CRENN Jean

Jean Marie Crenn est le fils d’un maçon et d’une cultivatrice. À l’âge de travailler, il suit la voie de son père et devient entrepreneur du bâtiment et des travaux public. Il est appelé à faire son service militaire de 1927 à 1928, avant de retourner à la vie civile. Jean Crenn épouse Jeanne Miossec (1911-1991), le 20 juin 1930 à Brest. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, l’ouvrier du bâtiment Crenn est mobilisé dans le Génie. Nous ignorons son parcours durant la drôle de Guerre et la débâcle en 1940, à ceci près qu’il est nomme sergent-chef en décembre 1939. Démobilisé en septembre 1940, il peut ainsi revenir en son foyer. Sous l’Occupation allemande, il travaille dans la même branche mais à Plougastel-Daoulas. À l’instauration du Service du travail obligatoire (S.T.O) au début 1943, Jean Crenn fait partie des requis. Avec 10 ouvriers de son entreprise, ils doivent bientôt partir à Hambourg en Allemagne. Réfractaire à cette injonction, il refuse de s’y rendre et entre dans la clandestinité en se réfugiant à Argol. En octobre 1943 il est de retour dans sa commune car vient de se constituer un corps de sapeurs-pompiers. C’est Jean Crenn qui en prend le commandement avec le grade de sous-lieutenant.

En novembre 1943, Jean Crenn entre en relation avec le groupe de Résistance de Plougastel-Daoulas dont le chef se fait appeler Le Fraisier. Car depuis quelques mois, le mouvement Libération Nord (L.N) et les éléments locaux du réseau Barnsby, tentent d’enrôler des patriotes ayant une expérience militaire pour former les cadres d’une unité combattante dans le canton. Jean Crenn contribue alors à l’organisation de la section communale de l’Armée secrète (A.S) puis des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) dans les premiers mois de l’année 1944. Au mois de mai, son supérieur hiérarchique, le notaire Corentin Le Goff est nommé responsable cantonal, Jean Crenn le remplace alors au poste de responsable cantonal des Sections F.F.I de Plougastel-Daoulas.

Durant toute la période qui précède l’insurrection, l’entrepreneur seconde son chef et participe au recrutement et à l’instruction rudimentaire des jeunes recrues n’ayant aucune expérience militaire. Il mène également un travail de collecte de renseignements sur les dispositifs de l’ennemi dans son secteur. Après le débarquement en Normandie en juin 1944, il organise des sabotages sur les lignes électriques de sa commune. Avec la Compagnie F.F.I du canton de Plougastel-Daoulas, Jean Crenn participe aux opérations militaires de la Libération. Il se distingue au combat par sa tenue au front et son sang-froid. Il fait partie des premiers éléments F.F.I à pénétrer aux côtés des américains dans le bourg de Plougastel-Daoulas. Il y hisse le drapeau français, après avoir participé à la capture d’une dizaine d’allemands.

Les combats terminés, il reste en fonction jusqu’à la dissolution des unités F.F.I fin septembre 1944. Rendu à la vie civile, il est néanmoins promu adjudant F.F.I en octobre 1944. Jean Crenn poursuit après guerre sa carrière d’entrepreneur à Plougastel-Daoulas jusqu’à sa retraite.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (2E164).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Crenn (1622 W).
  • Archives des F.F.I de l’arrondissement de Brest, registre des effectifs de la compagnie F.F.I de Plougastel-Daoulas.
  • La Dépêche de Brest, édition du 21 octobre 1943.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant de Jean Crenn (GR 16 P 150151) - Non consulté à ce jour.