SÉNÉCHAL Pierre

Pierre Marie Joseph Sénéchal réside à Brest avec ses parents et ses deux sœurs au 23 rue Armorique à Recouvrance. Ajusteur de profession, il est mobilisé à déclaration de guerre dans la Marine nationale. Rendu à la vie civile en avril 1942, il reprend son métier à l’arsenal de Brest.

Sa date précise d’entrée en résistance est inconnue. Il est probable qu’il intègre les Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P) du groupe Giloux dans le courant de l’année 1943. Son recruteur est sans doute René Hascoët, résidant au 12 rue Armorique. Il participe à l’attaque du bureau de tabac de monsieur Ramaseul, situé au 2 rue Pierre Ozanne à Recouvrance, le 14 ou 15 décembre 1943 au soir. L’opération est menée par sept F.T.P dont André Garrec et André Hascoët. Sur le trajet, deux agents de la police française en patrouille sont braqués et délestés de leurs armes. S’ensuit un braquage dans le bar avec comme unique objectif la réquisition du stock de tabac. Ceci servant comme monnaie d’échange pour soutenir les résistants dans les maquis du centre Finistère. Le 24 décembre 1943, une autre opération du genre est menée contre le commissariat de Lambézellec pour y subtiliser des tickets d’alimentation qui y sont stockés le soir après la fermeture de la mairie ; André Garrec et André Hascoët y participent également.

Après l’arrestation de André Hascoët le 2 janvier 1944, se sentant traqué à Brest, Pierre Sénéchal se réfugie dans la presqu’île de Crozon où il a de la famille. Pour se soustraire à d’éventuelles recherches, il s’installe dans une maison inhabitée au fond du village de Rostudel. Le 7 janvier 1944, la Sûreté de Rennes émet la circulaire 2/44-U à l’encontre de plusieurs F.T.P dont Pierre Sénéchal. Ils sont suspectés d’avoir participé à divers attentats dans la région de Brest. Le 9 mars 1944 vers 13 heures, alors qu’il se trouve chez son grand-père à Kergonan-Rostudel, pour des obsèques, deux gendarmes français l’appréhendent.

Lors de sa déposition, il reconnaît avoir été affilié à un groupe de F.T.P de Recouvrance à compter de mi décembre 1943 jusqu’au jour de l’an 1944 et avoir participé à deux opérations de réquisitions pour aider des maquisards. Il est alors interné à Quimper avant d’être transféré à la prison de Vitré en Ille-et-Vilaine.

Dans la nuit du 29 au 30 avril 1944, un groupe de 20 Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P) du Commandant Louis Pétri, dit Loulou, attaque la prison et parvient à libérer Pierre Sénéchal et 46 autres prisonniers, dont René Hascoët, Yves Burel et Jean Cabiten. Dans les jours qui suivent, il est recherché par les G.M.R et doit se cacher avec ses acolytes où il peut. Nous ignorons son activité à compter de son évasion.

Après guerre, Pierre Sénéchal épouse Maria Guismar à Morlaix le 18 mars 1949.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Circulaire de recherche d’évadé
Collection Musée de Bretagnes, Rennes, 990.0032.439.8

Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (5E125) et recensement de 1936 (1F88).
  • Archives départementales du Finistère, Quimper, rapport d’arrestation de Pierre Sénéchal.
  • Musée de Bretagne, Rennes, circulaire de recherche d’évadés (990-32-439-3-U).
  • KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), édition à compte d’auteur, Paris, 1985.
  • KERBAUL Eugène, Cahier de mise à jour - 1485 militants du Finistère (1918-1945), édition à compte d’auteur, Paris, 1986.