KERVERN Jean

Jean François Pierre Marie Kervern suit des études pour devenir électricien. Lors de son passage sous le drapeau à ses vingt-ans, il sert dans la Marine Nationale où il est nommé Quartier-maître en 1926. De retour à la vie civile, il travaille à l’Arsenal de Brest, dans les ateliers de la Conduite de Tir des Armes navales comme monteur électricien. Jean Kervern épouse Maria Manhes (1912-2015), le 1er avril 1929 à Laroquebrou dans le Cantal et de cette union naîtront deux enfants. La famille réside rue Poul ar Stang à Landerneau.

Son entrée en Résistance est confuse. En 1947, il indique avoir appartenu au Groupe Élie dès 1940 et avoir remis à son collègue de travail, René Gourvennec, des munitions subtilisées à l’Arsenal. A ce jour, nous n’avons trouvé aucune attestation ou témoignage corroborant ce fait. De surcroît, Jean Kervern lui-même, ne reprend plus cette version et indique en 1954, être entré en Résistance plus tardivement.

Jean Kervren participe à la grève patriotique de l’Arsenal, organisée par le Parti Communiste Français (P.C.F) le 25 octobre 1941. Sa présence est remarquée par Jean Le Nédellec, qui le recontacte ultérieurement, dans les premiers jours de novembre 1941, pour lui proposer d’adhérer au mouvement du Front National (F.N). Jean Kervren accepte et à partir du 7 janvier 1942, sous les ordres d’Yves Le Faou, il participe à l’organisation de collectes de fonds, à fréquence de deux par mois à l’Arsenal dans le cadre du Secours Populaire clandestin. Les recettes vont aux familles des victimes de la répression allemande. Une partie de la quête ira notamment à la veuve de René Gourvennec. Jean Kervern sera par la suite entendu par le directeur de l’Artillerie navale, qui cherche à connaître sa responsabilité et lui reproche un manque d’autorisation pour quêter. Dans la continuité de son engagement, Jean Kervern aide à fournir du matériel, papiers, encre, pâte à polycopier et stencils, utiles à la fabrication de la propagande anti-allemands. Lui même participe à la distribution de tracts dans l’Arsenal et en ville ainsi qu’à la propagande verbale. Il semble également avoir fourni à ses supérieurs, à deux ou trois reprises, des armes récupérées ou volées dans l’Arsenal.

En avril 1942, Jean Kervern est muté à l’Arsenal de Toulon. Il n’y reste qu’un temps et revient, semble t-il dans la clandestinité, à Brest en septembre 1942. Il parvient à se faire embaucher de nouveau mais en novembre 1942, refusant d’aller travailler sur les sous-marins allemands, il quitte son poste. Jean Kervern se met alors à travailler à Landerneau avec son père comme artisan.

Sa reprise d’activité dans la Résistance daterait du mois de mai ou juin 1944. Il semble avoir rendu service aux hommes de Jean Coguiec et André Lagoguet en transformant une voiture en camionnette. En août 1944, après l’arrivée dans le secteur de Landerneau du Bataillon F.T.P Georges Le Gall, Jean Kervern rejoint les effectifs et participe au sein de la 1ère Compagnie F.T.P Koenig, à la réorganisation de l’unité avant la reprise des combats.

Composition du 1er groupe de la 4ème section :
- ABIVEN Joseph
- BUGUEL Louis
- COGUIEC Marcel
- GAUTHIER Yves
- HOUZE Jean
- KERVERN Jean
- LANNEVAL Jean-Marie (chef de groupe)
- LE ROUX André
- LE ROUX Georges
- MAOUT Joseph
- TANGUY Joseph

Avec son unité, il participe aux combats près de La Grande Palud à Landerneau, Dirinon, Loperhet, Plougastel, Cast, Saint Ségal et face à la poche de Crozon.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Kervern (1622 W).
  2. Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest, registre des effectifs du Bataillon F.T.P de Landerneau.
  3. KERBAUL Eugène, 1270 Militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, 1985.
  4. Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Jean Kervern (GR 16 P 319054) - Non consulté à ce jour.