LOYEN Jean

Jean Adolphe Loyen travaille comme chaudronnier à l’arsenal de Brest. Il épouse Marie Troadec, le 11 juin 1932 au Havre et de cette union naîtront deux jumeaux en 1935. Avant guerre, Jean Loyen adhère à la Confédération générale du travail (C.G.T) puis au Parti communiste français (P.C.F) en 1936. Vraisemblablement mobilisé sous le statut d’affecté spécial, le chaudronnier brestois participe à la reconstruction du parti dans la clandestinité après son interdiction suite au pacte germano-soviétique.

Sous l’occupation allemande à Brest, il poursuit son militantisme en diffusant la propagande du parti puis celle du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (F.N). Jean Loyen réalise également des inscriptions murales et cotise au Secours populaire clandestin. Le 26 mars 1942, il semble avoir participé au sabotage des sous-stations électriques à l’arsenal avec l’Organisation spéciale (O.S) de l’arsenal. Versé aux Francs-tireurs et partisans (F.T.P) à leur instauration à Brest fin avril, début mai 1942, Jean Loyen aurait participé à d’autres actions. Notamment aux actions du 14 juillet 1942.

Après le démantèlement de la résistance communiste brestoise en octobre 1942, Jean Loyen se met au vert auprès de sa famille réfugiée à Primel-Trégastel en Plougasnou. S’installant sur place, il aurait noué des contacts avec des membres du mouvement Libération Nord à partir de mars 1944 (à confirmer). Son activité auprès d’eux est mal définie, il aurait alors servi d’agent de renseignement en relevant les implantations de fortifications allemandes présentes sur la côte. Il intègrent les Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) et gravite autour des hommes des maquis de Saint-Laurent à Plouégat-Guérand.

Le 8 juin 1944, il est arrêté par la Feldgendarmerie à 3 heures du matin sur dénonciation du milicien Hervé Botros en même temps que M. Aubertin, Albert Vonhoevel et Léon Guillou. Jean Loyen est transféré à Brest le 12 juin pour être interné à la prison de Pontaniou. Il n’y reste pas longtemps, il est à nouveau transféré le 20 juin 1944, vers le camp Margueritte de Rennes. Condamné à la peine de mort par le tribunal allemand FK 748 de Rennes le 29 juin pour espionnage, il est fusillé à Saint-Jacques-de-la-Lande, le lendemain 30 juin 1944 à 6 h 47.

À titre posthume, il est décoré de la médaille de la Résistance française en 1955. Son nom figure sur le monument des maquis de Saint-Laurent à Plouégat-Guérand.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Monument des maquis de Saint-Laurent à Plouégat-Guérand.
Crédit photo : Bilaouic (Geneanet)

Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (1E246) et liste électorale de 1939 (1K91).
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant de Jean Loyen (GR 16 P 379024), aimablement transmis par Claude Zylbersztejn (2022).
  • Service historique de la Défense de Caen, dossiers d’interné de la résistance et d’attribution de la mention Mort pour la France de Jean Loyen (AC 21 P 86031 et AC 21 P 566768), aimablement transmis par Claude Zylbersztejn (2022).
  • Ordre de la Libération, registre des médaillés de la Résistance française (J.O du 06/01/1955).
  • Le Maitron, notice biographique de Jean Loyen.
  • KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), édition à compte d’auteur, Paris, 1985, page 198.