KERBÉRÉNÉS Jean

Jean Kerbérénès travaille comme magasinier à l’Office Central Pharmaceutique de Brest. En mars 1943, il est requis pour partir en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (S.T.O). Il refuse de s’y soumettre et devient réfractaire.

En mai 1944, il est contacté par la Résistance locale qui lui propose de rejoindre les rangs des Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I). Jean Kerbérénès accepte et donne son adhésion au Groupement cantonal Marcel-Boucher. La discrétion lui est ordonnée jusqu’à ce qu’il soit mis en alerte au début d’août 1944. Dans la nuit du 2 au 3, il fait partie de l’équipe chargée de réceptionner dans les environs de Kerzévéon en Locmaria-Plouzané, le parachutage d’armes destiné à équiper le groupement. L’avion passe mais ne largue rien, les F.F.I s’en retournent bredouille à Brest. Sur ordre, il évacue la ville sans arme pour se regrouper auprès de son unité repliée à Kergroadez en Brélès. De dissensions apparaissent entre les différents responsables de la résistance, provoquant l’éclatement du groupement. Jean Kerbérénès pour sa part reste auprès du gendarme Sébastien Ségalen et intègre la Compagnie F.F.I Dixmude. Il est alors versé comme soldat F.F.I au 2ème groupe de la 3ème Section.

Composition du 2ème groupe :
- ANSQUER Louis
- BARON André
- CHUITON Jean
- CORRE Raymond
- CROG Henri (Chef de groupe)
- GUÉNNÉGUÈS Emile
- KERBÉRÉNNES Jean (blessé)
- LE BOURT Jean
- MORENO Guy
- PÉDRON Jean
- REVOU André

En étroite relation avec le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, sa compagnie prend part aux opérations militaires entre Brélès et Plouarzel. Puis à Ploumoguer, notamment à Kervélédan, au carrefour de Coat-ar-Piquet et à Illien. Elle participe à la libération de la poche du Conquet en combattant devant la presqu’île de Kermorvan. Après la chute de ce bastion, une partie de la compagnie reçoit l’ordre de prendre position à Saint-Pierre-Quilbignon. Le groupe de combat de Jean Kerbérénès est ainsi redéployé autour du fort Montbarey. Le 16 septembre 1944, alors qu’il creuse un trou pour s’abriter (foxhole) le long d’un talus, il est gravement blessé par une balle de mitrailleuse à la cuisse droite tout près de la ferme de Kervallan. Il est évacué sur l’hôpital de Saint-Renan par une ambulance américaine mais doit être amputé à cause de la gangrène.

Après la Libération, Jean Kerbérénès épouse Germaine Morvan (1920-2007), le 27 janvier 1945 à la mairie annexe de Saint-Pierre-Quilbignon à Brest. Pour son engagement dans les F.F.I et sa blessure, il reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent. Il succombe très jeune des suites d’une maladie.

La sépulture de Jean Kerbérénès se trouve dans le cimetière de Saint-Pierre-Quilbignon à Brest [Carré B Rang 03 Tombe 06]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Famille Morvan-Violin, iconographie.
  2. Archives Municipales de Brest, registrer d’état-civil (1E/P59)
  3. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Kerbérénès (1622 W).
  4. Musée du Ponant de Saint-Renan, fonds Baptiste Faucher (F.F.I), rapport de blessure de Jean Kerbérénès.
  5. ANDRÉ Jacques, Le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, édition à compte d’auteur, Brest, 2003.
  6. Brest Métropole, service des cimetières, sépulture de Jean Kerbérénès.
  7. Service Historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Jean Kerbérénès (GR 16 P 318196) - Non consulté à ce jour.