BATHANY Sébastien

Sébastien Yves Marie Bathany réside et travaille dans sa jeunesse à la ferme familiale de Porslous en Telgruc-sur-Mer. Il épouse la cultivatrice Marie Gourmelen (1908-1998), le 1er juin 1925 à Telgruc-sur-Mer et de cette union naîtront quatre enfants. Sans que l’on puisse en définir la période chronologique, la famille pose ses valises (au 10 rue Bruat ?) à Brest où Sébastien Bathany a trouvé un emploi dans la police. Sous l’occupation allemande, il est en poste à la brigade cycliste avant d’être promu sous-brigadier en janvier 1941 et d’être affecté au commissariat du 1er arrondissement (Brest centre).

Sa date d’entrée en Résistance est incertaine et l’identité de son recruteur est inconnue. Si l’on se réfère à certains témoignages émis après guerre pour l’homologation de ses services actifs dans la clandestinité, il serait entré en mai 1942 au service du réseau Alliance. Si techniquement cela pose problème de par l’activation dudit réseau à Brest qu’à compter de juillet 1942, matériellement il est possible que Sébastien Bathany soit entré en Résistance à la date citée, car les piliers de ce réseau brestois semblaient déjà actifs avant de s’affilier à Alliance. Cependant, le lien entre les agents du réseau et quelques policiers brestois s’est établi par l’intermédiaire du brigadier Marcel Dufosset, entré dans la police brestoise en juillet 1942 et recruté vers décembre de cette même année dans le réseau Alliance. L’entrée en Résistance de Sébastien Bathany serait dès lors plus tardive qu’initialement annoncé, potentiellement dans le premier semestre de l’année 1943. Enfin, si le sous-brigadier Bathany a assisté le réseau dans ses actions subversives, il n’a pas été reconnu comme agent à part entière après guerre. Son activité auprès de ce réseau est mal connue à ce jour.

Après le démantèlement de la branche brestoise du réseau Alliance fin septembre - début octobre 1943, Marcel Dufosset se confie à Yves Hall. Il craint d’être arrêté si les allemands obtiennent des noms auprès de Georges Lacroix. Le brigadier donne alors des instructions au jeune résistant, lui demandant qu’en cas d’arrestation, il se mette en relation avec Sébastien Bathany pour récupérer les documents cachés sous son matelas au commissariat de la rue de la Mairie.

Le 20 novembre 1943, Marcel Dufosset est arrêté. Comme convenu au préalable, Yves Hall se met en relation avec Sébastien Bathany qui récupère les documents de Dufosset pour qu’il puisse être tout de même livrés aux alliés. Le sous-brigadier Bathany poursuit également la lutte clandestine en s’affiliant désormais aux membres du mouvement Défense de la France (D.F), avec qui le réseau Alliance avait noué certains liens.

Il transmet des informations au Groupe Action Direction, notamment sur les enquêtes policières en cours contre les Résistants. Il participe à la diffusion de la propagande et transmet des faux papiers et munitions à son mouvement. Son activité durant le siège de la ville, en août et septembre 1944, n’est pas connue à ce jour.

Pour son action dans la clandestinité, il reçoit la médaille commémorative française de la guerre 1939-1945, barrette Libération.

Après guerre, Sébastien Bathany poursuit sa carrière dans la police nationale à Brest et réside au 15 rue Poulic ar Lor. Parvenu à l’âge de la retraite, il reste à Brest mais réside cette fois au 120 rue du Guelmeur.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (3E453).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Sébastien Bathany (1622 W).
  • HALL Yves, témoignage tapuscrit, non daté, recueilli par Roger Pétron.
  • La Dépêche de Brest, éditions du 21 janvier 1941 et 30 juin 1941.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant de Sébastien Bathany (GR 16 P 37707) - Non consulté à ce jour.

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.