MASSON Jean

Masson Jean Louis épouse Marie Le Gall, le 15 octobre 1924 à Valenciennes et de cette union naîtront deux enfants. Il travaille dans les années 1930, à la Poudrerie de Pont-de-Buis. Militant syndicaliste actif, il y prend la tête du syndicat et adhère au Parti communiste français (P.C.F) en 1936. Outre ses activités sur son lieu de travail, il s’investit dans la politique locale mais également auprès des Amis de l’Union soviétique. Jean Masson est licencié de la poudrerie après la grève générale de novembre 1938. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Jean Masson est mobilisé. Son parcours durant la drôle de guerre et la débâcle de 1940 ne nous est pas connu. Sans que l’on puisse préciser la période, la famille s’installe à Brest, au 1 rue Jules Michelet, où Marie Masson est parvenue à obtenir la gérance d’un commerce alimentaire. Démobilisé en 1940 (à confirmer), Jean Masson trouve du travail dans la cité du Ponant comme aide monteur en chauffage.

Selon Eugène Kerbaul ce serait vers avril 1941, que Jean Masson aurait renoué avec le P.C.F, désormais agissant dans la clandestinité. Il participe dès lors à la diffusion des tracts et journaux du parti et à ceux du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (F.N). Jean Masson reçoit le matériel de propagande de manière régulière par Charles Cadiou, Carlo De Bortoli et Mathurin Le Gôf. Lui même le distribue à Armand Le Bihan et à Ernest Mazé.

Il aurait participé à des actions de sabotage sur les chantiers allemands dans lesquels il était employé pour la branche Bâtiment de l’Organisation spéciale (O.S). Versé aux Francs-tireurs et partisans (F.T.P), ses actions restent à ce jour inconnues.

Ce serait un drame familiale lié à la collaboration, qui aurait valu à Jean Masson d’être dénoncé aux allemands. Sa date d’arrestation par la police française n’est pas connue, mais se situerait entre octobre et novembre 1942, lors de la vague d’arrestations contre les communistes brestois. Durant ses interrogatoires, l’ancien de la poudrerie semble avoir été torturé. Après avoir nié en bloc dans un premiers temps, il laisse entendre raison aux inspecteurs en indiquant avoir adhéré au P.C.F->mot82] qu’au début 1942 et avoir cessé ses activités en juillet dernier.

Jugé par un tribunal de guerre allemand, Jean Masson est condamné à une longue peine de réclusion, entraînant de fait sa déportation en Allemagne. Parti vers l’Est par un convoi ferroviaire en décembre 1943, dans lequel se trouve également Marie Salou, le finistérien est d’abord interné à la prison de Karlsruhe. Placé sous statut Nacht und Nebel, Jean Masson est transféré à la prison de Sonnenburg puis au camp annexe Heinkel, dépendant du camp de concentration de d’Oranienbourg-Sachsenhausen. Jean Masson semble avoir été libéré en mai 1945, avant de succomber des mauvais traitements subis durant sa déportation. Son lieu de décès n’est pas connu.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Archives départementales du Finistère, rapport de police du 24 novembre 1942.
  • La Dépêche de Brest, édition du 29 août 1942.
  • Arolsen archives, centre de documentation des persécutions nazies.
  • Fondation pour la mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.163).
  • KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), édition à compte d’auteur, Paris, 1985, pages 240 et 241.
  • KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), édition à compte d’auteur, Paris, 1992.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossier d’attribution de la mention Mort pour la France de Jean Masson (AC 21 P 514 030) - Non consulté à ce jour.