Btn F.T.P Giloux

Groupe Giloux, devenu Bataillon F.T.P Giloux à l’été 1944.
[1943 - 1944]

Après les nombreuses arrestations de la fin 1942 et du début 1943, les F.T.P de Brest éprouvent des difficultés à reconstituer leurs groupes d’actions. Jean-Pierre Le Rest parvient néanmoins à rallier plusieurs survivants tels que Marcel Boucher et Charles Coatelan. Cette nouvelle formation prend le nom de Groupe Giloux, en mémoire d’Yves Giloux. Composé d’une quinzaine de membres, le groupe se manifeste par des actions entre août et décembre 1943. Déraillements de train, en collaboration avec le groupe Lambert et Défense de la France de Landerneau, destructions, attentat et sabotages contre l’occupant. Ils verseront également dans la réquisition de tabac et de tickets d’alimentation. Le 26 décembre 1943, près de la moitié du groupe est arrêté, les cinq rescapés se dispersent à nouveau.

Trois des survivants prennent le maquis vers Trédudon et fusionne avec les quatre membres du groupe d’Albert Yvinec. Ce groupe s’organise dans le secteur jusqu’en début février où un incident avec un officier allemand provoque une nouvelle dislocation. Les trois résistants initiaux du groupe Giloux, Boucher, Garrec et Raoul, retournent sur Brest mais sont fauchés à La Forest-Landerneau le 4 février 1944.

Ne reste dès lors qu’Albert Yvinec qui parvient à retrouver deux de ses trois hommes. Ensemble ils prennent la direction de Plonevez-du-Faou et retrouvent au bois de Coat-Bihan plusieurs autres maquisards. De fin février à mai le groupe Giloux vivote et passe un temps dans les Cotes-du-Nord avant de revenir en juin dans le Finistère. Leur structure ne prend forme qu’avec l’apport d’armes prises à l’ennemi le 8 juin à Bolazec. Ils reçoivent l’ordre par le Triangle F.T.P départemental du Finistère, d’entrer en action sans tarder pour ralentir les convois allemands qui se dirigeraient vers la Normandie. Après maintes péripéties, il faudra attendre le parachutage dans la nuit du 14 au 15 juillet, grâce à l’équipe Jedburgh Giles, pour recevoir les armes sur le plateau de Saint-Maudez.

Rapidement, les volontaires affluent et une première compagnie est formée. Un second parachutage, le 21 juillet, permettra d’armer une seconde compagnie. Le Bataillon F.T.P Giloux devient ainsi réalité et comportera quatre compagnies de combat et près de 500 soldats. L’unité participe aux combats de libération dans le centre Finistère puis dans le sud de Morlaix. Le 20 août, le bataillon fait mouvement pour se porter devant la poche de Brest où il participe à la seconde phase de l’assaut, notamment à la réduction de la poche allemande de Crozon.

Présentation rédigée grâce aux écrits de Joël Le Bras, par Gildas Priol, le 12 février 2020.