LARREUR Laurent

Laurent Larreur passe son enfance, avec deux sœurs et son frère, au 99 route de Paris en Lambézellec. Les enfants ont la douleur de perdre leur père en 1914 et leur mère en 1919. Laurent Larreur suit le sillon de son défunt père et s’engage dans la Marine nationale. Après dix huit mois de service, il est réformé et rendu à la vie civile. Il rebondit en se faisant embaucher comme agent technique, spécialisé monteur-électricien, à l’Arsenal de Brest. Laurent Larreur épouse Lucienne Teurnier (1912-2002), le 25 septembre 1934 à Brest et de cette union naîtront trois enfants. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il reste à son poste à l’Arsenal de par son double statut d’affecté spécial et de réformé de la Marine. Sous l’occupation, par mesure de sécurité du fait des bombardements sur Brest, Laurent Larreur place sa famille à l’abri dans la région de Ploudaniel.

Il indique être entré en Résistance en mai 1942 au sein du Groupe Marine (Chacal). Il y a sans doute confusion, ce groupe n’étant créé qu’au premier trimestre de l’année 1943. Joseph Paugam certifiant cette date, il est donc raisonnable de penser que Laurent Larreur a d’abord intégré le Groupe Maudire avant de basculer au Groupe Marine, lors de la fusion des deux entités. Sa tâche clandestine consiste à fournir des renseignements sur les activités allemandes à ses supérieurs. Il aurait également réalisé sur son lieu de travail des sabotages, dont la teneur et le nombre ne nous sont pas connus. Courant 1944, à la restructuration de la Résistance à l’Arsenal, il intègre le Groupe Arsenal.

Son activité entre juin 1944 et le début août 1944 n’est pas connue. Laurent Larreur se trouve néanmoins à Ploudaniel à l’aube de la Libération. Il semble s’être mis en relation et à la disposition des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) de Ploudaniel. Il participe à la réception du parachutage d’armes dans la nuit du 2 au 3 août 1944, dans la lande de Kervillon. Il aide au transport du matériel jusqu’au maquis tout proche de Touldrezen. À l’arrivée des S.A.S du 3ème Régiment de chasseurs parachutistes, largués dans la nuit du 4 au 5 août 1944, Laurent Larreur accueille un groupe à son domicile.

Le contact avec les S.A.S est bon, il reste avec eux les jours suivants lors de leurs opérations de harcèlement dans la région de Ploudaniel-Lesneven. Détaché auprès du Stick n°2 commandé par le sous-lieutenant Gustave Puidupin, le brestois leur sert de guide et d’éclaireur. Avec l’arrivée des troupes américaines dans le secteur, les S.A.S sont rapidement désengagés du front le 11 août 1944. Laurent Larreur reste néanmoins à leur côté et suit cette unité jusque dans le Morbihan, à Vannes et Auray notamment. Les S.A.S sont ensuite dirigés vers la Normandie pour embarquer à Arromanches à destination de l’Angleterre en prévision de leur prochaine mission aéroportée. Laurent Larreur n’embarque pas avec eux et après leur départ le 23 août 1944, il reprend la route vers le Finistère.

Parvenu à Gouesnou, il regagne les rangs des F.F.I et semble participer à la fin des opérations militaires dans la poche du Conquet. Versé au Bataillon F.F.I de sécurité à la fin des hostilités, il participe au nettoyage des zones de combat jusqu’à la dissolution de son unité fin septembre 1944. Il est ensuite employé à la surveillance de prisonniers jusqu’en novembre 1944.

Après guerre, Laurent Larreur reprend son poste à l’Arsenal et déménage au 82 rue Bruat. Pour son engagement clandestin, il reçoit la médaille de la Résistance française en 1946.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (5E/L1 et 2E173).
  • Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la Résistance de Laurent Larreur (1622 W).
  • La Dépêche de Brest, édition du 28 janvier 1919.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Laurent Larreur (GR 16 P 339479) - Non consulté à ce jour.

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.