QUINTRIC Jean

Jean Quintric est ouvrier de l’Arsenal de Brest. Il milite à Confédération générale du travail (C.G.T) avant d’adhérer au Parti communiste français (P.C.F) en 1937. Mobilisé à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est cependant déclaré comme affecté spécial en tant que matelot mécanicien. Durant la Drôle de guerre, il épouse Fernanda Tamborini, le 20 avril 1940 à Lambézellec et de cette union naîtra un enfant. Le couple réside alors au 12 rue du Moulin-à-Poudre sur la même commune. Démobilisé fin juillet 1940, il reste maintenu à son poste d’ouvrier dans l’arsenal.

Selon les versions, Jean Quintric serait entré en résistance dès le début de l’occupation, en mars 1941 ou en novembre 1941. À défaut d’informations plus précises, cette dernière date est à privilégier, de part l’absence d’élément concret avant sa participation aux grèves patriotiques de la fin d’année 1941 à Brest. Ayant intégré le groupe de l’Organisation spéciale de l’arsenal, il contribue aux sabotages des sous stations électriques le 26 mars 1942. En mai, les groupes O.S de Brest disparaissent et se diluent dans les Francs-tireurs et partisans (F.T.P). Avec cette nouvelle organisation, il participe aux sabotages du 14 juillet 1942 sur son lieu de travail. Jean Quintric semble avoir participé à d’autres actions, notamment au sabotage de pompes hydrauliques d’une station de pompage à l’arsenal. Outre ces actions, Jean Quintric diffuse la propagande du mouvement et du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (F.N) tout en participant à la collecte du Secours populaire clandestin.

Il semble être arrêté le 1er octobre 1942 par la gendarmerie de Lambézellec. Son arrestation est suivie d’une vaste opération policière à Brest et en Bretagne, permettant de démanteler une grande partie de la Résistance communiste locale, sans pour autant parvenir à l’éradiquer. Durant ses interrogatoires, il semble avoir été torturé. D’abord interné sur Brest à Pontaniou puis au château, il est ensuite transféré à Rennes en janvier 1943. Jugé par un tribunal spécial avant que la procédure soit ajournée pour être traitée par Paris. Il alors transféré à Fresnes puis jugé par un tribunal militaire allemand, qui le condamne à mort le 28 août 1943 avec 18 autres résistants communistes brestois. Jean Quintric est fusillé le 17 septembre 1943 à la forteresse du Mont-Valérien en Suresnes.

À titre posthume, il reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent en 1947 et la médaille de la Résistance française en 1958.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Avis d’exécution des 19 F.T.P brestois
Stèle F.T.P du square Yves Giloux à Saint-Marc (Brest)
Dernière lettre de Jean Quintric (page 1)
Dernière lettre de Jean Quintric (page 2)

Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registres d’état civil (1E247 et 2E/L138) et fonds Raphaël Guillou (100S1).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Quintric (1622 W).
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Jean Quintric (GR 16 P 496096), aimablement transmis par Edi Sizun.
  • Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  • Le Maitron, notice biographique de Jean Quintric.
  • La Dépêche de Brest, édition du 22 septembre 1943.
  • KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1985.
  • KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), à compte d’auteur, Paris, 1992.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossiers individuels d’Albert Rolland (AC 21 P 629074 et AC 21 P 137835) - Non consultés à ce jour.