PEUCAT Marcel

Marcel Claude Peucat réside à Landerneau, route de Plouedern. Il passe son Certificat d’Études Primaires en 1936 puis se fait embaucher à l’arsenal de Brest, aux ateliers de l’Artillerie Navale comme ajusteur.

En janvier 1943, il fonde le Groupe Lambert avec Henri Lambert, Jean Sizorn et Marcel Briand. Cette équipe se fixe pour objectif de réaliser des coups de main contre l’occupant. Des contacts sont noués avec les F.T.P de Brest, notamment avec Marcel Boucher et semble t-il par la suite avec Mathieu Donnart qui prêche à l’unification des mouvements.

Sans préciser lesquels, il indique avoir effectué des sabotages et participé à des déraillements, notamment dans la région de Dirinon. Parmi ses actions, seul sa participation au déraillement du 5 décembre 1943 est connue. Depuis octobre 1943, le Groupe Lambert prépare son premier sabotage ferroviaire. Les résistants optent pour la ligne reliant Quimper à Landerneau. Pour cette action, les landernéens s’adjoignent de l’aide précieuse de Marcel Boucher et René Hascoët de Brest. Les deux brestois arrivent par le dernier train de Brest et sont récupérés par Jean Sizorn et Marcel Peucat. Le rendez-vous est pris à 22 heures à l’endroit choisi, les jeunes saboteurs s’y rendent en vélos. Dans leurs affaires, les brestois ont apporté les clés S.N.C.F. pour déboulonner les éclisses et les traverses. Henri Lambert a déployé pour cette opération des hommes dans les environs pour palier aux éventuels problèmes et a même convenu que les hommes du docteur Jean Le Bras soient de la partie. Le sabotage est effectué en 45 minutes puis le commando s’éclipse dans la nature. Certains dormiront dans le bois de Pencran jusqu’au lever du couvre feu. Jean Sizorn, Marcel Peucat et les deux brestois descendent jusqu’à la rue de Ploudiry pour passer le reste de la nuit dans l’atelier Sizorn. Le 5 décembre à 00h30, le train PV Q14 s’engage sur la voie et déraille en partie avec deux machines et deux wagons hors piste. La voie sera immobilisée une journée et demi.

En décembre 1943, Henri Lambert, Marcel Briand et Marcel Peucat sont appelés au maquis de Saint-Yvieux à Plerguer en Ille et Vilaine, pour former les maquisards à l’utilisation d’armes. Vendu aux allemands par un français, le maquis est attaqué dans la matinée du 19. Fait prisonnier, il est interné à la prison Jacques Cartier à Rennes (cellule 39) puis transféré au camp de concentration de Compiègne. Il est déporté à Buchenwald où sous le matricule 43702, il est employé aux travaux forcés à décharger des wagons de charbon, de janvier 1944 jusqu’en avril 1945 . Libéré par l’avance des alliés, Marcel Peucat est rapatrié en France en mai 1945.

Pour son engagement en faveur de la Résistance, il est élevé au grade d’Officier de la Légion d’honneur et reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent en 1945. Après guerre, Marcel Peucat épouse Jeanne Cornec le 17 février 1949 à Bodilis avec qui il aura deux enfants. Il suit ensuite une carrière de commerçant à Brest, Lesneven et à Brignogan où il tient l’Hôtel des Bains.

Publiée le , par Dourdon, Gildas Priol, mise à jour

Télécharger au format PDF

Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Marcel Peucat (1622 W).
  2. Archives Municipales de Brest, fonds F.N.D.I.R.P (87S).
  3. SIZORN Jean & PEUCAT Marcel, co-auteurs de l’article sur le Groupe Lambert, paru dans la revue Concours de la Résistance du Finistère, 1992.
  4. Site François Pengam (1944), histoire du Groupe Lambert.
  5. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.173).
  6. Archives Nationales, archives du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale (Résistance intérieure).
  7. La Dépêche de Brest, éditions du 18/06/1936 et 05/06/1943.
  8. Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Marcel Peucat (GR 16 P 472726) - Non consulté à ce jour.
  9. Service historique de la Défense de Caen, dossier individuel de déporté de Marcel Peucat (AC 21 P 659233) - Non consulté à ce jour.