LE GALL René

René Alain Marie Le Gall et ses onze sœurs et frères sont les enfants de cultivateurs. Rentré dans les ordres, René Le Gall effectue son service militaire en 1921, au 2ème Régiment d’infanterie coloniale (2e R.I.C). Avec le grade de caporal, il est affecté au Maroc au début 1922. Il n’a guère le temps de se familiariser avec le 1er Régiment de tirailleurs sénagalais (1er R.T.S) qu’on le renvoi en mars 1922 en métropole pour suivre les cours des Élèves officiers de Réserve à Saint-Maixent. Promu sous-lieutenant six mois plus tard, il sert quelques mois au 2ème R.I.C avant un séjour dans l’Armée du Rhin, au sein du 7ème R.I.C en 1923. De retour à la vie civile, René Le Gall est ordonné prêtre en 1925 et nommé vicaire à Châteaulin. L’année suivante il est promu lieutenant de réserve avant d’être envoyé comme vicaire à Brest pour prendre en charge les Œuvres de jeunes filles de Saint-Louis en 1927. Dans les années 1930, René Le Gall poursuit son engagement militaire dans la Réserve ce qui lui vaut d’être promu capitaine de Réserve.

À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est rappelé à l’activité et affecté de nouveau au 2ème R.I.C. Son activité durant la Drôle de Guerre n’est pas connue. En mai 1940, il est affecté au Centre mobilisateur n°118 de Brest pour commander le détachement des recrues. Lors de la débâcle, son unité se replie vers le Maroc, René Le Gall évite ainsi d’être fait prisonnier par l’armée allemande.

Démobilisé en septembre 1940, l’ecclésiastique est de retour à Brest sous l’occupation allemande où il participe à la cérémonie religieuse en hommage aux victimes du dramatique bombardement de la nuit du 14 au 15 avril 1941. Le jour même, il contracte un engagement volontaire dans la Défense passive (D.P). Résidant au 17 rue Kéréon, près de l’église Saint-Louis, René Le Gall est nommé chef d’équipe de secouristes. Dès lors, à chaque bombardement, de jour comme de nuit, il rejoint son poste pour aider la population. Son dévouement sera salué après guerre par Michel Scheidhauer, directeur Urbain de la Défense passive de l’Agglomération brestoise.

La période d’entrée en résistance de l’abbé René Le Gall n’est pas clairement établie à ce jour. En 1948, il indique avoir été en liaison avec l’abbé Charles Guermeur (1875-1947) en 1942 puis avec le chanoine Marcel Kerbrat (1894-1944). Il ne précise cependant pas la nature de ses actions clandestines ou l’aide qu’il leur aurait apporté. Selon Roger Bourrières, chef départemental des F.F.I, René Le Gall aurait fourni des renseignements sur les allemands à son premier contact et aurait épaulé le second dans les rangs des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I), pour préparer l’insurrection dans le secteur de Landerneau. Isolé après l’arrestation de Marcel Kerbrat en juillet 1944, René Le Gall aurait pris le maquis ce même mois (où et pourquoi ?).

Quoi qu’il en soit, René Le Gall figure dans les effectifs du Bataillon F.F.I de Landerneau à partir de sa constitution en août 1944. L’abbé Le Gall est nommé commandant de la 1ère Compagnie F.F.I. Parmi ses tâches, il s’occupe particulièrement de la centralisation des informations destinées à l’armée américaine sur le dispositif de défense de la place forte de Brest. À la tête de son unité, il participe aux combats dans les secteurs de Landerneau et Plougastel-Daoulas avant d’être déployé à la réduction de la poche allemande de Crozon, dans les secteurs Saint-Coulitz et Plomodiern. René Le Gall est blessé au front lors d’une reconnaissance au Menez-Hom. Évacué sur l’hôpital avancé américain de Dinéault pour être soigné, il est ensuite mis en convalescence à Châteaulin.

Après la Libération du secteur, il réintègre l’armée française en reconstitution et participe à la formation des volontaires à Landerneau puis aux opérations militaires sur la poche de Lorient avec le 118ème Régiment d’infanterie (118e R.I) en tant qu’aumônier de décembre 1944 à mai 1945. Pour sa tenue au front, René Le Gall est cité à deux reprises, lui conférant la Croix de Guerre 1939-1945. Il est également nommé chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur.

De retour à la vie civile, il est désigné pour représenter les intérêts du diocèse au comité de la Reconstruction. En 1950 il quitte Brest pour poursuivre sa carrière ecclésiastique dans le Finistère.