SAILLOUR Léon

Léon Denis Saillour est le sixième enfant d’une ménagère et d’un quartier-maître voilier. De sa fratrie, il sera l’unique survivant. Ses frères et sœurs ayant succombé très prématurément, tandis que son frère André, s’éteignit à l’âge de 30 ans. Avec ses parents, Léon Saillour réside au 1 Impasse Kéravel à Brest. En 1911, il est admis comme apprenti aux constructions navales à l’arsenal. Après ses études, il reste y travailler comme charpentier tôlier. Durant la Première Guerre mondiale, il sert dans plusieurs régiments d’artillerie et se démarque en août 1917, par une blessure puis une action d’éclat, qui lui valent d’être décoré de la Croix de Guerre 1914-1918.

Après guerre, Léon Saillour reprend son travail à l’arsenal et épouse Lucienne Bougeard, le 22 mai 1922 à Rennes. De cette union, naîtront deux enfants, André (1923-1992) et Berthe (1927-2001). Dix ans après son mariage, son épouse succombe à l’âge de 31 ans. Léon Saillour reste veuf quelques temps avant d’épouser Anna Le Page (1896-1968), le 10 septembre 1934 à Brest. Classé comme affecté spécial depuis 1938, Léon Saillour n’est pas mobilisé à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale et reste à son poste à l’arsenal de Brest.

Nous ignorons la date et les modalités de son enrôlement dans la Résistance. Il fait cependant partie des ouvriers de l’arsenal recrutés dans le Groupe Chacal. Ce groupe se livrant à la collecte de renseignements militaires depuis 1943, Léon Saillour a du participer à cette tâche clandestine, sans que l’on puisse à ce jour définir la nature et la fréquence des renseignements qu’il a transmis. À partir d’avril 1944, son groupe s’amalgame dans une structure clandestine plus grande et plus organisée, le Groupe Arsenal, dont la tâche primaire reste également la collecte de renseignements.

À l’instauration des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) dans le secteur de Brest, Léon Saillour est versé au Groupement cantonal Brest-Ouest. Ceci est étonnant compte tenu de son lieu de résidence mais peut s’expliquer par sa mise au courant par son chef (identité inconnue) des activités de Marcel Pirou, alors nommé chef de la Résistance pour Recouvrance - Saint-Pierre-Quilbignon, et ce assez tôt dans l’organisation. Plus tard en 1944, il est même chargé d’assurer, avec Eugène Le Roy, Jean Le Bihan et le groupe franc de Recouvrance, la sécurité de l’état-major de Brest-Ouest.

Fin juillet 1944, le Groupement cantonal Brest-Ouest (devenu Groupement Marcel-Boucher) se compose théoriquement de deux compagnies (Marcel-Boucher & Dixmude) et d’une section spéciale à Brest avec l’appui d’une compagnie extérieure fondée avec les effectifs du Groupe Jean-Marin pour le littoral Ouest. Léon Saillour est lui affecté à la section spéciale (corps franc).

Composition de la section spéciale : (22 hommes)

  1. BROUDIN Jean
  2. CALLOCH Albert
  3. GALENNEC René
  4. LAOUENAN Jean-Yves
  5. LE BIHAN Jean
  6. LE ROY Eugène
  7. MEVEL Georges
  8. MEVEL Jean
  9. PENNEC Henri
  10. RUNAVOT Julien
  11. SAILLOUR Léon
  12. THEPAULT Jean
  13. XXX Georges (travaillait au chantier Dubigeon)

Au début du siège de Brest, Léon Saillour et son groupe doivent se tenir à disposition de Marcel Pirou, au restaurant Celton dans la rue Monge, ceci en prévision de l’insurrection. La liaison entre eux et Recouvrance est assurée par l’abbé Francis Ricou. Faute d’armes, le groupe n’effectue que des sorties la nuit pour saboter de lignes téléphoniques allemandes.

L’évacuation totale de la ville s’effectue le 14 août 1944 en prévision des durs combats qui s’annoncent. Devant la difficulté d’acheminer des armes dans la ville, les F.F.I décident de se regrouper à l’extérieur pour reformer des unités combattantes cohérentes. Léon Saillour évacue avec la population et rejoint Tréouergat avec Guillaume Maudire et Jean Le Bihan. Le 15 et 16 août, c’est le temps de l’instruction et de la reformation de l’unité. Le 17 des dissensions provoquent l’éclatement du Bataillon F.F.I Marcel-Boucher. Léon Saillour reste avec Marcel Pirou dans ce qui devient la Compagnie FFI Brest-Ouest.

Avec son unité, il participe à la libération de la poche du Conquet. Dans la matinée du 6 septembre 1944, alors que son unité se trouve dans le secteur de Kerivin-Vao en Plougonvelin, la Compagnie F.F.I Brest-Ouest est surprise par le feu ennemi, plusieurs F.F.I sont tués dont leur chef, Marcel Pirou.

Tués lors de cet accrochage :
- LE BIHAN Jean
- LE FLEM Maurice
- NÉLLONÉO Noël
- PIROU Marcel
- ROUDAUT Roger
- SAILLOUR Léon

Les corps seront envoyés à l’hôpital Le Jeune de Saint-Renan. Le lendemain de son décès, son nom et celui de ses camarades tombés sont inscrits sur le registre d’état-civil de Saint-Renan. Cela aurait du être fait à Plougonvelin, leur lieu de décès, mais la commune n’était pas encore libéré, rendant impossible la démarche administrative. À titre provisoire, les corps sont inhumés à Saint-Renan.

Son nom est gravé sur la stèle F.F.I du Cosquer en Plougonvelin, où se déroule chaque année - début septembre, une cérémonie commémorative pour rendre hommage aux F.F.I tués lors des combats de la Libération.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Stèle F.F.I du Cosquer à Plougonvelin
La stèle commémorative des F.F.I tués aux combats pour la Cie de Saint-Renan et des autres combattants tués à Plougonvelin, se situe Place des F.F.I, Cosquer Village à Plougonvelin (29217)
Crédit photo : Gildas Priol
Léon Saillour et sa seconde épouse Anna Le Page
Crédit photo : Annie Savatte (2022)
Léon Saillour et sa fille Berthe
Crédit photo : Annie Savatte (2022)

Sources - Liens

  • Famille Saillour-Savatte, iconographie et renseignements (2022).
  • Archives municipales de Brest, registres d’état-civil (1E217 et 2E173).
  • Archives départementales du Finistère, case matriculaire de Léon Saillour.
  • Ordre de la Libération, registre des médaillés de la Résistance française (J.O du 17/05/1946).
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier Compagnie F.F.I de fusiliers-marins de Brest (GR 16 P 108), aimablement transmis par Edi Sizun (2016).
  • La Dépêche de Brest, éditions du 1er septembre 1911 et 9 décembre 1932.
  • LE BRAS Joël, La Compagnie "Marcel Boucher", non publié ni daté.
  • ANDRÉ Jacques, Le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, édition à compte d’auteur, Brest, 2003.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de F.F.I de Léon Saillour (GR 16 P 530421) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossier individuel d’attribution de la mention Mort pour la France de Léon Saillour (AC 21 P 145924) - Non consulté à ce jour.