et Vilaine, Morbihan, Cotes-du-Nord et Finistère.
- Région M4 - Manche, Calvados et l’Eure.

Dans chaque département, est choisi un Responsable Départemental F.F.I et un Chef d’État-major FFI. Pour le Finistère, les postes reviennent à Donnart et Fonferrier de l’A.S déjà en place. Ils ont la lourde tâche d’accélérer l’unification des mouvements, réseaux et groupes de résistance du département. De coopter les différents chefs cantonaux et communaux.Et enfin de régler l’approvisionnement en armes et munitions pour les maquis et les futurs unités. Tout cela dans un seul but, préparer des unités cohérentes et structurées, prêtes au combat dès que l’insurrection nationale sera déclarée.

Mars 1944, organisation des arrondissements F.F.I du Finistère :
N°1 - Agglomération urbaine et N°2 - Agglomération rurale de Brest
N°3 - Arrondissement de Morlaix (diminué d’une partie du canton de Plouescat mais augmenté de Huelgoat et Carhaix)
N°4 - Arrondissement de Châteaulin (moins les cantons de Huelgoat et Carhaix)
N°5 - Arrondissement de Quimper

La Résistance issue de la Marine Nationale se rallie en mars. En mai 1944, après la rencontre du Juch, le mouvement O.R.A et le réseau Vengeance viennent renforcer le dispositif. En juin des tentatives de rapprochements sont effectuées avec les F.T.P, elles ne se concrétiseront qu’en Juillet dans le sud Finistère et en Août pour le nord. Au total, il est estimé que l’effectif F.F.I du Finistère atteindra près de 12 000 soldats, contribuant à la libération du département. A noter que Donnart, Fonferrier et Le Floch seront tous arrêtés peu avant la Libération et seul le dernier cité en réchappera. Décapités, les F.F.I du Finistère parviennent néanmoins à former des unités combattantes. Lors des combats d’août et septembre 1944, c’est Roger Bourrières, alias Berthaud, qui prend la tête des F.F.I du département.

Présentation rédigée par Gildas Priol, le 29 mars 2020.