LAMBERT Henri

Henri Lambert est originaire des Ardennes. Il épouse Marie Perrot en 1931, Landernéenne, qui lui donne trois enfants. La famille réside à Landerneau, 40 rue de Daoulas.

Adjudant au 48e Régiment d’Infanterie, il combat lors de la Bataille de France en 1940. Il est blessé et fait prisonnier le 28 mai 1940 à Dunkerque et envoyé au Stalag II-A Neubrandenburg dans le Nord-Est de l’Allemagne. Après plusieurs tentatives d’évasions ratées, il réussit à se faire rapatrier pour raison sanitaire. Libéré en juillet 1942, Henri Lambert retourne la Landerneau et trouve un emploi (presque fictif) comme comptable à l’Office Agricole de la ville.

Sans tarder, il entre en résistance en septembre 1942 au sein des Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P). Nous ignorons cependant l’identité de son recruteur. Il adopte dès lors pour le pseudonyme Robert pour ses activités clandestines.

En janvier 1943, il fonde le Groupe Lambert avec Marcel Peucat, Jean Sizorn et Marcel Briand, également vétéran du 48ème R.I. Cette équipe se fixe pour objectif de réaliser des coups de main contre l’occupant. Des contacts sont noués avec les F.T.P de Brest, notamment avec Marcel Boucher et semble t-il par la suite avec Mathieu Donnart qui prêche à l’unification des mouvements. Parallèlement, il contribue à l’organisation d’une section du Front National (F.N) avec Albert Jaouen. Avec Daniel Trellu des F.T.P, ils organisent des groupes d’actions directes. Henri Lambert participe également au sabotage de la voie ferrée et à la destruction de transmissions dans la région de Landerneau.

Il est nommé Chef départemental du Service National Maquis par Henri Bouret. Dès lors, il quitte Landerneau pour former des petits maquis et des cadres de la résistance à Rosporden, Concarneau, Saint-Pol-de-Léon et Quimperlé.

Décembre 1943, Henri Lambert, Marcel Briand et Marcel Peucat sont présents au maquis de Saint-Yvieux à Plerguer en Ille et Vilaine. Ils forment les maquisards à l’utilisation d’armes. Vendu aux allemands par un français, le maquis est attaqué dans la matinée du 19. Fait prisonnier, il est interné à la prison Jacques Cartier à Rennes puis transféré au camp de concentration de Compiègne. Il est déporté à Buchenwald où il est employé aux travaux forcés dans une usine d’armement, de janvier 1944 jusqu’en avril 1945 . Libéré par l’avance des alliés, Henri Lambert est rapatrié en France en mai 1945. Il reprend son poste dans l’armée à l’issue des combats.

Pour son engagement clandestin, il reçoit en 1946 la médaille de la Résistance française et la Croix de Guerre 1939-1945, avec palme.

Plus tard, l’armée va l’envoyer en Algérie et la guerre d’Indochine commençant, il y est transféré. Il ne peut se soustraire à ses obligations militaires. C’est alors que sa femme et lui se séparent, elle militant pour la paix, au sein du Parti Communiste français.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Télécharger au format PDF

Portfolio

Sources - Liens

  1. Gallica, liste officielle des prisonniers de guerre français, édition du 10 février 1941.
  2. Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Henri Lambert (1622 W 1).
  3. Ordre de la Libération, liste des médaillés de la Résistance française.
  4. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, liste des déportés dont Henri Lambert.
  5. Arolsen Archives, fonds d’archives sur les victimes des persécutions nazies.
  6. SIZORN Jean & PEUCAT Marcel, coauteurs de l’article sur le groupe Lambert, paru dans la revue Concours de la Résistance du Finistère, 1992.
  7. francois.pengam.1944.free.fr, article sur le groupe Lambert.
  8. La Dépêche de Brest, édition du 24 février 1943.

Archives non consultées à ce jour :

  • Service historique de la Défense de Vincennes, cotes GR 16 P 333443 et GR 28 P 4 239 64.
  • Service historique de la Défense de Caen, cote AC 21 P 584786.