NIOX Ghislaine

Fille de Michel-William Scheidhauer, Ghislaine-Lucienne-Jeanne-Renée, épouse à Brest le 11 octobre 1933 Yves-Léon-Emmanuel Niox, alors lieutenant d’infanterie coloniale. Au moment de l’invasion de la France, celui-ci, devenu capitaine, est fait prisonnier dans un Oflag d’Allemagne. Le temps passe, les semaines, les mois sans qu’il soit libéré. La guerre n’est pas finie pour autant. Tandis que son frère Bernard est parti en Angleterre s’engager dans les forces alliées, et que son père accepte de diriger la défense passive de la ville, Ghislaine est déterminée à mener une action à sa mesure.

L’occasion lui est donnée quand le réseau Bordeaux-Loupiac cherche des agents pour contribuer à la mise en sécurité des aviateurs de la R.A.F ou de l’U.S Air Force abattus sur notre sol. Elle les héberge, les conduit à des points de ralliement avant leur prise en charge par une filière d’évacuation. Parfois, leur nombre est important. C’est ainsi qu’un jour elle prend en charge huit Américains amenés par Jeannette Drévillon et deux autres par Pierre, le cadet de celle-ci. Le cas échéant, elle s’associe sa belle sœur Anne-Marie Niox, infirmière de le Croix-Rouge. Tandis que son jeune fils Jean-Loup lui sert d’éclaireur, elle coopère également avec sa sœur aînée Christiane, mère de quatre enfants, veuve depuis 1940, car son mari André Magne a été tué sur le front en 1940. Celle-ci possède une villa à Saint-Nic dans la presqu’île de Crozon. Voilà un lieu d’hébergement possible.

Après le démantèlement de Bordeaux-Loupiac, Ghislaine est vite sollicitée par Pierre Hentic pour servir le réseau Jade. Les tâches sont les mêmes, dont elle s’acquitte avec discrétion et efficacité. En décembre 1943, elle fait partie du groupe qui, après plusieurs essais manqués, parvient à embarquer dans une vedette de la Navy pour gagner un port anglais. Ce groupe est composé de nombreux aviateurs et d’agents de Jade qui doivent recevoir à Londres une formation ou des consignes d’action quand ils seront de retour au pays. On lit dans les archives britanniques.

Successful. 28 people embarked, including 6 Section O personnel, 2 women and remainder evaders and escapers.

Elle est l’une des deux femmes ainsi citées. Elle emporte avec elle les plans de la base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic et de ses fortifications préalablement transmis à une sœur Piriou par un ingénieur de la Todt et aussitôt transmis au colonel Scheidhauer qui les a donc confiés à sa fille.

Elle retrouvera son mari à la Libération. Par contre, elle aura la douleur de perdre sa mère et sa belle sœur Anne-Marie Niox lors de l’incendie de l’abri Sadi Carnot le 9 septembre 1944. Après guerre, plusieurs aviateurs qu’elle aura contribué à sauver se souviendront de son entière disponibilité et de son entrain.

Publiée le , par André KERVELLA, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Entretien avec Jeannette Drévillon-Calédec, 7 juillet 1998.
  2. S.H.D, dossier GR 1 P 539163.