LE SIGNE Gabriel

Gabriel Marie Le Signe, membre d’une compagnie FFI, issue de l’O.R.A, est arrêté lors d’une rafle à Kerlaz, après l’infiltration d’un pseudo-déserteur de l’armée allemande. Son groupe est divisé en deux, l’un part vers Landerneau, siège du kommando de chasse IC343, l’autre vers la prison de Pontaniou. Ils sont tous exécutés, entre le 31 juillet et le 7 août 1944.

Gabriel Le Signe nait le 24 avril 1895, au village de Kermarron, en Ploaré - la commune ne sera rattachée à Douarnenez qu’en 1945. Ses parents, Yves et Armande, née Hénaff, sont cultivateurs au village de Kermarron. Ils tiennent une ferme exploitée avec un oncle et une tante, ainsi que deux domestiques. Il est le quatrième enfant de la fratrie.

En 1926, Gabriel est devenu le chef d’exploitation, il emploie son frère André (né en 1900) mais la ferme ne peut plus accueillir deux couples, son frère André, né en 1900, garde l’exploitation.

En octobre 1943, un groupe de l’Organisation de résistance de l’armée (O.R.A) se met en place sous la direction d’Yvon Chancerelle. En avril 1944, un conseil cantonal est mis en place, regroupant l’O.R.A, le mouvement Libération et le Front national. le territoire est découpé : la 1ère compagnie est confiée à l’O.R.A et concerne l’Est de la zone.

Le 26 mai 1944, une liaison formelle est établie avec Roger Bourrières, représentant le colonel Poussin Mathieu Donnart, chef départemental des F.F.I du Finistère, dans le bois de Nevet. Le même jour, une rafle de grande ampleur a lieu à Tréboul. À compter du 28 mai 1944, les F.F.I recrutent leurs hommes. Les F.F.I de Douarnenez peuvent compter fin juin sur une centaine de maquisards et une réserve de plus de 400 hommes mobilisables. les parachutages prévus ne peuvent être réalisés, compte tenu du nombre de soldats allemands dans la région.

le 21 juillet 1944, le Kommando de Landerneau, aidé de parachutistes du général Ramcke, tend un piège au groupe de Gabriel Le Signe, à Kerlaz. Un membre du Kommando se fit passer pour un Lorrain, enrôlé de force, qui voulait déserter. On lui confia faux papiers et vêtements civils. Les Allemands étaient renseignés sur l’existence du groupe et organisèrent une rafle dans laquelle ils repérèrent tout de suite les maquisards. Le 21 juillet 1944, treize résistants sont arrêtés. ils sont scindés en deux groupes : le premier est dirigé sur Landerneau, le second sur Brest.

le 31 juillet 1944, un tribunal militaire condamne à mort les résistants emprisonnés à Landerneau : Boulic Joseph (né le 29 mars 1922 à Kerlaz), Joseph Brouquel (né le 20 décembre 1918 à Kerlaz), Henri Guéguen (né le 16 février 1915 à Ploaré, meunier), Thomas Le Moan (né le 17 octobre 1914 à Ploaré, cultivateur), Pierre Lucas (né le 29 mai 1925 à Ploaré, cultivateur), Alain Strullu (né le 19 juillet 1916 à Esquibien, marin d’État en congé, ouvrier agricole) sont fusillés dans le bois du Pontois, à l’entrée du bourg de La Roche-Maurice. Après le départ des Allemands le 10 août 1944, leur corps, entravés par du fil de fer sont retrouvés dans une casemate en pierre du bois, habillés en bleus de chauffe. Un septième corps est retrouvé, celui de François Quéau, tué d’une balle dans la tête.

les troupes allemandes ont reflué sur Brest. Il s’agit de régler le problème du second groupe, composé de Gilles Cornic, François Kergoat, Jean et Noël Le Berre, Gabriel Le Signe. Ils sont extraits de la prison de Pontaniou le 7 août 1944 au matin et exécutés. leurs corps ne sont pas retrouvés à ce jour. ce sont les disparus de Pontaniou.

En janvier 1948, Gabriel Le Signe est déclaré par jugement Mort pour la France en Allemagne, formule utilisée pour les non-rentrés. Pourtant la date du décès, le 7 août 1944, montre que l’on sait qu’il a été fusillé à Brest.

Publiée le , par Jean-Yves GUENGANT , mise à jour

Télécharger au format PDF

Sources - Liens

  • Archives départementales du Finistère, registre d’état civil de Ploaré (naissance, 3 E 203/37/5 ; mariage, 3 E 203/44/9), recensements de 1896, 1926 et 1931 (6 M 514/1,6,7).
  • Ordre de la Libération, registre des médaillés de la Résistance française (J.O du 26/04/1958).
  • Le Maitron, notices biographiques des F.F.I Joseph Boulic, Joseph Brouquel, Henri Guéguen, Thomas Le Moan, Pierre Lucas et Alain Strullu.
  • POUTY Thomas, notes personnelles (dossiers DAVVC, Caen).
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de F.F.I de Gabriel Le Signe (GR 16 P 215329) - Non consulté à ce jour.

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.