QUÉMÉNER François

François Marie Quéméner étudie à l’école primaire jusqu’à ses 14 ans. En 1923, il est appelé sous le drapeau pour son service militaire. De retour à la vie civile, il épouse Louise Montfort (1903-1989), le 30 juin 1925 à Brest et de cette union naît une fille prénommée Jacqueline. La famille réside au 11 place de Verdun à Brest. François travaille alors comme mécanicien à l’Arsenal où il est chef d’équipe. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, François Quéméner est mobilisé sous le statut d’affecté spécial, et reste à son poste à l’Arsenal.

Dans un café brestois en mars 1941, François Quéméner est introduit par Albert Miller auprès de Louis Élie. Ce dernier lui propose d’intégrer le groupe de patriotes qu’il rassemble pour lutter contre l’ennemi. Le chef d’équipe de l’Arsenal accepte la proposition et se met à son tour à recruter pour le Groupe Élie, notamment Fernand Salaun et Louis Beaufrère, cousin de son épouse.

Peu d’informations sont disponibles sur les activités clandestines de François Quéméner. Il est néanmoins impliqué le 28 avril 1941, dans le coup de main contre le restaurant de Madame Grovel, au 3 rue Louis-Blanc. Attaque qui se solde par la blessure par balle d’Albert Muller.

Le 9 mai 1941, il fait partie des premiers membres du groupe arrêtés par l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D). Interné dans un premier temps à la prison du Bouguen, il est transféré à Rennes puis sur Paris en vue du procès. Jugé en novembre 1941 avec les autres prévenus du Groupe Élie, François Quéméner est condamné à mort pour aide à l’ennemi suite aux activités partisanes en association. Peu avant son exécution, le brestois rédige une dernière lettre à sa famille :

FRESNES, LE 10 DECEMBRE 1941
Ma femme bien aimée,
Ma Jacqueline chérie,

Mon recours est rejeté. Je vais être exécuté tantôt à seize heures. Je mourrai courageusement ; ma dernière pensée sera pour vous. Dans quelques heures je ne serai plus ; mes souffrances seront terminées. Mais vous ? Ô, mon Dieu, qu’allez-vous devenir ?
Ne te laisse pas abattre, ma lisette bien aimée, pense à notre petite Jacqueline. Pauvre enfant. Elève-la pieusement ; qu’elle fasse des prières pour son pauvre papa qu’elle ne verra plus.

Adieu, mes chéries. Aimez-vous toujours. Pensez à moi. Comme je vous aimais. Nous nous retrouverons au Ciel. Je vous embrasse follement.

François QUÉMÉNER

À titre posthume, il reçoit la médaille de la Résistance française en 1954.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Plaque commémorative - Square Rhin & Danube à Brest

Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (1E229 et 2E154).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de François Quéméner (1622 W).
  • Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier Procès du groupe Élie (GR 25 P 16344).
  • BROC’H Jean, J’avais des camarades, éditions Télégramme, 1949.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant François Quéméner (GR 16 P 494676) - Non consulté à ce jour.

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture.