SALUDEN Jean

Jean François Marie Saluden est préparateur en pharmacie. Il réside à la fin des années 20 au 2 rue des Boucheries à Landerneau. Il épouse dans cette ville Elisabeth Beillon le 9 mai 1928 et de cette union naissent deux enfants, Jean en 1929 et Yvonne en 1930 à Brest. Car entre temps la famille s’est installée rue de la rade à Saint-Marc. Jean Saluden travaille pour le pharmacien Yves Allanic dans son officine place Wilson. Il a comme collègue de travail, le préparateur Jean Le Gad. Dans les années 30, il préside la caisse d’assurances sociales Le Travail et poursuit son instruction militaire à l’École de Perfectionnement des Sous-Officiers de Réserve (E.P.S.O.R). Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Jean Saluden est mobilisé le 10 septembre 1939 comme Sous-lieutenant de Réserve du Service de Santé. Il se voit affecté à la gestion de l’Hôpital de Trébeurden dans les Côtes-du-Nord.

Sans que l’on puisse déterminer la façon dont il a été contacté, Jean Saluden, entre en Résistance en mars 1941. Il intègre la branche Marine - P.O.4 du réseau de renseignement polonais F2. Rapidement, il devient le chef du secteur Brestois. L’objectif principal est de concentré ses recherches sur l’activité de la Kriegsmarine. Sa priorité est donc de surveiller l’arsenal et la base sous-marine en construction, les arrivées et départs de navires, les réparations en cours, les transports de troupes et dépôts d’armes ainsi que les poudreries et l’aérodrome. Il œuvre régulièrement avec son camarade Jean Le Gad, notamment pour les liaisons avec ses chefs à Paris. Jean Saluden sait s’entourer de connaissances qui, par fibre patriotique, lui apportent des renseignements sans forcément intégrer le réseau. C’est le cas des sœurs Marie et Marie-Anne Piriou chez qui les deux collègues prennent des forces, et des informations, avant de monter à la Capitale.

Le 24 août 1942, Jean Saluden est arrêté à Brest. Il est probable que ce soit la chute des antennes parisiennes entre novembre et août 1942 qui le mirent dans le collimateur des allemands. Interné trois jours à la prison de Pontaniou à Brest, il est ensuite transféré à Fresnes où il est détenu jusqu’en fin février 1943. De nouveau déplacé, il va séjourner sept mois au Fort de Romainville avant d’être déporté.

Parti depuis Paris en Autriche, par train le 27 septembre 1943, il arrive à Mauthausen où on lui attribue le matricule 37806. Parmi les déportés, il a le statut Nacht und Nebel. Jean Saluden est ensuite affecté au kommando de Linz pour travailler dans une usine pour le compte de l’armée allemande. Refusant de se soumettre à cette tâche, il est alors torturé à coups de barre de fer. Les sévices infligés provoquent une fracture du crâne, une fracture du nez, dix dents cassées. Il subit également des coups et voit son index gauche écrasé.

Toujours déporté, Jean Saluden est cité en France à l’ordre de l’Armée par le Général De Gaulle le 26 avril 1945. Cette citation lui confère la Croix de Guerre 1939-1945, avec palme. Libéré en avril 1945, il est rapatrié en France le 4 mai 1945. Sa santé est précaire et nécessite une prise en charge à l’Hôpital d’Instruction des Armées Bégin dans la région parisienne. Il est pris d’attaques successives d’hémiplégie, le paralysant entièrement. Il succombe de ses mauvais traitements en mars 1947.

A titre posthume, il reçoit la médaille de la Résistance française en 1947. Il est également élevé au grade de Chevalier de la Légion d’honneur en décembre 1949. Son nom figure sur le monument aux morts de Landerneau.

Publiée le , par Dourdon, Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Famille Saluden, iconographie.
  2. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Saluden (1622 W).
  3. Archives Municipales de Brest, fonds F.N.D.I.R.P (87S).
  4. Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  5. Archives Nationales, base de données Léonore, dossier individuel de Jean Saluden.
  6. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.138).
  7. La Dépêche de Brest, éditions du 15 mai 1928, 24 octobre 1937 et 10 novembre 1937.
  8. Le Peuple, édition du 25 décembre 1930.
  9. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossiers individuels de Résistants de Jean Saluden (GR 16 P 533005 et GR P 28 4 368 7) - Non consultés à ce jour.
  10. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier d’attribution de la mention Mort pour la France à Jean Saluden (AC 21 P 144636) - Non consulté à ce jour.