CADIOU Jean

Jean Cadiou s’engage pour trois ans dans la Marine Nationale, spécialité torpilleur, de 1922 à 1925. Il épouse Jeanne Marie Bouguyon le 13 juin 1925 à Brest. De cette union naîssent deux fils. Au début de l’occupation, il est ouvrier ajusteur à l’arsenal de Brest. Jean fait également partie des pompiers volontaires de la ville.

Il est contacté en 1942 [1] par Raymond Vaurette, dit Dingo, du réseau de résistance Confrérie Notre-Dame. A t-il été recommandé par Paul Jacopin (qui fréquente également le secteur de Lesneven) auprès du réseau CND ou par Raymond Palu du corps des pompiers de Brest ?

Jean Cadiou fournit des renseignements sur les activités allemandes de la région et dans l’arsenal ; il sera qualifié d’agent P1 par le réseau. Fin 1942, Jean Cadiou contacte Pierre Herpe pour lui proposer de devenir son informateur. Sans être à part entière intégré au réseau, ce jeune résistant lui fournit dès lors les informations sur les départs des sous-marins. Pour se faire, il surveille les arrivées des trains de nuit ; si il repère des citernes, il prévient son ami.

Il rejoint la formation de résistance initiée par Alice Coudol dans le secteur de Lesneven. Il participe à la collecte d’informations et au recrutement d’autres éléments. En 1943 il met l’ingénieur Joseph Paugam, qu’il sait être résistant, en contact avec Pierre Bernard, alias Robin, du mouvement Défense de la France.

Alice Coudol est arrêtée le 4 octobre 1943 et ce n’est pas la seule résistante du réseau Alliance qui tombe à cette période. Jean Cadiou semble également recherché lors de cette vague d’arrestations. Il se met au vert entre le 11 octobre et le 1er novembre 1943. Avec André Berder, ils participent au rétablissement des contacts entre le groupe de résistance de Lesneven et le mouvement Défense de la France de Brest.

Au début février 1944, il rencontre le pharmacien Yves Allanic du mouvement Libération-Nord pour évoquer longuement l’organisation de la résistance dans l’arsenal de Brest.

En juin 1944 il est de nouveau inquiété et doit prendre le maquis. Le 1er août il est chargé de se tenir prêt pour une mission spéciale. Le 6 août 1944, il fait parti du groupe formé par Adolphe Golhen pour servir d’avant-garde à l’armée américaine. Une trentaine de F.F.I sont sélectionnés pour leur bonne connaissance de la région. Ils doivent quitter sur le champ la ville et se répartir sur les différentes routes du secteur pour aller à l’encontre des unités américaines pour les guider. Dès lors, Jean Cadiou est considéré comme attaché au 2ème Bureau F.F.I de Brest

Le 9 août, sa mission de liaison terminée, il rejoint les F.F.I de Lesneven où il se met à la disposition de Pierre Nicolas. Les premiers combats étant déjà terminés dans ce secteur, Jean Cadiou se rend à Plabennec et se met à la disposition de l’état-major F.F.I de l’arrondissement de Brest

Le 25 septembre 1944, il devient Inspecteur-Enquêteur au service du 2ème Bureau F.F.I. Jean Cadiou est démobilisé des F.F.I en novembre 1944. Il souscrit alors un engagement au Bataillon de Sécurité [2] de Brest.

La sépulture de Jean Cadiou se trouve dans le cimetière de Saint-Martin à Brest [Carré 30, Rang 5, Tombe 29]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Télécharger au format PDF

Sources - Liens

  1. Archives de Brest, fonds Défense de la France (51 S).
  2. Site de l’amicale de C.N.D Castille, fiche de Jean Cadiou.
  3. LE BRAS Joël, C.N.D. La Résistance au sein de la Défense Passive durant le siège de Brest, non publié, 2007.
  4. Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de Jean Cadiou.
  5. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossiers administratifs de résistant de Jean Cadiou (GR 16 P 100005 et GR 28 P 4 33 71) - Non consultés à ce jour.

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture.

Notes

[1Dans le fichier de l’amicale C.N.D il est spécifié qu’il entre au réseau en Mars 1941 mais cela ne correspond pas avec l’organisation du réseau à cette date. Il faut attendre le premier semestre 1942 pour un recrutement via la branche n°3 du réseau.

[2Service de police des F.F.I, s’occupant principalement de l’épuration, de la gestion de la quarantaine de Brest et plus généralement du service d’ordre.