GOSNAT Marie

Marie Perrot est issue d’une famille d’agriculteurs. Elle épouse en 1931 Henri Lambert avec qui elle a trois enfants. La famille réside à Landerneau, 40 rue de Daoulas et milite au Parti Communiste Français (P.C.F). Privée de son époux, prisonnier des allemands jusqu’à juillet 1942, Marie Lambert subvient aux besoin de la famille.

Quand Henri est libéré, il entre dans la résistance au sein des Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P). Marie l’épaule activement et entre également en résistance dans le groupe Lambert en août 1943. Elle devient agent de liaison et diffuse la propagande et les tracts.

Fin 1943, son époux est fait prisonnier dans un maquis en Ille et Vilaine, Marie poursuit la lutte à Landerneau et après les nouvelles arrestations du printemps 1944, elle parvient à regrouper les éléments dispersés. Elle sert d’agent de liaison à Daniel Trellu, chef des F.T.P du Finistère et organise des groupes de femmes patriotes avec Germaine Lelièvre, malgré sa grossesse.

Pour son action dans la Résistance, elle est citée à l’ordre du Régiment et reçoit en 1946 la médaille de la Résistance française.

Son engagement politique se poursuit après guerre. Marie devient secrétaire fédérale pour le Finistère. C’est sous l’étiquette communiste qu’elle accède, au printemps 1945, à son premier mandat électif : elle devient conseillère municipale de sa ville natale de Landerneau. Elle est élue députée du Finistère (PCF) lors du mandat 1948-1951.

Marie Lambert se montre particulièrement soucieuse de préserver vivace la mémoire de la guerre et de ses massacres. A deux reprises, le 2 février et le 21 mars 1951, elle interpelle le gouvernement au sujet du procès de l’ex-général nazi Ramcke, « responsable des assassinats, pillages et incendies commis contre la population civile de Brest ». Évadé le 18 février, l’ancien commandant en chef des troupes allemandes stationnées à Brest s’est constitué prisonnier le 7 mars, avant d’être condamné le 21 mars par le Tribunal militaire de Paris à cinq ans de réclusion ; Marie Lambert dénonce alors « l’intolérable déroulement du procès du nazi Ramcke (...) dont la conclusion scandaleuse équivaut à un véritable acquittement, une insulte à la mémoire des morts de la libération bretonne, la justification cynique des méthodes de nazis, l’encouragement honteux aux bourreaux hitlériens appelés à reprendre service dans l’armée européenne du général Eisenhower  ».

En 1951, elle n’est pas reconduite à son poste de députée et divorce à la fin de l’année. Elle se consacre au journalisme, dans plusieurs journaux communistes et refait sa vie avec Henri Gosnat, qu’elle épouse en 1940 dans la région parisienne.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Ordre de la Libération, liste des médaillés de la Résistance française.
  2. Assemblée Nationale, fiche biographique de la députée Marie Lambert.
  3. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918 - 1945), auto-édition, Paris, 1985.
  4. LE BOULANGER Isabelle, Bretonnes et Résistantes 1940-1944, éditions Coop Breizh, Spézet, 2018.
  5. BOUGEARD Christian, Le Maitron, fiche biographique de Marie Perrot.

Archives non consultées à ce jour :
- Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Marie Perrot, cote GR 16 P 469757.

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