MORIO Joseph

Joseph Morio est fils de commerçants. Il est leur quatrième enfants d’une fratrie de six. Il semble contracter un engagement dans la Marine nationale en 1928 et deux ans plus tard, il obtient le grade de quartier-maître armurier. Retourné à la vie civile en 1934, Joseph Morio devient ajusteur à Bel-Air (Hanvec ?) et épouse Marie Kerdoncuff (1915-2009), le 16 novembre 1936 à Plougastel-Daoulas. De cette union naîtront six enfants, dont leur petite Odette qui décède hélas en 1939. Peu après le mariage, le couple vend le débit de boisson qu’ils exploitaient au bourg de Plougastel-Daoulas. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Joseph Morio est mobilisé comme affecté spécial à la Pyrotechnie de Saint-Nicolas du Relecq-Kerhuon. Démobilisé en septembre 1940, il reste cependant à son poste durant toute l’Occupation allemande.

C’est en janvier 1944 qu’il entre en relation avec le groupe de Résistance de Plougastel-Daoulas dont le chef se fait appeler Le Fraisier. Car depuis quelques mois, le mouvement Libération Nord (L.N) et les éléments locaux du réseau Barnsby, tentent d’enrôler des patriotes ayant une expérience militaire pour former les cadres d’une unité combattante dans le canton. Joseph Morio assiste alors aux réunions clandestines de préparation à l’insurrection. Ses supérieurs le chargent à plusieurs reprises de transporter et rassembler des armes en un lieu sûr. Il effectue notamment cette tâche en mars et avril 1944 entre le bois de Guernévez et celui de Kergoff. Là les armes sont enterrées dans des caisses en attendant les combats. Lui incombe le rôle de les entretenir et de surveiller l’emplacement de leur entreposage.

La section communale de l’Armée secrète (A.S) puis des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) voit le jour dans les premiers mois de l’année 1944. À la création de la Compagnie F.F.I du canton de Plougastel-Daoulas, il est affecté au sein des Sections F.F.I de Plougastel. Avec son unité, Joseph Morio participe aux opérations militaires de la Libération dans le canton de Plougastel-Daoulas en août et septembre 1944. Il est rapidement détaché comme guide auprès d’une troupe américaine et avec eux, il prend part aux combats. Il est chaleureusement félicité par les officiers américains pour sa contribution. Après la Libération du secteur, il reste dans les F.F.I et participe aux opérations de nettoyage et de récupération de matériels sur les zones de combats.

Un temps garde civique dans la Milice patriotique, il est par la suite rendu à la vie civile. Sa maison est sinistrée durant les combats de la Libération, il loge un temps en baraque avec sa famille. Après guerre, il continue de travailler à la Pyrotechnie de Saint-Nicolas.