LE QUINQUIS Louis

Louis François Marie Le Quinquis et sa sœur Laurence (1904-1975) sont les enfants d’une mère au foyer et d’un agent technique de l’arsenal de Brest. Leur père est connu pour son engagement politique à la Section française de l’Internationale ouvrière (S.F.I.O) ainsi que pour son poste d’élu municipal à Saint-Pierre-Quilbignon. Franc-maçon, il s’occupe également du développement de l’éducation populaire, en tant que président du patronage laïque de Recouvrance. La famille réside alors au 15 rue Parmentier à Saint-Pierre-Quilbignon (actuelle rue Barbès).

Louis Le Quinquis suit pour sa part des études à l’école des garçons, rue de la communauté à Recouvrance. En 1932, il a la douleur de perdre son père et l’année suivante c’est au tour de sa mère de succomber. Toujours mineur, Louis Le Quinquins est placé sous la tutelle de son beau-frère Maurice Terrieux [1]. Cinq mois après la perte de sa mère, le jeune orphelin contracte un engagement volontaire dans la Marine nationale pour trois ans, en octobre 1933. Il est rapidement affecté à Rochefort, où travaille d’ailleurs son beau-frère en tant qu’armurier. Il y reste une année avant d’être affecté à la base de Saint-Raphaël durant deux années comme mécanicien aéronautique. À l’issue de ses trois années, et semble t-il sans y avoir gardé de bons souvenirs de la Marine, Louis Le Quinquis est rendu à la vie civile. Il retrouve alors sa sœur à Brest. Il réside toujours au 15 rue Parmentier jusqu’en mai 1938 avant d’emménager au 46 rue Neuve à Recouvrance à partir du mois de juillet.

Selon sa famille, Louis Le Quinquis fut un militant communiste, ceci reste à étayer, il n’a pu être trouvé sur les listes de militants répertoriés pour le Finistère.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Louis Le Quinquis est mobilisé dans la Marine nationale. Il est affecté à la base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic en presqu’île de Crozon de septembre 1939 à avril 1940. À compter de ce mois, il est transféré dans l’Armée de terre à la base aérienne n°153 de Toulouse. Il échappe ainsi à la débâcle de juin 1940 et n’est pas fait prisonnier. Il semble être démobilisé et revenir sur Brest où il travaille comme chauffeur au service de Mr Bossennec, dont les locaux sont situés au 29 rue du Chemin de fer à Brest.

Sous l’occupation allemande, la famille Terrieux et Louis Le Quinquis se réfugient à Landerneau, probablement pour fuir les bombardements qui touchent la cité du Ponant.

C’est à Landerneau, que le réfugié brestois participe aux combats de la Libération en août 1944. Si nous ignorons tout de son engagement dans les Forces françaises de l’intérieur (F.F.I), Louis Le Quinquis semble faire bel et bien partie des effectifs du Groupement de Landerneau.

Le 9 août 1944, la ville est vide de ses occupants allemands qui se sont repliés sur Brest. Le 10 août, en début d’après-midi, une douzaine d’allemands en provenance de Plougastel tentent une incursion à Landerneau, sans doute pour se ravitailler ou prendre des informations. Arrivés à la hauteur du pont de bois qui enjambe l’Elorn, ils essuient aussitôt des tirs par les F.F.I et S.A.S présents sur l’esplanade de l’autre rive (voir plan dans le portfolio en bas de page). Les allemands s’enfuient alors par le chemin du Pontic et se réfugient dans la propriété de M. de Cadeville. Le S.A.S Guy Guichard (Stick n°1 de la 2ème Compagnie du 3ème Régiment de chasseurs parachutistes) et le F.F.I Louis Le Quinquis traversent le pont à la poursuite des allemands.

Témoignage de Me B. de L’Hôpital, avocat au barreau de Brest, réfugié à Landerneau :

« 15h15. Depuis cinq minutes, fusillade et crépitements de mitrailleuses dans la partie Ouest de Landerneau (Plusieurs soldats allemands et deux Français ont été tués) (route de Brest ou route de Quimper). Il y a une heure et demie environ, quelques soldats allemands avaient fait leur réapparition quai de Cornouaille. »

Dans leur audacieuse entreprise, Louis Le Quinquis et Guy Guichard sont mortellement touchés. Ils sont ensuite évacués vers l’hôpital-hospice, au 43 rue de Ploudiry mais on ne peut que constater leurs décès entre 17 et 18 heures. Inhumé dans un premier temps dans le jardin de l’hospice, la dépouille de Louis Le Quinquis sera rapatriée à Brest en novembre 1944.

Après guerre, une stèle commémorative fut inaugurée dans la propriété de Cadeville où furent tués le S.A.S et le F.F.I. Le monument fut ensuite défait et la plaque fut apposée sur le mur d’entrée de la propriété. Il y a quelques années, la plaque fut changée car les affres du temps l’avait altéré. Le nom de Louis Le Quinquis figure également sur la plaque commémorative apposée sous le panneau de la Rue de la Libération à Landerneau.

Le brestois Louis Le Quinquis ne semble pas avoir fait l’objet d’une procédure d’attribution de la mention Mort pour la France. Afin de réparer cet oubli, une demande est faite en ce sens auprès de l’Office national des combattants et des victimes de guerre (O.N.A.C.V.G) du Finistère, en novembre 2022.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Plaque commémorative de Guy Guichard et Louis Le Quinquis
Plaque apposée sur le mur d’entrée de la propriété du 1 Route de Quimper à Landerneau.
Premier monument commémoratif en hommage à Guichard et Le Quinquis
Ce monument sera ensuite défait, la plaque sera conservée et apposée sur le mur d’entrée de la propriété du 1 Route de Quimper à Landerneau.
Plaque commémorative de la rue de la Libération à Landerneau
Escarmouche du 10 août 1944 à Landerneau

Sources - Liens

  • Famille Terrieux-Le Quinquis, document iconographique et témoignages (2022), aimablement transmis par Jean-Paul Page.
  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (1EP54).
  • Archives municipales de Landerneau, registre d’état civil (4 E 142).
  • Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest, documents F.F.I de Landerneau.
  • Service historique de la Défense de Toulon, état des services de Louis Le Quinquis, aimablement communiqué par le S.H.D de Brest (2022).
  • La Dépêche de Brest, éditions du 23 juillet 1928 et 17 juin 1941.
  • Le Maitron, notice biographique de Louis Le Quinquis (père).
  • TUPËT-THOMÉ Edgard, Special Air Service, éditions Atlante, Saint-Cloud, 2011.

Notes

[1Maurice Terrieux (1904-1973), épouse Laurence Le Quinquis le 28 juillet 1926 à Brest.