LE DRÉO Paul

Paul Jean Marie Le Dréo est admis comme apprenti à l’Arsenal de Brest en 1939 et se voit titulariser à son poste d’ouvrier à partir du 24 octobre 1942.

Fin novembre 1943, il est approché par la Résistance communiste de l’Arsenal qui lui propose de participer à la diffusion de la propagande contre l’Occupant. Paul Le Dréo accepte et diffuse alors les tracts et colle les affiches du Front National (F.N) dans l’arsenal et en ville. Le 24 décembre 1943, il aurait participé à une attaque d’allemands isolés pour récupérer leurs armes. Le 10 mai 1944, il s’introduit dans la mairie de Brest et y subtilise une machine à polycopier, forte utile pour la création des tracts.

A la constitution des groupes de combat par les F.T.P en juin 1944, Paul Le Dréo est affecté au groupe Le Borgne. Les résistants de ce groupe portent un matricule compris entre 128 et 139.

Composition du groupe Le Borgne :
128 - ?
129 - ?
130 - ?
131 - Paul Le Dréo
132 - ?
133 - ?
134 - ?
135 - ?
136 - ?
137 - ?
138 - ?
139 - ?

Il est prévu qu’au moment des combats, les groupes de combat F.T.P Moreau, Le Borgne et Argouarch soient regroupés au sein du détachement Égalité sous les ordres de Raymond Bouscatier. Finalement, une entente se profile entre les F.T.P et F.F.I de Brest. Il est alors envisagé que le groupe initial de Paul Le Dréo intègre la 4ème Compagnie. De nombreuses complications feront avorter presque tous les projets dont la formation de cette unité. Le 6 août 1944, à la veille de la déclaration du siège de la ville, Paul Le Dréo reçoit la mission de cisailler un câble de communication entre Brest et des D.C.A allemandes à Kérinou. L’évacuation de la ville au début d’août 1944, voit des tensions apparaître entre les deux chefs F.T.P ; Joseph Berger s’enferme à Brest avec son Groupe-franc Marc tandis qu’André Le Roy rassemble le gros de la troupe à Kergroadez et forme la Compagnie F.T.P Michel. Paul Le Dréo décide lui de rester fidèle à Joseph Berger.

Avec le Groupe-franc Marc, il participe au harcèlement des troupes allemandes dans Brest. Ils récupèrent des armes et explosifs et se permettent même de subtiliser la voiture de la feldgendarmerie. Il reste dans Brest assiégé, en toute connaissance des risques qu’il encourt. Le quartier général du groupe s’établie au 13 rue Coat-ar-Guéven. Le 18 août 1944, les allemands parviennent à localiser les F.T.P et font trois prisonniers : Marcel Cousquer, Alfred Jameau et Pierre Gourlaouen. Ces trois résistants sont exécutés sommairement.

Le lendemain, Paul Le Dréo évacue la ville et retrouve ses camarades de la Compagnie F.T.P Michel dans les environs de Saint-Renan. Il s’insert dans le dispositif et participe avec eux aux opérations militaires de réduction de la poche allemande du Conquet puis à la toute fin des opérations de la prise de Brest.

A l’issue de la Libération de la région brestoise, Paul Le Dréo souscrit à Landerneau en octobre 1944, un engagement volontaire pour la durée de la guerre dans l’Armée française. Il participe alors au siège de Lorient jusqu’en mai 1945 puis il fait partie des Troupes d’Occupations de l’Allemagne (T.O.A) jusqu’en juin 1946. Revenu à la vie civile, il reprend son poste à l’Arsenal de Brest.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Paul Le Dréo (1622 W).
  2. Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest, liste des effectifs de la Compagnie Michel.
  3. LE BRAS Joël, Résistance de Brest-Est, non publié, 2007.
  4. La Dépêche de Brest, édition du 23 septembre 1939.
  5. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Paul Le Dréo (GR 16 P 352199) - Non consulté à ce jour.