UGUEN Albert

Albert Uguen est fils d’un marin pêcheur. Aîné d’une fratrie de cinq enfant, il travaille comme receveur buraliste à Guissény avant guerre. Réformé, il n’est pas mobilisé à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Le 26 mars 1940, alors qu’il se trouve à Korn-ar-C’Héré, il se jette à l’eau pour sauver un enfant de la noyade. Cet acte lui vaudra d’être récompensé par la Marine marchande et la médaille de bronze par la Société centrale des naufragés. Sous l’occupation, il poursuit son activité commerciale à Guissény.

Au début de 1944, Albert Uguen semble donner son adhésion au groupement communal de la Résistance de Guissény. L’identité de son recruteur n’est pas connu, il est parfois indiqué que ce serait Jean Broc’h qui l’aurait démarché mais ce dernier ne l’évoque guère dans ses mémoires. Albert Uguen aurait participé à la collecte de renseignements sur les allemands, à un trafic (non détaillé) de fausses pièces d’identité et participé au ravitaillement en tabac de la Résistance locale, notamment via des simulacres de cambriolages. À l’instauration des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) dans le canton, le buraliste est versé à l’effectif de la Section de Guissény du Demi Bataillon F.F.I des cantons de Guissény et Plouescat. Selon sa famille, il aurait été dénoncé par un proche voisin, un ancien officier de l’armée en retraite.

Le dimanche 9 juillet 1944, Auguste Favé, François Cabon et Albert Uguen sont arrêtés à Guissény par l’Armée allemande. Ils sont amenés dans les locaux de Skol ar Groaz, en Kerlouan où s’y trouve également le chef de la section F.F.I de Kerlouan, Roger Bothuan, appréhendé au petit matin. Interrogés plusieurs jours sur place, les prisonniers sont pris en charge par l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) allemand de Brest.

Sezny Gac évoque la réaction des F.F.I suite aux arrestations :

Prévenu par un voisin, je quitte mon domicile, enfourche ma bicyclette et rejoint le P.C du Lieutenant Barach Joseph à Coz Castel en Goulven. Je rends compte des arrestations qui viennent d’avoir lieu. Au cours de mon déplacement, j’appris que les quatre prisonniers avaient été conduits à Skol ar Groaz à Kerlouan. Le Lieutenant Barach Joseph décide de monter une opération pour tenter de les libérer. Nous nous apercevons bien vite que les mesures de sécurité prises par l’ennemi ne nous permettent pas d’intervenir. [1]

Les résistants sont alors amenés sur Brest pour de nouveaux interrogatoires avant d’être internés à la prison de Pontaniou. Le 7 août 1944 à Brest, est décrété l’état de siège en réaction à l’approche des troupes américaines de la ville. Pour faire place nette, les autorités allemandes font vider la prison de Pontaniou des prisonniers qu’elle contient encore. Près de 40 résistants sont alors fusillés, probablement dans les douves des remparts au Bouguen. Ils sont tous portés disparus depuis ce jour et malgré les nombreuses recherches, le lieu d’inhumation n’a pu être localisé.

A titre posthume, Albert Uguen reçoit en 1955 la médaille de la Résistance française.