KERYELL Albert

Albert François Marie Keryell est monteur électricien de profession et réside au 5 rue de Daoulas à Landerneau. Nous ignorons si il a été mobilisé à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Son frère aîné Louis pour sa part est mobilisé, il sera capturé par les Allemands à la débâcle en 1940. Son deuxième grand frère Eugène, parvient à rallier les Français Libres et s’engage dans les F.N.F.L. au début de l’année 1941. À compter du début juin 1941, Albert Keryell est employé à l’arsenal de Brest. Quelques mois plus tard, il épouse Paulette Protat (1917-1979), le 19 novembre 1941 à Landerneau. Le couple s’installe au 36 bis rue Neuve et de cette union naîtront trois enfants. En juin 1943, son frère cadet, Henri Keryell, 21 ans, est déporté à Buchenwald.

Albert Keryell est semble t-il recruté en novembre 1943 par Aldéric Lecomte dans le réseau Cohors du mouvement Libération Nord (L.N). Il sert alors d’agent de renseignement en collectant des informations au sein de l’arsenal.

Le 15 avril 1944, suite à une délation d’Émile Guilcher de landerneau, le Sicherheitspolizei-Kommando (S.D) en provenance de Rennes, ratisse la ville et son secteur à la recherche des plusieurs résistants. Dans son rapport, l’officier allemand Herbert Schaad cite clairement que parmi les nombreux résistants recherchés, figure un Keriel. Parmi les victimes de ces arrestations, figurent André Millour, Alain Daniel et Henri Bourhis qui sont fusillés très peu de temps après à Brest pour actes de sabotages.

Albert Keryell est arrêté à son domicile le 17 avril 1944. Interné à la prison de Pontaniou à Brest. Il est ensuite transféré au camp Margueritte de Rennes. Condamné à être déporté, il est envoyé en convoi vers l’Allemagne dans le dernier train de déportés quittant Rennes le 3 août 1944. Arrivé à Belfort le 15 août 1944, il est interné au fort Hatry. Lors d’un bombardement, il s’échappe par un trou dans le grillage. Il se retrouve dans la cour, au milieu des Allemands et profite de l’affolement général pour passer la porte du fort et s’enfuir.

Secouru par la Croix-Rouge, il rejoint Giromagny où il reçoit des vivres. Quelques jours plus tard, il retrouve les soldats français après avoir pu passer le col de Servance. Après guerre, il travaille comme ouvrier d’entretien à la minoterie Le Verge de La Roche-Maurice.

Pour son action clandestine, il est cité à l’ordre du régiment en 1947, lui conférant la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile de bronze.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Télécharger au format PDF

Sources - Liens

  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance d’Albert Keryell (1622 W).
  • Mémoire de guerre, liste des déportés du Finistère et liste des évadés du convoi du Langeais.
  • La Dépêche de Brest, édition du 3 novembre 1941.
  • Archives municipales de Brest, fonds Joël Le Bras, déposition d’Herbert Schaad du 26 septembre 1944 (153 S 12).
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant d’Albert Keryell (GR 16 P 319105) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossier de déporté-interné résistant d’Albert Keryell (AC 21 P 579715) - Non consulté à ce jour.

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture et Gilles Cardinal pour les questions de généalogie.