YVINEC Fernand

Fernand Henri Yvinec réside avant guerre avec sa sœur Annette (1914-1989) chez leurs parents Thérèse (1895-1970) et Henry (1889-1935) à Traon-Elorn en Plouedern. Après des études secondaires, il travaille depuis 1938 comme clerc de notaire chez maître Danguy des Deserts à Landerneau, puis avec son successeur maitre Cozic. En avril 1942, il quitte l’étude et travaille pour plusieurs entreprises de Brest. Sur place, il fréquente René Jamault, lui aussi clerc de notaire. À l’instauration du Service du travail obligatoire (S.T.O), Fernand Yvinec craint d’être envoyé en Allemagne, il en fait part à son camarade. Ce dernier évoque alors son cas à Maurice Gillet, qui parvient à le faire embaucher à la base sous-marine allemande de Laninon. Fernand Yvinec évite ainsi de partir en Allemagne.

En guise d’échange de bon procédé, il lui est demandé à partir de mai 1943, de fournir des renseignements sur l’intérieur de la base. Ces renseignements sont destinés au réseau Alliance. Yvinec devient alors l’agent immatriculé Z482 et opte pour le pseudonyme Méduse. Il fournit des informations permettant de réaliser un plan intérieur de la base sous-marine et parvient à sortir des documents cachés dans l’intérieur des talons de ses chaussures creusés à cet effet.

Dès fin septembre, début octobre 1943, Fernand Yvinec est coupé du réseau par les nombreuses arrestations qui démantèlent la branche brestoise d’Alliance. Lors de cette vague d’arrestations, le landernéen n’est pas inquiété, il poursuit alors son travail jusqu’au 15 avril 1944. Son nom ayant dû fuiter lors d’un interrogatoire [1], il est arrêté par les agents de l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest. Interrogé dans leurs locaux à l’école Bonne-Nouvelle à Kérinou, il est ensuite interné à la prison maritime de Pontaniou. Fernand Yvinec est ensuite transféré à Rennes pour la suite des interrogatoires. Enfin, il est déporté sous le statut Nacht und Nebel et arrive le 20 mai 1944 au Sicherungslager Vorbruck-Schirmeck dans le Bas-Rhin, alors annexé par l’Allemagne.

Avec l’avance des combats en fin août 1944, les prisonniers doivent être déplacés de l’autre côté du Rhin. Cette mesure ne concerne pas les 107 membres du réseau Alliance, qui sont transférés à quelques kilomètres de là, au camp du Struthof à Natzwiller pour y être massacrés dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944 avec 35 maquisards du Groupe mobile Alsace-Vosges.

À titre posthume, Fernand Yvinec est nommé Sous-lieutenant et reçoit la médaille de la Résistance française en 1947. Il est élevé au grade de Chevalier de la Légion d’honneur en 1955. Son nom figure sur le monument au mort de la commune de Plouédern ainsi que sur les plaques commémoratives à Landerneau (2012) et Natzwiller.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Plaque rue des déportés à Landerneau
Crédit photo : Bilaouic (Geneanet)
Plaque commémorative de Natzwiller-Struthof
Crédit photo : Brigitte ROUSSEAU (Geneanet)
Monument aux Morts de Plouedern
Crédit photo : Bilaouic (Geneanet)

Sources - Liens

  • Geneanet, généalogie de la famille Yvinec, par Christian Ollivier.
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Fernand Yvinec (1622 W).
  • Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.198).
  • Archives municipales de Brest, fonds F.N.D.I.R.P (87S).
  • Société des membres de la Légion d’honneur du Finistère-Nord, mémorial des légionnaires.
  • Le Maitron, notice biographique de Fernand Yvinec.
  • Ouest-France, Un hommage solennel rendu à deux Landernéens déportés (8 mai 2012).
  • Le Télégramme, Hommage à deux Landernéens déportés (9 mai 2012).
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de résistant de Fernand Yvinec (GR 16 P 605735) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossiers de déporté et d’attribution de la mention Mort pour la France à Fernand Yvinec (AC 21 P 551 537 et AC 21 P 169307) - Non consultés à ce jour.

Notes

[1Dans son dossier C.V.R, il est indiqué qu’il a été dénoncé par un agent double.