BILLÉ Philippe

Philippe Corentin Billé est ajusteur mécanicien à Brest. Il réside chez ses parents au Guelmeur, 53 rue Capitaine Guynemer à Saint-Marc.

Peu d’informations sont disponibles à son sujet, il est cependant requis dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (S.T.O) en 1943. Réfractaire, il quitte son emploi et entre en clandestinité. Il serait entré en Résistance active la même année comme agent de renseignement à Brest dans le Groupe Fraval. A la formation des unités F.F.I de Brest, au premier semestre 1944, il est affecté au groupe de René Brenterc’h de Brest-Est.

Ce groupe est victime de l’usurpateur Victor Baron, dit Baron de Groix, qui parvient à en prendre le commandement en juin 1944, profitant d’une vacance dans les liaisons entre F.F.I suite à différentes arrestations le mois précédent. Ce dernier se fait passer pour un haut responsable de la Résistance locale. Et alors que les véritables responsables F.F.I prônent la discrétion suite au débarquement en Normandie et en attendant le soulèvement général, le chef auto-proclamé Victor Baron déclenche une série d’opérations, notamment à La Villette en Lambézellec le 8 juin 1944, mettant le groupe de René Brenterc’h sous le coup d’une enquête allemande.

Sur dénonciation de François Gourmelon, supplétif français à la solde des allemands, le groupe est traqué. Yves Herrou est appréhendé le 16 juin 1944. Trois jours plus tard, le 19 juin 1944, c’est au tour d’Eugène Le Roux d’être arrêté en compagnie d’Émile Gallon et Marcel Omnes au Bar de la Place à Saint-Marc par des agents de l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D). Dans la foulée, Philippe Billé du même groupe est arrêté chez lui vers 22h30 puis c’est au tour de Louis Bastard d’être arrêté au Dourjacq par Julien Origas, interprète alsacien du kommando. Le lendemain c’est le cafetier en fuite Roger Prevost qui est à son tour appréhendé. Probablement interrogé à l’école Bonne-Nouvelle, il est ensuite interné à la prison maritime de Pontaniou, avant d’être transféré à Rennes le 30 juin 1944. Devant l’avance des Alliés, il est de nouveau transféré, cette fois à Fresnes en région parisienne. Émile Gallon est déporté en Allemagne le 15 août au départ de Pantin.

Le pont sur la Marne à hauteur de Nanteuil-Saacy a été détruit par un bombardement le 8 août 1944, le train doit donc s’arrêter le 16 et les déportés rejoignent à pied la gare de Nanteuil-Saacy où un autre train les attend. Lors de ce changement les S.S exécutent des déportés qui tentent de s’évader. Le 17 août 1944, à Dormans la Résistance essaie, sans y parvenir, de stopper le convoi. Dans la nuit du 17 au 18 août, le train stationne à Bar-le-Duc. Le 19 août, le train arrive à Weimar. Le jeune brestois transite par le camp de Buchenwald où on lui attribue le matricule 76992. Il est finalement envoyé au camp de Dora-Mittelbau.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe en mai 1945, Philippe Billé est porté disparu. Sa trace est finalement retrouvé dans les registres administratifs du camp de concentration Dora-Mittelbau. Entré à l’infirmerie du camp le 2 mars 1945, il y décède le 19 d’une pleurésie.

A titre posthume, il reçoit en 1955 la médaille de la Résistance française. Le 24 juillet 1987, la mention Mort en déportation est ajouté sur son état-civil par décision du secrétaire d’État aux anciens combattants.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la Résistance de Philippe Billé (1622 W).
  2. Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  3. Arolsen Archives, Centre International de la Persécution Nazi - Archives numérisées en ligne.
  4. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.264) et Commission Dora Ellrich.
  5. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Philippe Billé (GR 16 P 60212) - Non consulté à ce jour.
  6. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier individuel de déporté de Philippe Billé (AC 21 P 425 860) - Non consulté à ce jour.