RIOU Jean

Jean Riou réside dans le quartier du Pilier-Rouge au 19 rue Jules Ferry à Lambézellec. Il devance son service militaire et s’engage dans la Marine Nationale en 1935. Il atteint le grade de quartier-maître canonnier. Le 14 juin 1939, il épouse Herveline Perennes à Lambézellec et de cette union naîtront deux enfants.

Jean Riou est sous les drapeaux au déclenchement de la seconde guerre mondiale. Basé à Mers-el-Khébir, il subit le bombardement naval anglais, il est d’ailleurs cité pour sa conduite au feu.

Démobilisé, il regagne Brest où il trouve du travaille comme manœuvre. Jean garde le contact avec Georges Hamon, avec qui il était dans la marine, et par son intermédiaire et celui de Francis Beauvais, il entre en résistance et intègre le groupe Action Directe, corps-franc du mouvement Défense de la France en mars 1944.

Parmi les actions qu’il effectue avec ce groupe clandestin, on peut citer l’exécution de Marcel Dimech dans la rue du Télégraphe le 16 juin 1944 au matin. Il fait partie de l’équipe de protection composée de Louis Pezziga, Pierre Toupin, Roger Le Lostec et François Borczykowski, couvrant Yves Hall et Francis Beauvais.

Le 27 juin 1944, le groupe Action Directe attaque le commissariat de police de Saint-Martin pour délivrer les femmes résistantes qui y sont détenues. Malgré l’opération réussie, les femmes se sacrifient et restent en détention pour éviter les représailles. Yves Hall dirige l’opération avec la présence de Roger Le Lostec, Francis Beauvais, Pierre Toupin, François Borczykowski, Louis Pezziga, Guy Van de Weghe, Marcel Marc et Jean Riou.

Deux jours plus tard, Jean participe à l’assassinat de deux collaborateurs dans le restaurant La Coquerie brestoise, rue de la Mairie [1].

Le 5 juillet, Jean participe à la tentative d’enlèvement de Julien Origas [2] mais l’opération est un fiasco. Une fusillade éclate, plusieurs résistants sont blessés et le groupe doit se replier dans une cache de la rue Arago. Hélas, les allemands suivent les traces de sang et remontent la piste. Jean Riou fait le guet et alerte l’équipe dès que les allemands arrivent. L’opération coûte hélas la vie à deux résistants : Guy Van de Weghe et Georges Hamon.

Dans l’après-midi, le groupe Action Directe a l’opportunité d’enlever Madeleine François, dit Mado, maîtresse d’un des officiers du S.D allemand de Kérinou. Après l’avoir emmené dans une planque rue Lakanal, elle est interrogée toute la soirée et une bonne partie de la nuit, sans torture mais sans ménagement. Hélas rien d’utile ne ressort et faute d’avoir pu contacter leur chef André Davaud pour savoir si il faut la supprimer ou non, Yves Hall, Jean Riou, François Borczykowski et Francis Beauvais décident de la relâcher. Auparavant, cette dernière a accepté de se mettre à disposition du groupe mais dès sa liberté retrouvée, elle file transmettre les informations aux allemands qui redoublent d’effort pour capturer ces résistants.

Mi-juillet, le groupe est activement traqué par les services allemands, les résistants quittent Brest et prennent le maquis dans la région de Saint-Thois.

Yves Hall décrit leur départ de Brest
Pour ma part, c’est dans l’après-midi avec Jean Riou. Nous avons juste un sac à dos et quelques affaires. En descendant la route de Quimper, une traction nous croise et s’arrête derrière nous : c’est encore la gestapo. Nous plongeons la main dans la poche. La voiture redémarre en trombe ; nous avons eu le temps de reconnaître à l’arrière Alice David, une des principales collaboratrices de la gestapo. Nous retournons à Saint-Marc. Ce n’est plus la peine de partir aujourd’hui, nous avons eu chaud, même pas une arme sur nous mais, le lendemain, quand nous avons remis le départ, j’embarque mon lüger, tant pis pour les ordres.

Parvenu dans le centre Finistère, ils intègrent alors le 2ème Bataillon Stalingrad. A l’arrivée des américains, la plupart du groupe remonte sur Brest pour participer aux combats. Pierre Toupin et Jean Riou restent eux dans l’unité et sont affectés à la 2ème Compagnie Victoire, section Sans Pitié. Resteront également dans cette unité Roger Le Lostec et Marcel Marc. Ils livreront combat dans l’arrondissement de Châteaulin, au Menez-Hom et en presqu’île de Crozon.

Le Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes conserve un dossier administratif sur son parcours dans les F.F.I., sous la cote : GR 16 P 512248

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Archives de Brest = Registre d’état-civil numérisé en ligne & Fonds Défense de la France (51 S)
  2. Yves Hall (Résistant) = Rapport et témoignage sur l’activité du groupe Action Directe
  3. Livre Sur les traces du 1er maquis de Bretagne - 2e bataillon Stalingrad, écrit par les Amis de la Résistance du Finistère/A.N.A.C.R 29, éditions des Montagnes Noires, 2014

Notes

[1actuellement rue de Lyon

[2Interprète de l’Aussenkommando du S.D de Brest, basé à l’école Bonne-Nouvelle à Kérinou.

Télécharger au format PDF