MADEC Jean

Jean Victor Alain Marie Madec voit le jour dans une famille d’ostréiculteurs à Prat-ar-coum. Il se destine à la médecine pour être le successeur de son grand-père maternel, docteur à Lannilis. Jean Madec suit alors des études au lycée de Brest tandis que ses deux frères, Alain et Yvon optent eux pour le commerce. En 1938, son père et son frère Yvon décèdent. Après la Campagne de France en 1940, débute l’occupation et les bombardements sur Brest. Devant les désastres humains et matériels qui s’enchaînent à Brest, les écoles sont fermées en 1941. Jean Madec quitte alors le lycée et son pensionnat pour aller étudier au collège de Saint-Pol-de-Léon, à demi occupé par les troupes allemandes.

En juillet 1942, sa mère lui demande de cesser ses études et de participer avec son frère Alain à la gestion de l’entreprise familiale ostréicole. En 1943, pour les besoins de l’affaire familiale, les deux frères Madec deviennent des inscrits maritime. Dès lors, ils participent à la pêche locale et sur leur temps libres, contribuent à aider leur mère.

Jean Madec relate son quotidien de pêcheur :

« Chaque jour, à la sortie de l’Aber, arrêt devant la douane Allemande, fouille du bateau et de nous aussi, et au retour, de nouveau, fouille, contrôle de notre pêche, puis expédition de ces produits, pêchés aux filets et aux casiers, au poissonnier. Nous étions dans la zone côtière, dite Interdite. » [1]

Le 19 avril 1943, les Madec sont sollicités par la famille Tromelin pour héberger temporairement l’aviateur anglais Peter William Lefevre, tombé trois jours auparavant à Plouguin. Les ostréiculteurs acceptent et accueillent le pilote quelques jours avant que les Tromelin l’emmènent chez de la famille à Plouguerneau.

En septembre 1943, le Service du travail obligatoire (S.T.O) est étendu aux jeunes de la classe 1923. Jean Madec est donc tenu de s’y soumettre, il refuse et devient de fait un réfractaire. Ceci le pousse le mois suivant à s’inscrire dans les effectifs théoriques de la Résistance du canton de Lannilis, sous l’égide du mouvement Défense de la France (D.F). Dès lors, l’attente du soulèvement général commence. Après le débarquement en Normandie les chose se précisent et dans l’été 1944, le Bataillon F.F.I de Lannilis prend forme. Dans la nuit du 5 au 6 août 1944, l’unité engage le combat contre les troupes allemandes, il est néanmoins mis en échec et subit un lourd revers.

Devant cette première défaite amer, une partie de l’effectif se disperse et ne se manifeste plus. Jean Madec pour sa part se dirige vers Pont-Ours en Plouguin pour trouver refuge au moulin de Jean Tromelin. Il poursuit néanmoins son engagement avec les F.F.I et se voit affecter au 4ème Groupe de la 2ème Section de la 2ème Compagnie du Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau.

Organisation du groupe :
- CORNNIC Jean
- COUDER Henri
- ELIES Louis
- FORICHER Jean
- LE COEUR Louis
- LE HIR Joseph
- MADEC Jean
- MENEC François
- PELLEN Jean
- PIERRES Jean (Chef de groupe)
- VOURC’H Joseph

Avec son unité, Jean Madec prend part à la Libération du secteur de Plouguin puis est engagé dans la réduction de la poche allemande du Conquet, en tant qu’agent de liaison motocycliste jusqu’au 10 septembre 1944. Il reste en service au sein des F.F.I jusqu’à sa démobilisation le 30 septembre 1944.

Après les combats, Jean Madec retourne à la vie civile mais son statut d’inscrit maritime l’oblige à accomplir une période de 30 mois de service militaire, minorés de plusieurs mois pour son engagement dans les F.F.I et contre le S.T.O. En mai 1945, il gagne le 1er Dépôt des équipages de la flotte de Cherbourg. Il y reste jusqu’en juin 1945 avant d’être versé à la Direction générale des études et recherches (D.G.E.R), section Marine jusqu’en février 1946.

Démobilisé, Jean Madec se concentre alors sur l’entreprise ostréicole familiale et notamment au développement du site implanté à Penn-al-Lann à Carantec. Avec son frère, ils prendront la succession et pérenniseront l’entreprise.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Sources - Liens

  • MADEC Jean, iconographie et témoignage rétrospectif.
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Madec (1622 W).
  • DERRIEN Jean-François, Gendarme et Résistant - sous l’occupation 1940-1944, édition à compte d’auteur, Spézet, 1994.
  • ANDRÉ Jacques, Le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, à compte d’auteur, Brest, 2003.
  • HUGUEN Roger, La Bretagne dans la bataille de l’Atlantique, éditions Coop Breizh, 2ème édition, 2005.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de F.F.I de Jean Madec (GR 16 P 382195) - Non consulté à ce jour.

Notes

[1Témoignage de Jean Madec, non daté (www.jeanmadec.fr/pratarcoum.html)