FALHUN François

François Pierre Marie Falhun est admis à l’École des pupilles de la marine à la Villeneuve près de Brest à 14 ans en 1938. Il embarque avec l’École des mousses sur l’Armorique l’année suivante. Le 18 juin 1940, il embarque en catastrophe sur le vieux cuirassé Paris qui rallie l’Angleterre. A leur arrivée, ils sont internés à Antree Park avant de faire mouvement vers Liverpool où l’École des mousses est embarquée sur un navire anglais le 1er juillet 1940 à destination de Casablanca. Il est en mer lorsqu’il apprend l’attaque de Mers el-Kébir. Débarqué à Casablanca, il poursuit sa formation. Enfin, il est rapatrié en métropole à Toulon pour y finir son cours de fusilier et embarquer sur le La Marseillaise à partir d’avril 1941.

Lors de l’invasion de la Zone libre par les allemands, alors qu’il est quartier-maître sur le croiseur La Marseillaise, il assiste au sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942. Il est parqué dans le tunnel du Malbousquet dans l’attente des ordres de l’Amirauté. Il est finalement mis en congés et autorisé à rentrer au Conquet. Après cinq jours de transport il arrive à Brest le 10 décembre. François Falhun retrouve alors ses parents et s’installe dans le logement de fonction à la mairie. Il embarque alors comme matelot sur le petit bateau de pêche de son père.

Compte tenu de son âge, il est requis dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (S.T.O) en mai 1943. Pour y échapper, il se fait affecter par la Marine nationale comme fusilier à la compagnie de garde de Brest. Sa mission est d’effectuer des gardes de nuit sur différents bâtiments de l’arsenal et dans la journée différentes corvées. Ils donneront notamment un coup de main aux Petites Sœurs des Pauvres, rue de la Vierge (actuelle rue de Glasgow). L’activité n’est pas très dense, il vagabonde plus ou moins dans l’arsenal. Le rythme est de huit jours à Brest, huit jours de repos. Quand il est de repos, il poursuit en tant qu’inscrit maritime, la pêche aux araignées et aux homards avec son père.

Vers juillet 1943, apprenant qu’il est affecté à l’arsenal, Joseph Le Goaster le contacte. Ce dernier recrute François Falhun dans la résistance en tant qu’agent de renseignement. La collecte d’informations débute et pour cette tâche, François Falhun se rapproche d’un autre Conquétois, Gustave Bannier, en poste chez les marins-pompiers.

Le renseignement se poursuit jusqu’au mois de juin 1944 où à l’annonce du débarquement, François Falhun ne rejoint pas son poste à Brest, il est alors porté déserteur. Les résistants du Conquet attendent les consignes en prévision de la formation d’une unité F.F.I. François Falhun est prévenu, par le gendarme résistant Jean Bureller, qu’il est recherché par les autorités françaises. Après avoir averti son chef, il prend la direction de Plougonvelin où il trouve refuge chez des cousins paysans à Kesturet. De part la proximité avec Le Conquet, il garde le lien avec son groupe.

Avec l’arrivée des Américains dans les environs de Brest, la bataille est proche et faute d’avoir perçu les armes par parachutages, ordre est donné aux volontaires de rejoindre le maquis de Tréouergat. François Falhun n’opte pas pour le trajet le plus court et fait un détour par le carrefour des Trois Curés à Bourg-Blanc où il rencontre l’avant garde américaine. Il arbore alors son brassard F.F.I et se met à la disposition des américains durant quelques jours mais leur progression est ralentie et pressentant un repli, François quitte sa position et rallie Tréouergat le 12 août.

Il est alors assigné au 3ème Groupe de la 3ème Section (Le Conquet) de la Compagnie F.F.I du canton de Saint-Renan. Avec son unité, il participe aux opérations militaires autour de Saint-Renan, puis à Locmaria-Plouzané et Plougonvelin. De part son expérience militaire, François est désigné tireur au fusil-mitrailleur. Alors qu’il se trouve en position sur la route Brest-Le Conquet au nord du Diry, l’aumônier F.F.I Francis Ricou vient lui apprendre la tragique nouvelle du décès de sa mère lors d’un bombardement le 1er septembre 1944 au Conquet.

Les combats se poursuivent et ils franchissent Plougonvelin pour rallier Le Conquet. Sitôt arrivée dans sa commune, François Falhun rentre chez lui et s’empare d’un grand pavillon tricolore qu’il fait flotter sur la mairie du Conquet. Il combat encore le lendemain avec les chars américains dans le Conquet pour pilonner les derniers îlots de résistance allemande sur la presqu’île de Kermorvan. Le 10, les combats cessent et rapidement François organise avec deux charrettes hippomobiles allemandes, le rapatriement des réfugiés conquétois qui s’étaient repliés à Plouarzel. Il est démobilisé fin septembre 1944 des F.F.I et il reçoit l’ordre, comme tous les marins du secteur, de rallier la colonie de Bertheaume. Pour son attitude au combat avec les F.F.I, il est cité à l’ordre du régiment en ces mots :

F.F.I de conduite exemplaire et plein d’abnégation sous le feu de l’ennemi, a conservé malgré les fatigues rencontrées un moral au-dessus de tout éloge, pendant les opérations autour du Conquet.

En novembre 1944, il embarque sur le Dugay Trouin pour rejoindre le cuirassé Richelieu à Casablanca. Le navire fait route vers l’Océan Indien et participe dans l’escadre de Lord Mountbatten à la fin des opérations dans le pacifique contre les japonais. Après Nagasaki et Hiroshima, le Conquetois participera à la Libération de Saïgon avec le 5 R.I.C, le commando Ponchardier et l’équipage du Richelieu. Au cours d’une opération vers Tan Nan, il est blessé d’une balle dans la poitrine à Dong Son le 13 décembre 1945.

Il épouse Marie-Thérèse Cléach (1924-2019) le 13 septembre 1947 au Conquet. François Falhun est réaffecté à la formation des unités à partir de 1947 jusqu’en 1978 où il prend sa retraite après 40 ans de service. Il est aujourd’hui, l’un des quatre derniers F.F.I de la Compagnie de Saint-Renan encore en vie.

Au cours de sa carrière, François Falhun a reçu de nombreuses décorations militaires :
- Officier de la Légion d’honneur
- Médaille militaire
- Chevalier de l’Ordre National du Mérite
- Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile de bronze
- Croix de la Vaillance Viêt Nam
- Médaille d’Outre-Mer France - Avec agrafe Extrême-Orient
- Médaille commémorative de la campagne d’Indochine (1953)
- Médaille de reconnaissance de la Nation France - Avec agrafes 1939-1945, Indochine et A.F.N
- Médaille d’honneur de la Jeunesse et des Sports - Or
- Chevalier de l’Ordre du Mérite sportif
- Médaille d’Honneur d’Education Physique
- Insigne des blessés militaires
- Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord (1958)

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

François Falhun (Septembre 2019)
Photo prise lors de la Cérémonie du Cosquer en Plougonvelin pour le 75ème anniversaire de la Libération.
F.F.I du Conquet
François Falhun à son entrée dans la Marine nationale
Crédit photo : Famille Falhun
60ème anniversaire de la Libération du Conquet (2004)
De gauche à droite : Jacques COUGNY, François LEBRIS, Alexis AUFFRET, François FALHUN et André FORNY.
Crédit photo : U.N.C Le Conquet

Sources - Liens

Remerciement à Daniel Falhun, fils de François, pour l’aide à la rédaction de cette biographie.

  1. Commune du Conquet, registre d’état-civil.
  2. FALHUN François, témoignage (oral & manuscrit) et iconographie.
  3. Musée du Ponant à Saint-Renan, archives de la Compagnie F.F.I de Saint-Renan.
  4. Service Historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de François Falhun (GR 16 P 215326), aimablement transmis par Edi Sizun en 2016.